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PLACE DE LA PORTE DU MILLENAIRE : Un endroit convoité par les sportifs, vendeurs, belles dames et personnes du troisième âge

En cette période estivale, la place de la Porte du millénaire grouille de monde. Elle est le carrefour de toutes les catégories sociales. La vente, le sport, les débats, la drague, entre autres activités, s’y exercent.

Inaugurée en avril 2001, la place de la Porte du millénaire, sise sur la Corniche, en face de la Mosquée omarienne, est, en cette période caniculaire, le point de ralliement de toutes les catégories sociales. Hommes, femmes, enfants y convergent tous les soirs pour exercer diverses activités. Certains y viennent pour prendre l’air et profiter de la brise marine, d’autres, pour s’adonner au sport. Il y a même des personnes qui se déplacent jusqu’à cette place pour écouler leurs produits ou y gagner de l’argent. Tel est le cas des photographes, des vendeurs de sandwichs, de beignets et autres. Un tour en ce lieu permet de découvrir son fonctionnement.

La plage interdite de cet espace grouille de monde. Au bord de la mer, hommes et femmes de tous âges s’y entraînent. Les banquettes installées tout le long des allées de ce lieu de rencontre sont toutes occupées.

Assise sur une banquette, attendant impatiemment son petit ami, Fatou Kiné, habillée en jean «bas slim» et d’un body décolleté laissant entrevoir une partie de son dos dépigmentée, de nous confier : «J’attends mon copain. Nous nous donnons rendez-vous tous les soirs ici pour prendre l’air et parler de nos projets». Expliquant leur choix d’un tel endroit, elle martèle : «Nous avons choisi cet endroit parce qu’il est calme et, avec la brise de mer, nous sommes sauvés de la chaleur infernale qui règne dans les maisons».

Journal à la main, Moussa Fall aussi a élu lieu de refuge la place de la Porte du millénaire. Selon lui, il y passe tout son temps : «Il y a des moments où je préfère rester seul pour méditer sur ma vie, mes projets et plans, entre autres. Et, je pense que l’idéal est de venir jusqu’au bord de la mer».

Embouchant la même trompette, cet étudiant en 2e année à la Faculté des lettres, préparant la session d’octobre, soutient : «c’est ici où je viens réviser chaque fois que le temps me le permet. C’est un lieu calme. En plus, on est loin de la chaleur qui prévaut en cet été dans les concessions».

À l’instar des autres personnes rencontrées sur cette place publique, Baba Mbaye, la vingtaine dépassée, a lui aussi choisi le lieu pour s’entraîner. Le visage dégoulinant de sueur, cet homme, corpulence de videur de boîte de nuit, soutient : «On vient sur cette place juste pour s’entraîner. Mes amis et moi on se donne rendez-vous tous les soirs ici pour faire du sport». Et d’ajouter : «nous habitons à la Médina. Donc, au lieu d’aller ailleurs, nous préférons venir ici».

Lutteur de profession, Amadou Faye, en flexions, écoutant minutieusement le maître de la séance d’entraînement, abonde dans le même sens que son ami Baba Mbaye. Selon lui, il se rend à la Porte du millénaire pour ses besoins d’entraînement.

Un lieu de retrouvailles pour les personnes âgées

Si la plupart des jeunes viennent en ce lieu public pour s’entraîner ou pour avoir de la quiétude, les vieux, en l’occurrence les retraités, en font leur point de retrouvailles.

Trouvé en pleine discussion avec ses amis, sur la validation ou non par le Conseil constitutionnel de la candidature du président de la République aux prochaines échéances électorales, El Ndiaga Fall, chapelet à la main, dit : «Nous nous rencontrons ici quasiment tous les jours pour échanger. Nous sommes de vieux compagnons. Nous avons fait beaucoup de choses ensemble. Et, pour échanger et se remémorer les temps, nous nous rencontrons ici». Approuvant les propos de son ami M. Gadiaga de renchérir : «C’est un lieu de rencontre idéal pour nous afin de se souvenir de nos vécus. Nous nous y rencontrons aussi pour palabrer pendant des heures sur la situation actuelle du pays».

Des propos que partage Assane Laye, la soixantaine, cure-dent à la bouche, vêtu d’un grand boubou blanc. «On pouvait fréquenter la grand-place du quartier pour jouer aux cartes ou aux dames. Mais, à notre âge, nous devons avoir d’autres préoccupations. Nous nous rencontrons ici pour aborder des questions exemptes de futilités», explique-t-il, avant d’ajouter : «À l’heure de la prière, nous le faisons tous ensemble».

Un espace de bonnes affaires pour les vendeurs

S’il y a des personnes qui tirent bien profit de ce lieu de détente et de repos, ce sont bien les vendeurs qui y viennent tous les soirs pour écouler leurs produits. Les vendeurs d’eau fraîche, de jus, de beignets et de sandwichs voient leurs chiffres d’affaires augmenter de jour en jour.

