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Pénurie d’aliment du bétail : La complainte des éleveurs

La cherté et l’indisponibilité de l’aliment du bétail plongent les éleveurs dans le plus grand désarroi. De Diourbel à Yanouféré, à 90 km de Linguère, en passant par Mbadakhoune, Dahra et Kaolack, la complainte est la même. L’aliment coûte cher. Le bétail est menacé.

Source : Walf Fadjri
En attendant l’installation définitive de l’hivernage, le bétail est menacé dans le bassin arachidier et la zone sylvo-pastorale. Et pour cause, la disponibilité et la cherté de son aliment inquiètent au plus haut niveau les éleveurs de ces localités même si on nous a révélé que cette période de l’année est souvent marquée par un important déficit de paille d’arachide et des produits entrant dans l’alimentation du bétail.

De Diourbel à Yanouféré, à 90 km de Linguère, en passant par Mbadakhoune, Dahra et Kaolack, la complainte est constante : L’aliment coûte cher. Dans la capitale du Baol par exemple, le sac de foin est cédé à 6 200 F Cfa là où celui d’aliment ‘jarga’ de 40 kg est passé de 5 500 à 8 500 francs. Ce qui pousse certains à tirer la sonnette d’alarme. ‘Si rien n’est fait d’ici quelques jours, tout le bétail risque de mourir. Car nous n’avons plus d’aliments pour le nourrir’, s’inquiète le secrétaire général de la maison des éleveurs de Diourbel, Mbar Sogui Fall. Selon lui, les prix d’aliment de bétail notamment, la paille d’arachide, l’aliment industriel, ont connu une augmentation exponentielle. ‘Le sac de paille d’arachide qui coûtait 2 000 ou 2 500 francs Cfa, est passé à 6 000 francs. Le prix d’un sac d’aliment de bétail avoisine aujourd’hui les 8 000 francs Cfa’, se désole-t-il. Le prix du coton a, également, connu une flambée. De 190 francs, son kilogramme est passé à 225 francs Cfa. ‘Le sac d’aliment industriel coûte 10 000 francs Cfa chez nous’, confie amèrement Issa Samba Ndoudi Bâ de Youndiféré.

Actuellement, à Linguère et Dahra, le sac de 40 kg de concentré d’aliments de bétail (petits ruminants, bovins et autres races équines) s’acquiert entre 5 000 et 6 000 francs chez les fabricants, alors que sur le marché, il est vendu à 12 500 francs Cfa. Le corail, lui, est cédé à 17 000 francs le sac.

Même la paille d’arachide généralement disponible au prix variant entre 2 300 et 2 500 francs Cfa le sac, est devenue presque introuvable et son prix a logiquement grimpé pour atteindre la barre des 5 000 francs Cfa. A Louga, par exemple, la paille de brousse est des plus prisées maintenant. Dans la capitale du Ndiambour, cette denrée, malgré sa pauvreté en valeur nutritive, la charge de cette variété de paille s’échange désormais à 13 000 francs Cfa.

Pour certains, cette situation serait due à la pénurie et à la cherté des céréales, comme les graines de coton, le maïs, le mil, le petit mil et le sorgho, entrant dans la composition de cette alimentation du bétail. Et au niveau des fabricants, on met à l’index le déficit céréalier au niveau national et mondial pour justifier cette hausse. Et récemment, la Nma a révélé que le sac de 40 kg, qui était vendu à 4 700 francs Cfa, ne peut être livré aujourd’hui qu’à 5 000 francs Cfa. Mais que c’est au niveau des commerçants qu’il faut chercher les causes d’une telle spéculation sur les prix de ces denrées.


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