Contributions

Peut-on croire à la Couverture de maladie universelle (Par Mamadou Bamba Ndiaye)

  • Date: 6 juillet 2015

 Dans la foulée des projets mirobolants, on nous a vendu la (CMU) couverture maladie universelle, qui permettrait à tout Sénégalais malade, résidant au Sénégal, d’espérer pouvoir se faire soigner convenablement. L’ambition est certes noble, mais vu les lacunes qui paralysent déjà sa mise en œuvre, l’on pourrait bien se demander, si ce beau slogan ne serait pas aussi chimérique, que le fameux slogan du Président Senghor, lors qu’il disait qu’« En 2000, Dakar sera comme Paris » !

Il m’est arrivé, dans la nuit du samedi 04/07/2015, de sortir à 2h du matin, pour acheter un médicament de base, à mon enfant souffrant. Ayant parcouru six pharmacies du quartier des « Maristes », je n’ai trouvé aucune officine, ouverte à pareille heure et encore moins, une qui affiche la liste des pharmacies de garde-Peut-être il y en avait pas du tout-. A la dernière pharmacie que j’ai visitée, le vigile me balance : « Il n’y a pas de pharmacie de garde dans le quartier. Il va falloir aller au Front de Terre, où il y a une pharmacie qui reste ouverte 24h/24H » !
Je pris un taxi qui m’a surtaxé le prix, pour me rendre à cette officine où j’ai pu trouver le médicament…
En me plongeant dans « Google.sn » tôt, le lendemain, je tombe sur un arrêté ministériel N° 4323 du 16/août/2005 dont voici le contenu :

ARRETE MINISTERIEL n° 4323 MSPM-DPL en date du 16 août 2005 portant application du décret n° 61-366 du 21 septembre 1961 établissant un service de garde dans les localités où existent plusieurs officines de pharmacie.
Article premier. – Les heures d’ouverture et de fermeture des officines de pharmacie privée, s’établissent sur l’ensemble du territoire national, du lundi au samedi, dans les tranches horaires suivantes :
– de 7 heures à 23 heures dans l’agglomération de Dakar et sa banlieue ;
– de 7 heures à 21 heures dans les autres localités.
Les pharmaciens sont tenus d’afficher leurs horaires d’ouverture et de fermeture et de les notifier à l’Ordre des Pharmaciens du Sénégal.
Un service de garde est organisé pour assurer au public la disponibilité permanente des médicaments, en dehors des heures d’ouverture visés à l’alinéa premier.
Ce service de garde est également assuré les dimanches et les jours fériés suivants :
– Premier janvier ;
– Fête nationale ;
– premier mai.
Art. 2. – Ce service de garde est obligatoire pour chaque officine par nécessité de santé publique.
Chaque pharmacien est tenu d’afficher la ou les pharmacies de garde de sa localité avec mention des adresses et des numéros de téléphone.
Art. 3. – Dans les agglomérations où il existe plus d’une officine, un service de garde des officines est institué après les heures de fermeture et pendant les dimanches et les jours fériés visés à l’article premier.
La pharmacie de garde reste ouverte 24 heures sur 24 pendant le service de garde.
Art. 4. – Le service de garde est organisé sur toute l’étendue du territoire nationale par l’Ordre des Pharmaciens, en accord avec le Syndicat des Pharmaciens privés du Sénégal.
Art. 5. – Toute infraction au présent arrêté sera sanctionnée conformément à la législation en vigueur.
Art. 6. – Sont abrogées toutes dispositions contraires au présent arrêté.
Art. 7. – Le Directeur de la Pharmacie et des laboratoires est chargé de l’exécution du présent arrêté.
Comme vous, je me suis demandé : « dans quel pays sommes-nous ? »
Comment peut-on pousser le laxisme, au point de prendre des décisions qui concernent la santé publique, sans veiller sur leur application ?
Peut-on rêver réaliser, un jour, la CMU, dans une capitale où l’Etat est impuissant à obliger les pharmaciens à assurer la garde de nuit, sous le prétexte fallacieux, qu’elle coûterait cher aux pharmaciens ?
A y réfléchir, je me dis que ce qui m’est arrivé ce samedi-là, peut-certainement- arriver à beaucoup de pères de familles, qui n’auront pas le prix d’un taxi, pour se rendre au Front de Terre, où se trouverait l’une des rares officines de pharmacie, ouvertes 24h/24h !
Ainsi, de nombreux enfants perdent la vie lors d’une banale crise d’asthme, faute de trouver une pharmacie ouverte dans leur quartier…Si l’on sait, par ailleurs, que la plupart des crises surviennent la nuit. Il y a là à craindre tout le danger qui pèse sur nos têtes et celles de nos enfants, à cause d’un laxisme d’Etat inqualifiable.
Je sais bien qu’il existe un ordre des Pharmaciens du Sénégal, mais la responsabilité ultime incombe à l’Etat, qui, plus est, nous promet la Couverture maladie universelle, très prochainement !
L’ordre des Pharmaciens s’agite pourtant quand il s’agit de combattre la « vente illicite de médicaments », mais, peut-on bien se demander, si celle-ci n’est pas aussi grave que « le refus de vente licite de médicaments» ?
A mon humble avis, l’Etat est interpellé, à plusieurs titres, pour agir, le plus rapidement possible, afin de mettre fin, à cette violation grave des lois et règlements du pays, qui met en danger de manière tragique, la santé déjà fragile, de nos pauvres populations…
En attendant, l’effectivité de la CMU, mettons d’abord, en œuvre les règles basiques de la protection de santé publique.
Que mes nombreux amis- qui pullulent dans le secteur des officines de pharmacie- daignent me pardonner, cette incursion dans un domaine, qui n’est pas du tout le mien… Une fois n’est pas coutume !

Mamadou Bamba Ndiaye
Ancien Ministre des Affaires Religieuses
Email :
bambandia49@yahoo.fr

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