Devant son étal, son bébé sur le dos, Fanta Demba, vendeuse de sandwichs, beignets, fatayas et jus, reconnaît que les affaires marchent bien sur cette place, surtout en cette période de vacances scolaires. «Alhamdoulilahi. Les choses marchent bien en ce moment. Sincèrement, je ne me plains pas. Il m’arrive parfois d’encaisser d’importantes sommes».

À quelques encablures, une autre dame avoue aussi que la vente marche bien en ce lieu. Voilée d’un foulard blanc assorti à un grand boubou Khartoum, Astou Guèye, résidant à Gueule-Tapée, souligne : «Je vends de l’eau fraîche et des beignets. La vente fonctionne bien ici. J’y viens tous les soirs pour écouler mes marchandises. Comme nous sommes en vacances, la place grouille de monde».

Phata Sour, vendeur de café Touba lui aussi ne se plaint pas. Il se frotte bien les mains. «J’ai des clients ici. Ça fait maintenant cinq ans que je viens vendre ici. Les affaires marchent bien. Je suis le seul vendeur de café Touba, je n’ai pas de concurrent. Ce qui fait que je gagne bien ma vie ici».

Si les vendeurs gagnent bien leur vie à la Porte du millénaire, c’est loin d’être le cas des photographes qui fréquentent cet espace. C’est du moins l’avis de Mamadou Diallo, photographe. «En 2001, c’est-à-dire l’année de l’inauguration de la Porte du millénaire, on faisait de bonnes affaires. Les gens y venaient pour prendre des photos de souvenir. Mais tel n’est plus le cas. Il nous arrive même de passer toute la journée ici sans faire une photo». Lui emboîtant le pas, Ibou Faye, la quarantaine, d’indiquer : «Avant, notre activité marchait très bien. On ne se faisait pas de soucis, car c’était le rush des clients sur les lieux. Mais actuellement, le site n’est plus convoité par la population». Poursuivant son argumentaire, il avance : «Il n’y a plus de décoration. Tous les ornements qui agrémentaient et embellissaient le site ont été détruits. Il n’y a plus rien sur le site».

Un endroit qui fait l’affaire des driankés

Ce n’est pas seulement les sportifs, le 3e âge et les vendeurs qui profitent de cette place pour y exercer leurs activités. Les femmes, les grandes dames surtout y viennent pour appâter les gros muscles qui s’entraînent sur la plage. À en croire M. Touré, jeune homme trouvé en train de faire des étirements, les «driankés» viennent dans ce lieu «chercher des jeunes frais, musclés pour satisfaire leur libido». «La nuit, c’est le concert des belles voitures. De belles femmes débarquent sur les lieux à la recherche d’un homme qui pourra les satisfaire sexuellement», renseigne-t-il. «Elles viennent à la tombée de la nuit, une fois que la place commence à être vide. Elles sont à la quête de jeunes musclés à qui elles proposent des sommes exorbitantes afin d’entretenir des rapports sexuels».

Nous racontant une expérience qu’il a lui-même vécue, il dit : «Un jour, une femme m’a trouvé ici en train de m’entraîner. Elle m’a demandé si elle pouvait s’entraîner avec moi. Sans aucun souci, j’ai accepté sa proposition. Après la séance d’entraînement, elle m’a proposé de me conduire chez moi. J’avais décliné l’offre en lui disant que je n’habitais pas trop loin. Mais, vu son insistance, je finis par céder. Une fois dans sa voiture, elle a commencé à me faire des propositions indécentes. Elle voulait entretenir avec moi des rapports sexuels. J’avais refusé et je lui avais demandé d’arrêter la voiture pour que je descende. C’est juste pour vous dire que ce qui se passe dans cet endroit la nuit, même si la police est tout près de là».

Des propos que confirme Salla Ndiaye. Selon lui, des femmes, sous prétexte de s’entraîner, y viennent pour chercher des hommes. «Souvent, ce sont des femmes divorcées ou des femmes nanties que leurs maris ne peuvent plus satisfaire sexuellement. Elles s’habillent en tenue de sport, mais c’est pour attirer dans leur piège les jeunes. Elles sont prêtes à casquer des sommes importantes pour une nuit».

Ce jeune lutteur de 22 ans de renchérir : «C’est vers 22 heures qu’elles y passent souvent. Si vous y restez jusqu’à pareille heure, vous serez témoin de ce qu’on vous dit. C’est le monde à l’envers. Les femmes sont devenues plus dangereuses que les hommes maintenant. Elles sont trop perverses et capables de tout pour obtenir ce qu’elles désirent».

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