21 octobre, 2014
Accueil » ECONOMIE » Patrimoine de l’Humanité Le pays Bassari et le Delta du Saloum au menu
Patrimoine de  l’Humanité  Le pays Bassari et le Delta du Saloum au menu

Patrimoine de l’Humanité Le pays Bassari et le Delta du Saloum au menu

Le processus d’inscription du Pays Bassari et du Delta du Saloum comme « Patrimoines de l’Humanité » arrive pratiquement à son terme. Les instances autorisées à statuer sur la question, siégeront bientôt à l’UNESCO, pour en décider. La qualité du travail accompli dans ce sens, la compétence avérée et la crédibilité des professionnels qui ont en charge ce dossier permettent d’espérer que l’opération sera couronnée de succès.

La représentation locale de l’UNESCO à Dakar, le BREDA, en partenariat avec le BSDA, a accompagné les développements dudit dossier. Les artistes vivant dans ces sites privilégiés par la nature ont été pris en compte. Il s’est agi de les accompagner, en les informant de leurs droits, afin qu’ils ne soient plus victimes de certains « producteurs » ou organisateurs de spectacles -y compris les responsables politiques- prompts à les faire travailler, à l’animation de leurs meetings et autres accueils, sans contrat et au mépris de tout règlement.

Madame Diaby, Directrice Générale du Bureau sénégalais du droit d’auteur s’est acquittée, avec la compétence et l’engagement militant qui lui sont reconnus en la matière, de ce premier volet. Le deuxième aspect, toujours sous sa dynamique supervision, concernait le renforcement des capacités des artistes du Pays Bassari et de ceux du Delta du Saloum, en chorégraphie, arrangement musical et management artistique.

Les deux contrées, en plus de ressembler physiquement à des cartes postales, comme la nature en offre parfois, pour nous consoler de notre déchéance édénique, constituent également une sorte de refuge où des valeurs culturelles multiséculaires gardent toute leur vitalité.

A Toubacouta, il est vrai, Samba Ndiaye et son ballet, « Alalaké »- « c’est la volonté du Tout Puissant », fait dans l’animation, telle que pratiquée depuis Keïta Fodéba, avec talent, suscitant le respect, pour être resté dans son terroir, envers et contre tout et tous. Il en faut de ces fous, pour qui rien n’est impossible, afin que l’art continue de vivre dans nos régions « satellisées» par la trop forte concentration de tous les instruments et moyens de production au niveau de la capitale.

A côté de la troupe Alalaké, les femmes de Bétenti, une autre île du Delta, perpétuent la tradition du « Kagnaleng ». Toute une histoire qui réconcilie l’art avec sa fonction sociale. Le « Kagnaleng » n’est pas seulement chant et rythme, ciment de la cohésion sociale, il a des vertus thérapeutiques. Avec juste des mots sur un rythme qui remonte des fonds des âges. Tout comme la parole qui réduit les fractures ! N’est pas membre de cette « société », exclusivement réservée aux femmes, qui veut ! Parmi les critères, que le commun n’a pas à connaître, la Vertu trône en bonne place. Nul n’ignore que la vertu, sous ces cieux, est, à la fois, conduite et responsabilité individuelle, autant qu’aptitude à garder « dans l’intimité du ventre ce qui ne doit pas franchir le seuil de la case ». La parole qui s’échappe des limites dûment circonscrites de son lieu de force, son habitacle normal, perd sa puissance thérapeutique et devient verbiage inutile !

Au nom de ce principe, il ne faut pas en dire trop.

A l’Est, le Pays Bassari, qui garde intacts, dans la mémoire de la pierre, les rites et gestes fondateurs de son existence, présente les mêmes caractéristiques. Mais là, la foi des hommes -cette humilité que seules les âmes demeurées pures ont conservée- confère à l’aventure une dimension exceptionnelle qui fait que l’espoir se lève toujours à l’Est. On en reparle demain.

REWMI QUOTIDIEN