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Plusieurs clubs de D1 et de D2 boycotte le championnat : Mbaye Diouf Dia s’explique

Ils iront jusqu’au bout de leur logique de boycott du championnat national de football du Sénégal. Ainsi, à partir de la 8e journée, ils ne participeront plus au championnat national, tant que la fédération ne daignera pas s’asseoir autour d’une table avec le Ccpc. Le président du Touré Kounda de Mbour et porte-parole du Ccpc est catégorique. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Mbaye Diop Dia revient de long en large sur les motivations de leur décision.

Source : Walfadjri
Wal Fadjri : Des voix s’élèvent à la suite de votre annonce de boycott du championnat national. Qu’est-ce qui motive ces passe-d’armes par presse interposée ? Mbaye Diouf Dia : Tout d’abord, il convient de préciser que notre décision de suspendre notre participation aux différentes manifestations qu’organise la Fsf, sous la tutelle du ministère des Sports, est irrévocable. Cette décision prendra effet à partir de la 8e journée, puisque nous avons donné notre accord aux équipes du Port et de Yakaar, de jouer leurs matches retard de la 7e journée. A ce niveau il n’y a pas de discordance entre ces deux entités et le Ccpc, dont ils sont membres à part entière. Cela dit, ceux qui s’agitent dans la presse, après notre invite à la Fédération sénégalaise de football de nous retrouver autour d’une table pour discuter des décisions qui ont été prises, n’ont pas de clubs. Par conséquent, ils ne peuvent pas appréhender les problèmes qui secouent ces entités sportives. Ensuite, ils n’ont rien compris de notre démarche. Quand ils disent qu’il faut passer par les instances officielles de la Fsf, c’est nous manquer de respect. En effet, toutes les correspondances, quatre au total, qui ont été adressées au président de la Fédération sénégalaise de football Mbaye Ndoye, sont restées jusqu’ici sans suite. Nous nous sommes déplacés jusqu’à la fédération pour rencontrer le président Mbaye Ndoye, mais en vain. Ce sont ceux-là qui n’ont pas de clubs et qui ne cessent de lui faire comprendre que nous voulons le débarquer, qui s’agitent. Aucun d’eux ne peut pourtant vous brandir un procès-verbal de réunion du club dont ils prétendent être membres. Ensuite, vouloir circonscrire le débat à un problème d’argent et de positionnement au niveau de l’instance fédérale, c’est dévoyer les problèmes de fond qui se posent à notre football aujourd’hui à l’agonie. Et vouloir évacuer la question des primes et de la subvention, en soutenant que ce n’est pas un droit, c’est méconnaître les textes de la Fsf qui nous régissent. Il est bien dit dans les textes fédéraux que l’équipe qui gagne la coupe nationale du Sénégal a droit à une prime de 7 500 000 de francs Cfa, et pour le championnat national la prime est de 15 millions. Toutes les équipes qui ont gagné ces différentes compétitions nationales courent derrière leurs primes depuis trois à quatre ans. C’est un dû, donc un droit qu’on réclame.

Wal Fadjri : Mais qu’est-ce qui vous oppose concrètement à la Fédération ?

