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Planification familiale Les religieux mis à contribution

Le Cadre des religieux pour la santé et le développement, en partenariat avec la DSMEn a présenté jeudi à Dakar un film de plaidoyer qu’il a produit sur l’espace des naissances. L’ambition est de mettre en relation les questions de santé reproductive et de planification familiale, en partant des comportements basés sur la foi et les croyances du public ciblé.

 « Le Sénégal s’engage : la religion et la santé familiale ». C’est le film projeté hier et qui traite des questions de santé reproductive et de planification familiale, avec  des attitudes basées  sur la foi et sur des croyances. Selon Mme Willaw, coordonnatrice du programme, cette présentation doit être utilisée comme un outil de plaidoyer pour encourager le support et le dialogue concernant la santé reproductive et la planification familiale, y compris l’espacement des naissances, parmi les leaders religieux et les communautés. « L’objectif spécifique est d’expliquer comment la santé reproductive, une planification saine et l’espacement des naissances, sont la base de l’amélioration de la santé des mères et des enfants avec, pour résultats, des familles plus fortes et l’amélioration des résultats en matière de santé nationale et de buts de développement », a-t-elle fait savoir. Et ajoute aussi que cela incite les religieux à répandre des informations précises au sujet de la santé reproductive et de la planification familiale, y compris l’espacement des naissances.

Ainsi, la coordonnatrice de noter que la réalisation de cette vidéo peut encourager la discussion parmi les audiences concernant la nécessité de l’implication accrue des leaders religieux et des communautés religieuses pour supporter la santé reproductive et de la planification familiale, y compris l’espacement des naissances et la santé de la famille. « Elle peut également susciter l’intérêt des leaders religieux à soutenir la santé reproductive et la planification familiale pour augmenter la couverture médiatique du sujet, pour finalement arriver à accroitre la prise de conscience et la demande de services de santé reproductive et de planification familiale appropriés et de haute qualité », a-t-elle dit.

Cheikh Saliou Mbacké, président des cadres religieux pour la santé et le développement, de son coté, de souligner que l’Islam est une religion qui facilite et non une religion de contrainte. C’est ce qui se dégage des paroles du Prophète (Psl) lorsqu’il dit : « rendez facile et ne rendez pas difficile, attirez et ne faites pas fuir ». « Le Coran nous dit clairement qu’Allah nous ordonne de nous occuper de nos enfants et de les protéger. Si on est incapable d’exécuter ce commandement divin, alors on doit attendre de pouvoir le faire avant de faire venir des enfants dans le monde », a-t-il fait savoir.

Selon lui, certaines attitudes peuvent nuire à la santé et à la sécurité d’une famille, comme les grossesses rapprochées. « Les grossesses peuvent être espacées par l’utilisation de méthode contraceptive. Il faut assurer les familles que la religion permet l’utilisation des méthodes contraceptives, et les hommes que le corps de la femme a besoin de temps pour récupérer afin de garantir des enfants sains et des accouchements sûrs », a expliqué Cheikh Saliou Mbacké.

Le Pasteur Pierre Adama Faye, quant à lui, de préciser qu’il est clairement écrit dans la bible que vous devez trouver un temps pour construire votre famille. Il n’est pas nécessaire de créer une situation difficile où vous ne pouvez pas nourrir vos enfants. Votre devoir est de protéger les enfants. C’est juste le bon sens. « Au Sénégal, Il y a 392 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes. Cela signifie qu’au Sénégal, presque 2000 femmes meurent chaque année à cause des complications pendant la grossesse et l’accouchement. C’est un nombre alarmant. Il s’y ajoute que près de 27.000 enfants meurent chaque année avant d’atteindre leur cinquième anniversaire », a-t-il laissé entendre.

Khady Thiam COLY

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