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POLÉMIQUE SUR LA VIANDE D’ÂNE EN CIRCULATION Les Sénégalais perdent l’appétit

  • Date: 23 mai 2016

 Depuis quelques jours, la polémique s’amplifie sur l’abattage clandestin d’ânes par des énergumènes, d’abord à Dakar, puis à Mbour et dans biens des localités du pays. Chaque jour, des alertes sont données et des informations les plus rocambolesques les unes des autres sont diffusées. On avance même le chiffre de 20 tonnes de viande d’âne qui serait en circulation.

À quelle fin ? Difficile de répondre à une telle question tant les versions sont différentes. Si certains avancent l’hypothèse de la vente de cette viande dans les marchés, dissimulée dans d’autres à consommation courante, d’autres font état d’un abattage destiné à des animaux et même d’une exportation vers la Chine, par exemple.

En tout cas, cette situation ne laisse aucun Sénégalais indiffèrent. À l’approche du mois béni de Ramadan, ils ont perdu l’appétit. Personne n’a plus envie de manger de la viande tant le doute habite les esprits. Une situation rendue complexe par le fait que le consommateur moyen est incapable de distinguer la viande d’âne à celle des autres. Les images montrées à la télévision et dans les journaux d’ânes dépecés comme des moutons ne laissent plus de place au doute. Chaque Sénégalais sait qu’il peut manger de la viande d’âne, à tout instant.

Une situation qui interpelle nos consciences en cela qu’elle renvoie au degré de cupidité et de malhonnêteté qui anime la plupart de nos concitoyens. Le goût du gain facile, la course vers la richesse, la pauvreté, la survie à tout prix, obstruent nos facultés de discernement et aucun discours ne peut remettre cette société sur les rails.

Le Sénégal est atteint d’une folie collective qui repousse les certitudes les plus solidement ancrées. Parmi celles-ci, le regard porté sur l’âne.

En effet, dans l’imagerie populaire, l’âne serait presque banni. On raconte qu’il aurait tenté de faire tomber le Prophète de l’Islam. Vérité ou légende ? En tout cas, dans nos sociétés, les ânes reçoivent des coups à tout bout de camp, parfois sans motif. Contrairement au cheval, l’âne bénéficie de peu de respect.

Pis, les populations surtout rurales ont toujours considéré l’âne comme un animal ingrat, fourbe, discourtois, méchant, plein de ruse et de malice. L’âne mord, donne de violents coups, etc. Les cris d’âne seraient un contre-exemple en Islam. Le Coran aurait interdit de parler comme un âne c’est-à-dire avec une voix rauque.

Il s’y ajoute que l’âne est aussi belliqueux. Si vous mettez des ânes ensemble, ils se mettent tout de suite à se battre.

Pour blesser vraiment quelqu’un, on lui dit qu’il est un âne.

D’après certains témoignages, les charlatans utilisent aussi sa peau, son cœur et d’autres parties de son corps pour jeter de mauvais sorts à des individus.

Pourtant, cet animal aussi peint négativement, sert à tous les travaux. Ils sont d’un apport irremplaçable. Les ânes aident au transport de personnes et de marchandises, ils sont l’allié du paysan dans les travaux champêtres. Et compte tenu de la cherté du cheval et le prix relativement abordable de l’âne (environ 30 mille F Cfa), tous les paysans ont leurs ânes. On en trouve même parfois plusieurs dans une même maison. L’âne est dans nos campagnes, ce qui est la voiture dans les pays riches. Chacun a son âne dans le monde rural. D’où la quantité importante d’ânes au Sénégal et aussi en Mauritanie où la capitale en pullulent pour les besoins de transport d’eau.

Alors, c’est cet animal tant décrié, tant humilié qui prend sa revanche pour s’inviter dans nos plats.

Une situation qui requiert  une vigilance accrue de la part des populations, des services d’hygiène et d’élevage et de toutes les forces de sécurité. Qu’importe la polémique sur le caractère halal ou non de cette viande. La réalité, est qu’au Sénégal, manger de la viande d’âne équivaut à renoncer à sa condition d’homme. En tout cas, cela est ainsi perçu chez la plupart de nos concitoyens.

Alors, revenons aux fondamentaux de base. À savoir ne s’approvisionner que dans les marchés, chez des distributeurs connus et dont les produits ont été contrôlés par les services compétents. La cherté de la viande ne doit pas pousser les gens à acheter la viande douteuse des « forokhthiaya » et autres vendeurs de « lakhass ». Fini le laxisme.

Pour une fois, apprenons à nous mettre aux normes internationales de consommation avec un rigoureux comportement d’achat de la part des citoyens et une rigueur sans complaisance de la part de l’État.

Assane Samb

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