Mbaye Diouf Dia : Le Cadre de concertation des présidents de clubs (Ccpc) s’est réuni plusieurs fois, pour étudier, de la manière la plus objective possible, la situation du football national. Pour l’équipe nationale de football A, tout le monde sait que nous avons une fédération et un ministère de l’équipe nationale A. Alors, nous nous sommes mis à diagnostiquer les maux de notre football local. Une fois le diagnostic fait, nous avions conclu d’arrêter le championnat. C’était avant même le démarrage de la coupe du Parlement. Des bonnes volontés se sont déployées, pour trouver un cadre de concertation, singulièrement le président de l’Assemblée nationale Pape Diop, qui nous avait conviés, la Fsf, le ministère et le Ccpc autour d’une table. De ce dialogue franc, était sorti un protocole d’accord, qui stipulait que la Fédération sénégalaise de football s’engageait à payer aux clubs leurs primes et la subvention, dont le terme de référence avec le ministère des Sports était : Subvention d’équilibre (trois ans sont dûs) d’une enveloppe de 481 millions destinés aux clubs sénégalais. S’y ajoute la gratuité des stades du Sénégal où il fallait payer de 50 à 150 mille francs pour s’entraîner, alors que nous préparons chez nous des compétitions internationales comme l’équipe nationale à qui on ne demande pas un seul sou. C’est aberrant, voire inadmissible. Le ministre avait donné son accord sur ces différents points, que la fédération devait diligenter pour le règlement définitif. L’autre point d’accord portait sur les rencontres mensuelles qui devaient nous permettre de maintenir le dialogue avec la Fsf et le ministère. Il n’a pas été respecté par l’instance dirigeante de notre football. Depuis qu’il a appris notre décision de boycotter le championnat national à partir de la 8e journée, le ministre des Sports a appelé le président Wagane Diouf pour la concertation. C’est ça être responsable et attentif. Ce n’est pas avec des invectives et des discours orduriers qu’il faut s’adresser à des responsables de la trempe des présidents de clubs membres du Ccpc. Et s’ils pensent que faire un championnat sans des équipes comme le Jaraaf, la Jeanne d’Arc, l’Us Gorée, le Port autonome, les Hlm, Yakaar, Renaissance Xam-Xam, etc., est sérieux, c’est regrettable. Qu’ils sachent que nous irons jusqu’au bout de notre logique, à partir de la 8e journée. Nous ne participerons plus à ce championnat national, tant que la fédération ne daignera pas s’asseoir autour d’une table avec le Ccpc. Et nous sommes dans la dynamique de rencontrer le chef de l’Etat en présence du ministre des Sports et de la Fsf. Pour vous dire que nous ne marchons pas encagoulés.

Wal Fadjri : Mais n’avez-vous pas aussi des visées sur la Fédération sénégalaise de football ?

Mbaye Diouf Dia : Vouloir limiter nos revendications à des problèmes de strapontins au niveau de la Fédération sénégalaise de football, c’est fuir le débat de fond que nous avons soulevé. Tous ceux qui dirigent le Cadre de concertation des présidents de clubs, sont des directeurs généraux de sociétés, des conseillers du président de la République, des avocats et maires de ville, qui occupent des responsabilités de premier plan. Mieux, ils ont participé à l’élection de cette Fédération et ont apporté au président Mbaye Ndoye leur soutien au plus fort de la crise. Ce sont des managers qui dépensent des millions par mois pour entretenir leurs équipes qui emploient plus de trois cents jeunes sportifs. C’est malheureux de penser ainsi, pour des gens qui disent être des responsables sportifs. Personne parmi ces présidents de clubs n’a envie de diriger cette fédération. Et le jour où l’un d’eux dira, dans le cadre du Ccpc, qu’il veut prendre la fédération, ce sera l’éclatement de la structure. Vous pensez que le président du Jaraaf qui a un projet de plusieurs milliards de nos francs avec l’érection de ‘Keur Jaraaf’ qui comprend des immeubles, des terrains de football, des écoles de football, un hôtel, pense à diriger une fédération ? Il en est de même du président de la Ja qui doit prendre son terrain situé sur la Vdn où il est prévu le même projet que celui du Jaraaf. Et que dire de Hlm qui a un budget d’un milliard avec son projet de construction d’un stade fonctionnel et ses dérivés, du Port, de Gorée, de Yakaar qui sont logés à la même enseigne, sans oublier le Dakar université Club et Xam-xam qui sont dans les mêmes dispositions ? Il faut arrêter de nous divertir. Nous dépensons au bas mot plus de six millions par mois, pour nos sociétaires dans chaque club du Ccpc, en terme de transport, de prise en charge, de salaires des joueurs, entraîneurs et autres employés des clubs. Cette subvention aiderait plutôt des clubs comme ‘Aigle’ de la Médina qui reçoit 250 mille francs par an et qui dépense 250 mille francs pour se déplacer à Saint-Louis. Voilà des exemples concrets. A la fédération, les marginaux sont plus nombreux que les vrais responsables des clubs de football du Sénégal.

Wal Fadjri : Quel sont les problèmes de fond qui se posent ?

