Peine de mort ou perpétuité ? Quelle solution ?

Au Sénégal, avec la violence meurtrière et la spirale d’assassinats dont le dernier, aussi cruel qu’atroce, est l’égorgement de la Vice-présidente du Conseil Economique, Social et Environnemental, beaucoup de citoyens agitent la restauration de la peine de mort pour en finir avec les actes homicides, ou du moins les réduire drastiquement.

C’est pour eux une sorte de légitime défense de la société contre les auteurs de boucherie qui traumatisent la Nation. Ils n’ont pas tort. Mais le Sénégal a les mains liées. Une certaine aversion répandue de la majorité de l’opinion publique pèse et l’Etat a signé et ratifié beaucoup d’instruments juridiques internationaux favorisant l’abolition de la peine de mort. Et il est sûr que cette sorte de punition expiatoire ne sera pas restaurée dans ce pays.

La dernière exécution d’un auteur d’assassinat date de 1967 et en 2004, Me Abdoulaye Wade a formellement consacré l’abolition de cette peine qui n’est pas en phase avec la marche du temps.

D’ailleurs, Robert Badinter enseigne que « la vraie signification de la peine de mort, c’est qu’elle procède de l’idée que l’Etat a le droit de disposer du citoyen jusqu’à lui retirer la vie. C’est par là que la peine de mort s’inscrit dans les systèmes totalitaire ».  Le Sénégal ne connait pas le totalitarisme et ne peut donc retourner à la peine de mort.

Dès lors, il appert que cette sentence n’est pas une solution à la lutte contre les meurtres. L’Etat du Sénégal  dispose d’un instrument efficace de répression du crime de sorte que soit le coupable est éloigné de la société par une peine de plusieurs décennies, soit par un isolement ad vitam aeternam avec un embastillement à perpétuité.

Rien n’est plus punitif pour un assassin que de passer le reste de sa vie dans un cadre carcéral. Et certains cas sont si traumatisants que seule la perpétuité soulage les citoyens meurtris par l’homicide, surtout quand elle est d’une atrocité insoutenable. Il en est ainsi de ce Samba Sow qui a égorgé la Vice-présidente du Conseil Economique, Social et Environnemental.

Les peines de dix ans ou vingt ans sont jugées dérisoires par les citoyens, surtout contre les auteurs de pratiques meurtrières barbares et sauvages dont les actes laissent à jamais des souvenirs effroyables dans la conscience publique. La réclusion carcérale à perpétuité est la seule réponse vengeresse que la société peut apporter à ces cruels assassins par le bais de la Justice nationale.

Domou rewmi

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