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PODOR : Tourisme, thioub et toubabs

Des touristes toubabs qui aiment le thioub. Depuis que le fameux yacht Bou El Moghdad a entamé sa croisière sur le fleuve Sénégal de Saint-Louis à Podor, les teinturières se frottent les mains.
Les touristes qui descendent tous les quinze jours sur Podor ont jeté leur dévolu sur le “ thioub ” (tissu teint à l’indigo), au grand bonheur de Mme Aissata Bocar LY, présidente nationale des teinturières du Sénégal. Elle, et son groupement sont en effet l’objet de visites régulières des touristes qui viennent de par le fleuve et par la route, pour découvrir le fort de Podor surtout.

Ce fort qui semble être l’objet de toutes les convoitises devait être réhabilité par la France et les travaux marquant cette étape ont été lancés par les Ministres Ousmane Masseck Ndiaye et Lamine Bâ. C’est 300 millions qui vont être débloqués pour la réfection de cette vielle forteresse qui date de 1744 et qui n’a été finalisée qu’en 1854. Mais de l’avis du conservateur désigné par le Ministère de la Culture, Abdoulaye Bâ, il reste beaucoup à faire. Une visite sur les lieux donne une idée de ses propos.

Dans ce fort, on n’a procédé qu’a certaines retouches, peint quelques locaux, car la somme dégagée pour sa réfection n’a pas été totalement investie. Faute de fenêtres et de portes, les oiseaux y ont élu domicile et les hirondelles nidifient dans les locaux que nous avons visités. Selon le conservateur, “ la destination serait surtout plus agréable si les touristes qui y viennent, trouvent entière satisfaction ”. Pour M Bâ, on ne peut pas pour le moment s’enorgueillir d’un site véritablement rénové car le fort vit en effet péniblement sa nouvelle mue. Sur sa façade extérieure, rien n’a changé et il n’y a pas de mur d’enceinte. À l’intérieur, une salle de musée créée pour la galerie montre quelques veilles reliques qui rappellent le passé historique de la cohabitation entre Hal-pulaar et séréres. Dans une autre salle, d’anciennes photos attestent de la pénétration coloniale.

Les touristes qui viennent par bateau repartent par la route et ceux qui sont venus par la route repartent avec le Bou El Moghdad. Aussi, leur séjour serait plus agréable s’ils pouvaient avoir tous un gîte. Si le Bou El Moghdad est un hôtel flottant, pour ceux qui l’avaient pris depuis St Louis, ce n’est pas le cas pour les arrivants par la route souvent confrontés à un problème d’hébergement, le seul gîte d’étape de Podor n’ayant qu’une dizaine de lits.

De ce tourisme bi mensuel de la croisière sur le fleuve Sénégal, les seules bénéficiaires demeurent les teinturières qui, elles, parviennent à écouler leurs thioub (boubous teint à l’indigo) aux nombreux touristes.

Même la commune de Podor reste un parent pauvre de cette excursion car les retombées des visites au fort vont à la caisse du Ministère de la culture.


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