Mbaye Diouf Dia : Certes, les petits clubs ne revendiquent pas la subvention, mais nous avons constaté qu’à chaque fois que l’équipe nationale A est confrontée à un problème, il est solutionné dans les minutes, voire les jours qui suivent. Et la base de cette équipe nationale qui doit être le club local, se trouve dans la léthargie, voire dans l’agonie. Les locaux sont royalement ignorés. C’est, d’une manière générale, l’organisation du football national qui est posée dans toutes ses composantes. Notre football local est malade dans toutes ses cellules. La 1ère division, la D2, la D3, la division régionale, le football féminin, les olympiques, les espoirs et toutes les petites catégories (juniors, cadets et minimes), sont en déliquescence. Et pendant ce temps, nos responsables du football se permettent de s’acheter des costumes de cérémonie, se tapent des frais de missions mirobolants et autres menus frais qui n’ont rien à voir avec le football national, pour lequel ils ont été investis. Nous pensons qu’il est temps que les gens s’arrêtent pour se mettre autour d’une table de concertation, pour discuter des voies et moyens de sortir notre football national de sa situation peu reluisante. Toutes les équipes sénégalaises, depuis plus de quatre ans, voire même plus, ne passent plus le second tour des coupes africaines de clubs, à l’exception de la Jeanne d’Arc de Dakar qui y a laissé d’ailleurs une ardoise de plusieurs millions qui affectent le club. Imaginez qu’au moment où nous parlons, les championnats de division régionale, le football féminin, et toute la petite catégorie n’ont pas encore joué un seul match. Les primes et subventions, nous sommes prêts à en faire don à la fédération, parce que c’est la plus élémentaire de nos revendications qui sont d’ordre organisationnel.

Wal Fadjri : Que faire pour le renouveau du football sénégalais ?

Mbaye Diouf Dia : La clé du renouveau du football sénégalais, c’est une réforme en profondeur. Les présidents El Hadji Malick Sy ‘Souris’, Youssoupha Ndiaye, feu Kéba Mbaye (Paix à son âme), pour ne citer que ces illustres responsables du football sénégalais, l’ont dit et répété à maintes reprises. Il nous faut un football non amateur. Le projet de réforme sur lequel des cadres du football ont travaillé des années durant, doit être viabilisé et mis en place. C’est la seule solution idoine, pour redonner au football sénégalais ses lettres de noblesse. Des pays voisins viennent nous prendre nos projets, qu’ils adaptent chez eux. Et certains nous dépassent maintenant de loin. Prenons le cas des clubs ivoiriens : c’est un projet du Jaraaf de Dakar des années 70 qu’ils ont adapté au contexte ivoirien. Et les résultats sont là, probants. Maintenant, pour diriger le football, il faut être ou avoir des qualités de manager. On ne vit pas du sport. Il faut faire vivre le sport. Le président Augustin Senghor définit d’ailleurs le profil du dirigeant moderne comme, ‘quelqu’un qui aime le sport, quelqu’un qui investit dans le sport, pour le sport et qui a une solide volonté d’aller de l’avant, pour faire avancer le football dans son ensemble, en tant que facteur de développement’. Dans tous les clubs, ce sont des centaines de jeunes qui sont mobilisés et ils sont payés. Le sport est un secteur économique à part entière. Il faut dégager un profil du dirigeant de club, de la fédération, afin que le football soit maintenant managé par des gens qui en ont la compétence. Il y a également les structures. Et pour que tout cela aille de pair, il faut nécessairement une réforme profonde de notre football, des hommes et de ses structures. Cela veut dire que ceux qui se retrouvent dans un football non amateur sauront ce qu’ils doivent faire ; ceux qui font du football amateur connaîtront leur champ de compétence. Voyez le mouvement navétane qui gère plus de 500 mille licenciés et qui est laissé pour compte. Pourtant, il gère harmonieusement sa discipline qui remplit les stades de 30 à 50 mille spectateurs alors que notre fédération ne peut pas avoir pour un match de la Ja et du Jaraaf mille spectateurs. Il y a problème. Et nous avons des échos qui font état de l’arrivée prochaine d’investisseurs du sport, qui vont injecter leur argent dans le mouvement navétane, qui polarise le football populaire dans notre pays. C’est désolant. Nous ne disons pas détenir les solutions, mais la fédération non plus n’a pas les solutions de même que le ministère. Il faut donc se mettre autour d’une table, échanger, dialoguer et essayer de trouver les solutions à nos problèmes


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