PLACE DE LA CULTURE DANS LES ORGANES DE PRESSE – PORTION CONGRUE –

Si ce n’est de la politique, ce sont  des faits de société, du social, du sport ou de l’économie qui ouvrent les journaux pour la plupart. Quand on voit un artiste appelé à la Une d’un journal, c’est peut-être qu’il est mort, ou qu’il est auteur d’un scandale ou parce qu’il a été arrosé de billets de banque au Grand Théâtre. Suffisant pour certains de dire que la culture est le parent pauvre des rédactions. Mais pour d’autres, elle est valorisée dans les médias. Même si les avis des journalistes culturels divergent ici, toujours est-il  qu’il y’a des journaux qui n’ont même pas de page culture ou des télévisions et des radios, pour qui la culture, c’est juste une animation musicale. Autrement dit, les autres facettes de la culture y sont moins ou même pas du tout exposées.

Ils ont tous fait la Une des journaux, des télévisions, des radios et même de la presse en ligne, pendant une certaine période. Et ce n’est pas pour magnifier la richesse de leurs œuvres musicales ou artistiques, mais pour informer les populations de leur mort, de leurs «scandales» ou de la pluie de billets de banque qu’ils ont reçus au Grand Théâtre. L’artiste plasticien, Ousmane Sow, le tambour major, Doudou Ndiaye Coumba Rose, la chanteuse Déesse Major, l’artiste Thione Seck, pour ne citer que ceux-là, ont été le tape-à-l’œil dans les médias, les deux premiers par leur décès et les deux autres, par des images «obscènes» et une affaire de faux billets de banque.

D’aucuns vous diront donc que dans les médias, rarement sont servis les férus de la culture, en dehors des passionnés de la musique, quand on sait que l’animation musicale occupe une grande place dans les radios ou les télévisions. Pis, dans certaines rédactions, quand les informations coulent à flots, on fait fie de la culture. La page culture n’est sollicitée qu’en période des vaches maigres de l’information. Suffisant pour le journaliste culturel, à la Radio Sénégal Internationale (Rsi), Alioune Diop, de dire que la «culture est le parent pauvre des rédactions surtout dans la presse écrite», après avoir déploré le fait que certains médias parlent de «people» pour faire allusion à la culture.

A en croire Alioune Diop, on ne parle pas suffisamment de culture dans les médias. «La culture n’a pas une bonne place dans les rédactions ici au Sénégal. On ne parle pas de culture en termes de créations artistiques contemporaines mais dès qu’il y’a un scandale, l’artiste est à la Une des journaux, c’est malhonnête et même inhumain», déplore le journaliste. Pour encore étaler sa «déception», autrement montrer que la culture est reléguée au second plan dans les médias, Alioune Diop a fait savoir qu’au moment où le «Sénégal accueillait  la Biennale des arts pendant un mois, il y’avait des télés, des radios, la presse  écrite et même la presse en ligne, qui n’en n’ont même pas parlé».

Toutefois, si certains sont d’avis que la culture est reléguée au second plan dans les rédactions, pour d’autres, ce n’est pas le cas même s’ils reconnaissent que toutefois il y’a des efforts à faire. Selon le chef de desk culture au journal Enquête, Bigué Bob, la culture est très bien valorisée dans sa rédaction.  «Je suis d’avis qu’à Enquête, on accorde la place qu’il faut à la culture », dit-elle. Bigué Bob va encore très loin. Elle prend comme exemple sa rédaction.

«Dans ma rédaction, mon travail est valorisé et apprécié à sa juste valeur. On m’écoute, j’ai une page entière que j’ai l’habitude d’animer. Quand je propose des sujets, on m’écoute, mes papiers sont appelés à la une », soutient-elle. Parmi les médias qui n’accordent pas trop de valeur à la culture, la journaliste culturelle indexe surtout les télévisions. Sur ce, dit-elle, «au niveau de nos télévisions, il y’a peu de temps d’antenne accordé à l’art visuel. Toutes les émissions se résument presqu’à la, c’est juste le folklore, et c’est un réel problème». Et d’ajouter, «ce qui n’est pas le cas dans certains médias écrits parce que là, au moins, il y’a de l’art visuel, de la musique, du cinéma, on trouve un peu de tout dans les pages culturelles quotidiennes ».

Toutefois, pour ce qui de la RSI, Alioune Diop a tenu à préciser qu’elle accorde une «bonne place à la culture» pour ses «5 émissions» qui parlent de culture. Et pour preuve, dit-il encore, «il faut reconnaître que la RTS fait beaucoup d’effort pour valoriser la création artistique contemporaine puisque Dakar Fm, c’est une chaine musicale et elle intègre aussi d’autres disciplines artistiques, la chaîne nationale valorise la diversité culturelle au Sénégal, tout le long de la semaine».

Sud quotidien

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