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PEINTURE :Une centaine d’enfants initiés

Un atelier d’initiation à la peinture a réuni, le samedi dernier, une centaine d’enfants à l’espace culturel Le Terminus de la Cité Assemblée de Ouakam. Initié par un groupe d’amis, de conviction rasta, l’atelier s’est voulu une tribune à l’endroit des enfants âgés un _ 12 ans, pour non seulement s’initier à la peinture, mais surtout pour comprendre certains enjeux.

Source Soleil

Il s’est surtout agi de sensibiliser sur l’émigration clandestine. C’est ainsi que le 17 août, date de naissance du panafricaniste Marcus Garvey, a été retenu pour la tenue de l’atelier. Ce dernier avait théorisé et mis en pratique le retour aux sources, à la terre mère pour nombre de descendants d’esclaves. Et il avait réussi, par le biais de la Universal Negro improvement association, à ramener en Afrique de nombreux Noirs. Le Libéria avait été ainsi créé. Et si aujourd’hui, les fils du continent veulent, à tout prix et même au sacrifice de leur vie, gagner l’Europe ou l’Occident (Babylon), il y a de quoi fouetter l’égo des rastas. Le thème de l’atelier, « Main verte dessine l’émigration clandestine », reflète toute cette vision et a été ressorti par les enfants qui, pinceaux, toiles, papier°¶ à la main, ont essayé de représenter leur environnement, leur vécu, leur quotidien.

« Nous avons voulu interpeller les enfants sur leur quotidien. L’essentiel est de laisser libre cours à leur expression artistique, si elle existe, mais surtout de faire en sorte qu’ils comprennent l’importance de leur environnement. Et, avec le matériel utilisé, ils peuvent facilement percevoir l’importance du recyclage qui appelle à la sauvegarde de notre environnement. Main verte peint l’émigration clandestine renvoie aussi à la nécessité de protéger l’environnement, de reboiser. On ne peut pas parler de développement sans protection de la nature et les enfants doivent le comprendre dès leur plus jeune âge », plaide Gérard Gabayen, peintre et l’un des animateurs de l’atelier. Les deux autres initiateurs de l’atelier sont Nduru Bâ et Malick Dia. Ces derniers ont insisté sur la nécessité de faire adopter à l’enfant, la nécessité de créer, de construire et ainsi grandir avec. Et mus par la volonté de voir les fils de l’Afrique développer leur propre continent, les organisateurs ont mis l’accent sur l’origine africaine de l’écriture. Un rappel qui vaut son pesant d’or pour signifier qu’il ne faudrait jamais désespérer malgré les sirènes de l’Occident, vu que l’Afrique, berceau de l’humanité, possède tout un trésor civilisationnel qu’il faudrait fructifier. Ces rastas sont convaincus d’une seule réalité : œuvrer et montrer par le bon exemple.

Au grand bonheur des enfants, l’atelier a été une occasion de se donner à cœur joie à des esquisses. Souvent insignifiantes, ces lignes tracées ont reflété une expression artistique. « C’est la première fois que je participe à un atelier de peinture. Je m’y intéresse puisque j’aime bien dessiner même si ce n’est pas très bien fait souvent. Mon père est dessinateur et je pense pouvoir faire ce métier », a souligné Fémy Sauvalle, 8 ans et admis, en classe de CE 2. Pour la jeune Mamy Dieng qui participe à son second atelier, il est nécessaire de cultiver les « prédispositions » qu’elle a pour affiner son expression artistique. Elle a pensé, par-dessus tout, à la nécessité et à la volonté encore d’apprendre.

L’espace culture Le Terminus, nouvellement ouvert, se veut un cadre naturel qui servira de refuge à tous ceux qui y viennent. Au-delà des ateliers, ses concepteurs voudraient y organiser des expositions.


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