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Pénurie d’aliments du bétail : La spéculation joue sur le déficit céréalier

Le marché sénégalais connaît ces temps-ci une pénurie en produits d’alimentation du bétail. Cette situation est, selon les éleveurs, les commerçants et les producteurs, liée au renchérissement des prix des céréales entrant dans la composition des aliments pour le bétail.

Source : Le Soleil
Actuellement, le sac de 40 kilogrammes de concentré d’aliments de bétail ( petits ruminants, bovins et chevaux) est acheté à 5 000 F Cfa chez les fabricants, alors que sur le marché, il est vendu à 7000 F Cfa en gros. Au détail, le kilogramme se vend entre 175 et 200 F Cfa dans la capitale sénégalaise Dakar. Ce qui veut dire que le sac revient à 8000 F Cfa. Pour les acteurs du secteur rencontrés, cette situation serait due au manque et à la cherté des céréales, dont les graines de coton, le maïs, le mil, le petit mil et le sorgho, entrant dans la composition de cette alimentation du bétail.

« Aujourd’hui, on ne trouve pratiquement pas toutes ces céréales locales et même si elles arrivent dans le marché, elles coûtent excessivement cher », a assuré le directeur général adjoint de la Nouvelle minoterie africaine (NMA) et, par ailleurs, chargé du commercial, de la qualité et du développement, M. Claude Demba Diop.

Il assure que les graines de coton, dont le prix en début d’année tournait autour de 70 F Cfa le kilo, ne peuvent être obtenues à moins de 175 F Cfa le kilo à l’heure actuelle. Pour le maïs dont le prix variait, en début d’année, entre 110 et 115 F Cfa, il ne peut être acheté maintenant à moins de 150 F Cfa. S’agissant des graines de coton, elles ont tout simplement disparu depuis des mois. Quant aux céréales, elles sont pratiquement absentes du marché, explique le commercial de la NMA.

Le déficit céréalier actuel au niveau national et mondial est à l’origine de la flambée des prix des produits céréaliers, poursuit M. Diop

« Chaque année, à pareille période, il y a un déficit important au niveau de la paille d’arachide et des produits entrant dans l’alimentation du bétail » révèle-t-il.

Il indique qu’au niveau de la NMA, le sac de 40 kilogrammes, qui était vendu à 4 700, ne peut être livré aujourd’hui qu’à 5 000 F Cfa et que c’est surtout au niveau des commerçants qu’il y a effectivement de la spéculation sur les prix à cause de la pénurie qui prévaut actuellement dans le marché. Les produits étant rares, fait-il remarquer, ces commerçants profitent de la situation pour faire de la spéculation.

Le déficit est si important que les gens n’ont plus le choix sur le type de produit, déclare-t-il.  » À la NMA, nous commercialisons le « khont », alors que les autres fabriquent généralement le « diarga » qui s’apparente à un produit d’entretien », précise-t-il.

Pour lui, l’Etat reste le plus gros client de sa société. « Nous avons reçu une forte commande de l’Etat pour soulager un peu les éleveurs et le reste de la production nous essayons de la distribuer de la manière la plus équitable possible en tenant compte des zones où ces produits sont demandés. Et nous nous organisons pour que toutes les régions puissent disposer d’un quota », nous confie-t-il.

Le sac de 40 kg passe de 5000 à 8000 F Cfa pour l’éleveur

Il assure que le stock n’est plus disponible depuis deux mois par rapport à l’offre de l’usine et c’est pour cette raison que la société est obligée d’attendre 15 jours avant de satisfaire les commandes tellement la demande est forte.

« Nous avons des produits d’entretien et des produits techniques, destinés à la vache laitière, à l’embouche et au cheval, mais aujourd’hui, l’éleveur ne se soucie même pas de l’embouche de manière générale, mais plutôt des produits destinés à l’entretien », déclare-t-il.

Selon lui, c’est cette situation qui a fait qu’à présent 90 % de la production de cette société est destinée à l’entretien.

Pour M. Pape Ndiaye, un commerçant de produits d’alimentation de bétail trouvé à l’entrée de la ville de Pikine, cette pénurie est surtout liée au déficit de graines de coton et de la paille d’arachide dans le marché sénégalais depuis deux mois et de la spéculation que font les grossistes. La preuve, selon lui, le sac de 4O kilos vendu dans le passé à 5000 F Cfa, est actuellement obtenu à 6500 ou 7000 F Cfa.

À cela s’ajoute le fait que les clients ne se bousculent plus devant les boutiques à cause de la cherté du produit.

Son collègue Mbaye Mboup développe les mêmes arguments. C’est parce que la paille d’arachide est devenue rare et chère que les éleveurs se sont tournés vers les concentrés d’alimentation de bétail dont les prix sont en hausse à cause de la difficulté de trouver des intrants, dont les graines de coton, pour sa fabrication. Ce dernier a également noté qu’il était en rupture de stock pendant des jours et qu’il ne vend qu’ au détail actuellement.

Auparavant, la paille d’arachide qui était un peu partout présente et se vendait entre 2300 et 2500 le sac, est devenue introuvable et son prix a miraculeusement grimpé pour atteindre 3500 ou 4000 F Cfa, estiment les éleveurs Mama Sow et Thierno Dia en face de leurs maigres moutons mourant de faim. Ils avouent, cependant, bien qu’étant cherss, les produits alimentaires destinés au bétail qu’ils ont l’habitude d’acheter en détail sont encore meilleurs que la paille d’arachide.


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