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Pétrole et Gaz: Les douze recommandations d’And Jëf  

C’est aujourd’hui que s’ouvrent les concertations sur le pétrole et le gaz. Le secrétaire général d’And Jëf /Parti Africain pour la Démocratie et le Socialisme/Authentique (AJ/PADS/A), qui a mené une réflexion sur la gestion des ressources en pétrole du Sénégal, expose dans ce document la quintessence de cette réflexion.

Les concertations nationales sur la gestion des recettes issues de l’exploitation du pétrole et du gaz s’ouvrent aujourd’hui au Centre de Conférence internationale Abdou Diouf. La rencontre sera présidée par le Chef de l’État. Le leader d’And Jef, Landing Savané, se joint à la réflexion en dégageant douze recommandations sur la gestion des ressources en pétrole du Sénégal.

Séparer les ressources provenant des hydrocarbures du budget

Pour And Jëf, les ressources provenant des hydrocarbures ne doivent pas être versées directement dans le budget national. Cette manne doit être mise dans une sorte de fonds souverain qui viendrait épisodiquement en soutien aux différents projets et programmes, selon une répartition bien définie. Le fonds souverain doit être géré par un Directeur exécutif sous la surveillance d’une Haute Autorité constituée de représentants de l’Etat, du secteur privé, et de la société civile qui assure un contrôle réel dans une transparence totale et en toute indépendance sur la gestion des ressources.

Eviter que les ressources du pétrole déstructurent l’économie

Il ne faut donc pas négliger les secteurs prioritaires de son économie. Le Sénégal doit veiller à maintenir intact le fonctionnement de tous les secteurs en affectant les ressources pétrolières pour le développement de l’économie dans son ensemble. Il faudra éviter que le pétrole ne remplace l’arachide pour devenir une autre « monoculture ». Au contraire, la manne pétrolière doit contribuer à une réelle diversification de notre économie, surtout dans le domaine de l’agriculture et des services.

Mise en place d’un observatoire autonome permanent

Le Cos Petrogaz est la structure qui sera probablement chargée de la gouvernance de la politique de gestion des hydrocarbures. Le Cos Petrogaz doit disposer d’une masse critique de ressources humaines ayant des profils outillés en Management stratégique. Aj préconise, à côté du Cos Petrogaz, la mise en place d’un observatoire permanent autonome qui s’adossera à l’espace universitaire et la société civile et qui va veiller à la bonne gouvernance du secteur. Son fonctionnement sera financé par des ressources tirées du pétrole. Il va falloir aussi travailler à l’avènement d’une Organisation africaine du pétrole.

Assurer la sécurité intérieure et celle des frontières

Le pétrole étant un produit stratégique objet de beaucoup de convoitises, il faut que les autorités veillent à maintenir l’ordre dans les zones d’exploitation pour qu’elles ne deviennent pas des zones de non-droit et assurer notre souveraineté nationale par le fait que certains partenaires indélicats gagneraient à exploiter nos ressources sans une contrepartie normale. Il arrive souvent que les pays producteurs soient des pays où règnent les troubles et le désordre, laissant libre cours à une exploitation anormale des ressources.

Eviter d’hypothéquer notre pétrole

Le Congo a déjà vendu sa production de pétrole sur 10 ans. C’est un mauvais exemple. L’eurobond émis à notre profit dont les remboursements coïncident curieusement avec la sortie des premiers barils. Ce procédé ressemblerait beaucoup à l’exemple du Congo.

Bien négocier les contrats

Les contrats d’exploration et d’exploitation de pétrole, une fois négociés, sont difficiles à réviser. Dans le futur, il va falloir faire confiance aux experts nationaux. Le pouvoir de négociation de nos Etats est faible. Il y a beaucoup d’experts compétents formés au Sénégal, mais avec une mentalité de soumis. Il faut se bagarrer et faire des concessions après, mais ne jamais signer avant de se battre. Au Sénégal, la société civile doit partager les responsabilités avec l’Etat en l’appuyant dans les négociations avec les firmes en se basant sur la nouvelle constitution qui donne presque les pleins pouvoir aux population sur la gestion de leurs ressources naturelles.

Une bonne répartition des ressources

Après discussions, voici la cartographie de la répartition des ressources tirées du pétrole : 10% pour les générations futures et une partie pour le développement, 20 % à l’éducation et à la formation, 15% à la santé, 15% à l’agriculture et à l’élevage, 10% aux politiques d’inclusion sociale qui ne doivent pas se transformer en assistanat, 15% à la réduction des distorsions villes/campagnes, 15% à la sécurité.

Prise en compte des questions environnementales

Au Sénégal, la plupart de nos gisements seront réalisés en Offshore. Il va falloir mener des politiques particulières pour préserver l’écosystème fragile des mangroves du delta des iles du Saloum, les réserves ornithologiques telles que le parc national de Dioudj et la pollution de la mer. Le suivi écologique doit redevenir une réalité ainsi que la protection des produits halieutiques et de la pêche en général. Nous devons aussi veiller à la sécurité par rapport aux catastrophes des installations offshore.

Formation aux métiers du pétrole

L’exploitation pétrolière requiert des acteurs bien formés. La formation universitaire et celle post universitaire doivent de plus en plus s’orienter vers la formation d’une masse critique de professionnels qui vont servir dans ce secteur. En plus de l’Institut du Pétrole qui sera mis sur pied, notre système universitaire devra s’adapter à ce nouveau défi par la mise en place de formations répondant aux besoins de la chaine de valeur du pétrole. La formation aux métiers du pétrole doit concerner la négociation des contrats et la gestion.

Développer une industrie pétrochimique

Le Sénégal doit valoriser les sous-produits de la production de pétrole pour développer une vraie industrie pétrochimique qui va complètement changer la physionomie de notre tissu industriel. Le pétrole va permettre de produire des plastiques, des peintures, des engrais, du goudron et les détergents.

Une nouvelle raffinerie

La SAR ne pourra pas transformer le pétrole sénégalais et il faut donc réfléchir à une nouvelle raffinerie grâce à un partenariat avec les capitaux nationaux. Les régions du monde sont en train de se développer de manière communautaire. Nous devons prendre l’option d’exporter des produits transformés en ciblant principalement les pays de la sous-région. Nous devons développer les échanges inter africains.

Bannir une économie d’assistanat, promouvoir l’entreprenariat

Les politiques sociales doivent aider les couches vulnérables à se passer de l’aide pour les inclure dans le processus de production. Il ne faut pas faire de certains acteurs économiques d’éternels assistés. Il faut que les bénéficiaires soit accompagnés à créer des entreprises pour créer des richesses et permettre à d’autres de bénéficier des mêmes crédits.

M. BA

 

 

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