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Perquisitions, intimidations : Comment Erdogan a étranglé la presse turque

  • Date: 3 septembre 2015

 Les perquisitions menées contre le groupe de presse Ipek mardi dernier ne sont que la dernière manifestation de répression de la part du pouvoir turc, exercée contre la presse indépendante. Retour sur une dérive d’Etat à deux mois des prochaines élections qui détermineront le sort du régime en place.

En Turquie, les journalistes pensaient avoir tout vu du pouvoir. Les tentatives de déstabilisation de la presse sont une pratique régulière depuis la révélation des affaires de corruption impliquant des ministres et des proches d’Erdogan en décembre 2013.Il faut dire que pour l’actuel président de la République, la rhétorique démocratique a toujours été l’outil de communication favori, dès lors que les résultats électoraux suivaient dans les urnes.Mais depuis le 7 juin, date des dernières législatives qui ont vu l’AKP perdre sa majorité parlementaire, un autre son de cloche résonne à Ankara.La paix, la prospérité et l’appel du peuple célébrés hier ont cédé la place aux cris de guerre, à la récession et à la chasse aux boucs émissaires (Kurdes, Alévis, HDP, Hizmet…). Quand on veut connaître l’état de santé d’une démocratie, il suffit d’observer la situation de sa presse.Aujourd’hui même, le groupe de médias Ipek a été victime d’un raid policier et d’une perquisition par les forces de police liées à la brigade d’intervention financière.Ipek regroupe les quotidiens turcs Bugün et Millet, les chaînes de télévision Bugün TV et Kanatürk et le site web BGNNews.com. La raison ? La dernière Une de Bugün a dévoilé des photos montrant des livraisons d’armes turques à des miliciens de Daesh.

Arrestations et incarcérations de journalistes turcs :

En Turquie, la répression contre la presse n’a cessé de monter en puissance. Il y eut une étape marquée par les quolibets et autres noms d’oiseaux lancés par Erdogan au cours de ses innombrables meetings, à l’adresse de journalistes coupables de crimes de lèse-majesté.La loi turque a été également mobilisée pour interdire aux médias de couvrir certaines infos dites «sensibles» comme l’enlèvement d’otages turcs.Puis ce fut l’avènement de la nouvelle «indépendance turque» déclamée par le président turc, une ère de soupçon, de menaces et d’intimidations. Le Hizmet en a fait les frais et la presse indépendante a été victime d’une première vague de séismes policiers.La garde à vue d’Ekrem Dumanli, rédacteur en chef du quotidien Zaman, pour des motifs risibles, l’arrestation et la détention le 14 décembre 2014 de Hidayet Karaca, numéro 1 du groupe de presse Samanyolu, toujours en prison, a annoncé une nouvelle étape de l’intensification de la répression menée contre la presse turque indépendante.Depuis, les incarcérations de journalistes se sont multipliées : Erol Savar, Hatice Duvar, Sami Tunca et Mehmet Baransu en ont fait les frais. Ce dernier risque une peine d’emprisonnement de 52 ans.

La fin de la liberté d’expression :

Si les médias sont réduits au silence, les voix de l’opposition le seront aussi». La chroniqueuse Sevgi Akarçesme qui écrit pour le journal Today’s Zaman a publié : «Honte à vous ! Vous pensez vraimentqu’Akin Ipek, l’un des hommes d’affaires les plus honnêtes du pays, mérite ce traitement ! […] Vous verrez ce que vont vous répondre les médias».Fatih Portakal, présentateur de Fox TV a également critiqué les perquisitions : «Etre terrorisé, supprimé et réduit au silence – voilà ce qui arrive quand vous n’êtes pas journaliste pro-gouvernemental en Turquie. Soyez-le – Nous, les journalistes, nous ne baisserons pas les bras».La présentatrice et journaliste Sedef Kabas, arrêtée aussi puis relâchée en Décembre 2014 parce qu’elle avait publié des tweets critiquant la gestion de l’enquête anticorruption par le gouvernement, a également critiqué les raids. «Les raids de la police contre le groupe de médias Ipek montre la haine d’un homme contre les médias indépendants». Bref, le gouvernement a opéré de nombreuses purges parmi les adeptes de Hizmet dans la fonction publique, et plus particulièrement dans la police, dont le but est de réduire ces derniers au silence.

Salamraky

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