téléchargement

PLANIFICATION FAMILIALE Les religieux mis à contribution

Le Cadre des religieux pour la santé et le développement (CRSD) a organisé, hier, à l’Institut islamique de Dakar, une causerie sur l’espacement des naissances. Selon les chefs religieux, presque, toutes les familles religieuses musulmanes ou catholiques du Sénégal condamnent les naissances trop rapprochées.

Le Sénégal est devancé par beaucoup de pays à majorité musulmane tels que le Bengladesh, l’Indonésie, l’Iran, le Pakistan et le Maroc, qui ont tous réussi leur programme de Planification Familiale à des taux très élevés. Ils ont, en effet, mobilisé leur religieux sur cette question. C’est peut-être dans cette perspective que le Sénégal, partant de sa spécificité, veut s’inspirer de leurs expériences, avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale qui s’est mobilisé aux côtés de ces religieux pour atteindre son objectif. Selon ces derniers, l’Islam est pour toutes les méthodes contraceptives pour les couples. « Il est évident que si l’on veut allaiter pendant deux ans et éviter en même temps d’être en état de grossesse comme le recommandent les textes, alors nécessairement on sera obligé d’utiliser le coït interrompu (Azl) », a expliqué Imam El Hadj Moustapha Guèye, actuel président de l’Association des imams et oulémas du Sénégal.
En effet, ce coït interrompu est un moyen contraceptif qui a pour but d’empêcher la grossesse afin de réaliser l’espacement des naissances. Ainsi, le CRSD voit par analogie, que l’utilisation d’autres méthodes pouvant aboutir aux mêmes résultats est permis si les conditions de temporalité (réversibilité), de sureté et de consensus sont réunies.  « Les pullules contraceptives, le stérile à l’intérieur de l’utérus, planifier les rapports de façon qu’ils se fassent au début du cycle et à sa fin, et non au milieu,… toutes celles-ci citées sont acceptées par la religion », a fait savoir El Hadj Imam Omar Diène, Secrétaire général des imam oulémas du Sénégal.

Cette rencontre s’est inscrite dans le cadre des activités du CRSD sur la promotion de l’espacement des naissances auprès des leaders religieux et des communautés religieuses à travers le Sénégal. Il s’agit, aussi, d’informer davantage les partenaires et la presse locale sur les activités du CRSD et leurs impacts auprès des cibles religieuses.

Notons que la situation de la santé maternelle et infantile liée à la reproduction est très préoccupante au Sénégal. Les taux de mortalité infanto-juvénile et maternelle sont trop élevés, 75 pour 100 enfants de moins de 5 ans, et 392 décès de femmes pour 100.000 naissances vivantes.
Ainsi, à travers cette causerie, le CRSD cherche à outiller un groupe d’imams, membres de l’Association des imams et oulémas du Sénégal en leur présentant l’argumentaire islamique sur l’espacement des naissances et à étendre le réseau des relais pour diffuser des messages sur l’espacement des naissances et son acceptation par l’islam. Ils se sont ainsi mobilisés aux côtés du ministère de la Santé pour réduire le fardeau de la mortalité de la mère et de l’enfant dans le pays.

Khady Thiam COLY

Voir aussi

3f11c61b5294cdfc6be91e9e005efaa9a286a8e0

Contraception : le vrai du faux

Entre les scandales sur les pilules de 3e génération, les nouvelles contraceptions pérennes ou d’urgence, …