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Plus de «200 milliards pour sauver la Sénélec»

Tenaillée par les querelles de chapelle et plombée par un encours de la dette qu’elle a du mal à supporter, la Sénélec, qui a repris ses délestages, a un sérieux et urgent problème d’argent. Pour lui éviter le dépôt de bilan, en plus du contrat léonin de GTI qui apparaît comme un goulot d’étranglement, elle a besoin de 200 milliards pour poursuivre son devoir de service public.

Source : L’Observateur
Considéré comme le grain de sable qui grippe la machine des réalisations de l’Alternance, le secteur de l’Energie fait encore, au grand désarroi des populations plongées dans le noir, parler de lui. Après les règlements de compte sous la manche entre Karim Wade et Macky Sall, qui a fait perdre son fauteuil à Me Madické Niang, considéré comme l’homme du Premier ministre, au profit de « son jeune frère », Samuel Sarr, la bataille pour le contrôle de l’Energie continue de plus belle. Dans cette bataille, les hostilités qui, à en croire nos sources, vont redémarrer incessamment risquent de faire perdre son fauteuil à Cheikh Diakhaté, le directeur général de la Sénélec et son équipe accusés d’être des « hommes de l’ex-ministre de l’Energie ». Pour rappel, opposé par le dossier de GTI, Samuel Sarr avait, au soir du 15 Octobre, refusé de mettre la trentaine de Mégawatts mise à la disposition de la Sénélec par la société américaine. Et, aux interpellations de son ministre de tutelle comme à celles du Premier ministre, l’actuel ministre de l’Energie était resté de marbre en traitant l’un comme l’autre d’être responsable de la situation alarmante de la Sénélec. Aujourd’hui, au moment où le Sénégal est plongée dans le noir et que son avenir interpelle les pouvoirs publics, les Sénégalais, par le truchement de la Sénélec, payent des dizaines de millions de nos francs à GTI. Par un contrat léonin, signé par Abdourahmane Ndir, l’un des derniers DG de la Sénélec sous le parti socialiste, GTI qui a installé ses turbines dans la capitale Sénégalaise doit mettre 50 Mégawatts à la disposition de la Sénélec. Pour obtenir ces Mégawatts, la Sénélec a l’obligation, d’abord, de mettre du fioul lourd à la disposition de GTI qui n’a que ses turbines et son expertise. Ensuite, une fois dotée, par la Sénélec, en fioul, GTI transforme le produit en électricité et revient vers elle pour lui vendre le kilowatt heure. Et ce contrat, qui s’étend sur 15ans, est un «Take or not pay». « Cela veut dire que la Sénélec prenne ou pas les kilowatts de GTI, elle doit les lui payer». En son temps, revenu à la tête de la direction générale de la Sénélec qu’il avait perdue au profit de Samuel Sarr, qui n’a jamais accepté ce diktat de GTI, Cheikh Diakhaté ayant retrouvé son fauteuil, le 16 octobre 2006, à l’issue du non-respect de la parole donnée par le chef de l’Etat, de régler définitivement le problème de l’électricité, a été accusé «d’avoir fait, selon une source à la Sénélec, le balayage des hommes estampillés Pro-Samuel ». Aujourd’hui, au moment où les armes s’affûtent des deux côtés, la Sénélec se meurt en plongeant le pays dans les ténèbres. Pour sauver la société nationale d’électricité d’une faillite presque « inéluctable», il faut, selon nos sources au ministère de l’Energie, sa « recapitalisation ». Cela veut dire que dans l’urgence, la Sénélec a besoin de 200 milliards de francs CFA pour assurer le service public. « Le cas échéant, avertit-il, le dépôt de bilan n’est qu’une question de jour, nous sommes à l’article de la mort ». Pour certains cadres de la société, « c’est la voie de la privatisation que l’Etat est entrain de prospecter », pour sortir ce fleuron des sentiers ténébreux.


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