SANTE

Planification familiale et soins après avortement : Moins d’une patiente sur deux a bénéficié d’une méthode contraceptive entre 2012 et 2013

  • Date: 9 février 2016

La planification est un moyen efficace pour lutter contre les avortements à risque. C’est pourquoi elle est intégrée au Sénégal depuis 1997 dans le programme des Soins après avortement. Mais, le taux de prévalence contraceptive reste faible chez les patientes ayant subi un avortement, selon une évaluation faite entre juillet 2012 et juin 2013.

Les avortements à risque constituent au Sénégal la troisième cause de décès maternels. En 2013, ils étaient évalués, selon des données livrées par le Centre régional de formation, de recherche et de plaidoyer en santé de la reproduction (Ceforep), à 5,8%. Ce chiffre est certainement loin de refléter la réalité en ce sens que l’avortement demeure illégal au Sénégal et dans beaucoup d’autres pays. Donc, il se fait souvent clandestinement, loin des structures hospitalières. C’est ainsi que pour lutter contre le fléau des avortements à risque, les grossesses non désirées et d’une manière générale la mortalité maternelle, l’Oms a identifié la planification familiale comme étant « un moyen efficace ».

« Ainsi, selon ses recommandations, chaque cliente ne devrait quitter une structure sanitaire, après un traitement pour avortement, sans une méthode contraceptive en poche », cite le Ceforep qui a… exposé, lors de la Conférence internationale sur la planification familiale (Bali, Indonésie : 25-28 janvier 2016), l’expérience du Sénégal dans l’intégration des services de planification familiale dans le programme des Soins après avortements (Saa).

Pour Thierno Dieng qui a présenté cette étude qui a pour co-auteurs Mohamed Diadhiou et I. Mall, l’avortement comporte beaucoup de risques dont le plus éloquent est le retour rapide à la fécondité. « Une fois qu’une femme avorte ou fait une fausse couche, elle est exposée à un retour à la fécondité très rapide, car 10 ou 11 jours après, elle peut tomber enceinte », explique M. Dieng, soulignant qu’il n’y aurait pas eu de problème si la grossesse pouvait se passer correctement. « Mais le plus souvent cette grossesse risque de la fatiguer davantage et risque même d’aboutir à un autre avortement », ajoute-t-il. Selon lui, cette raison a principalement motivé l’introduction de la planification familiale dans les Saa « pour aider ces femmes à reposer leur organisme et ensuite à pouvoir librement capter une nouvelle grossesse en temps voulu ».

563 structures sanitaires enrôlées
Au Sénégal, les Saa ont commencé depuis 1997. La phase test ayant été concluante, la pratique a été élargie et décentralisée dans toutes les régions. « Maintenant dans tous les centres de santé, tous les hôpitaux, on peut recevoir des Saa », informe Thierno Dieng. Pour mesurer l’effectivité de l’intégration des services de planification familiale dans les Saa, le Ceforep s’est servi des données tirées de l’évaluation de la disponibilité, de l’utilisation et de la qualité des Soins obstétricaux et néonatals d’urgence (Sonu). Cette dernière s’est déroulée entre juillet 2012 et juin 2013. « Il s’agissait d’une enquête rétrospective, menée à l’échelle nationale, qui a ciblé les structures offrant des soins maternels et néonataux », lit-on dans le résumé de la présentation du Ceforep dans lequel on mentionne que « parmi les 1.581 établissements identifiés par la Carte sanitaire 2010, tous les hôpitaux et les centres de santé ont été enrôlés ». Ces  formations sanitaires « ont été complétées par un échantillon aléatoire de 31% des postes de santé et par 20% des structures privées recensées dans le pays ». Au bout du compte, le nombre de structures ayant « fourni des données (infrastructures, équipements, ressources humaines, activités obstétricales et qualité des services) pour cette enquête, notamment sur les services de Saa » était de 563.

Le plus faible taux d’acceptantes relevé à Dakar
Selon les résultats tirés de cette évaluation, « 35.905 cas d’avortement ont bénéficié de services de Saa dans les 563 structures considérées, soit près de 21% des grossesses enregistrées » entre juillet 2012 et juin 2013. Le Ceforep de préciser qu’il s’agissait de « cas simples non compliqués ». Si l’on se réfère à la même source, la moyenne nationale du taux de planification familiale après avortement a été de 47,6%. Soit moins d’une patiente sur deux à avoir bénéficié d’une méthode. Et les meilleurs pourcentages ont été notifiés à Tambacounda (88,8%) et à Kédougou (86%). La région de Dakar a eu le taux le plus faible avec seulement 31,6% d’acceptantes d’une méthode, contrairement à celle de Thiès où ont été relevés 60,3% d’acceptantes.

De l’avis de Thierno Dieng, cette faible prévalence contraceptive parmi les femmes ayant reçu un traitement après avortement au Sénégal se justifie par les contraintes relevées dans l’offre de services de planification familiale lors des traitements de complications d’avortement. « Le meilleur moyen pour offrir une méthode contraceptive à une femme, c’est au moment où elle reçoit un traitement, qu’on lui fasse le councelling et immédiatement après, avant qu’elle ne quitte la structure, qu’on lui remette ce qu’elle a désiré », rappelle Thierno Dieng. Surtout que la femme en question n’était pas venue dans la structure pour recevoir une méthode contraceptive. « Donc si on lui demande, comme c’est le cas dans la plupart de nos structures sanitaires maintenant au Sénégal, d’attendre, d’aller au niveau des dépôts IB (Initiative de Bamako) pour recevoir la méthode achetée et de revenir pour qu’on lui fasse un injectable ou lui place un Diu, il y a des risques pour que cette femme ne revienne pas », regrette M. Dieng.

Maïmouna GUEYE
(Envoyée spéciale à Bali)

PROMOUVOIR UN COUNCELLING ET DES SERVICES DE QUALITÉ
Suite à ces résultats, le Ceforep conclut que « l’intégration des services de planification familiale dans le programme de Saa au Sénégal reste un défi ». Et de poursuivre : « cette proportion insuffisante témoigne des efforts qui restent à fournir et des pistes à explorer, certainement en termes de counceling et de qualité de services, pour amener les clientes sénégalaises à adhérer aux objectifs du programme Saa ». Incontestablement, reconnait Thierno Dieng, « il y a un problème de communication et nous comptons faire un plaidoyer dans ce sens pour que l’on trouve des mécanismes pour continuer à assurer une gouvernance dans la gestion des produits, tout en assurant aussi des soins efficaces, des soins de qualité aux patientes ».

Lesoleil

 

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