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POUR CAUSE D’INSECURITE GALOPANTE A SALY Les Européens mettent à prix leurs résidences

Villa à vendre. «Plus qu’un simple slogan publicitaire, cette phrase traduit à elle seule tout le désarroi où vivent beaucoup de résidents français établis au Sénégal, plus particulièrement à Saly. Qu’est-ce qui explique cette situation ?

Source L »Observateur
Villa à vendre. «Plus qu’un simple slogan publicitaire, cette phrase traduit à elle seule tout le désarroi où vivent beaucoup de résidents français établis au Sénégal, plus particulièrement à Saly. Qu’est-ce qui explique cette situation ?

Jusque-là destination prisée pour beaucoup d’Européens, en quête d’avantages comparatifs dans les coûts de la vie, le Sénégal a enregistré l’arrivée de beaucoup de Français dans la station balnéaire de la Petite côte. Les résidences ont poussé comme des champignons avec des changements dans les modes de vie des autochtones. Beaucoup d’emplois sont créés au profit de ces derniers. Des zones enclavées ont profité des extensions électriques et hydrographiques initiées par des Européens installés dans la localité. Des retraités français fuyant le coût de la vie élevée en Europe, constituent le gros contingent de ces nouveaux migrants vivant de leur pension de retraite mensuelle assez substantielle, qui peut égaler un million de FCFA. Ils s’installent au Sénégal après avoir vendu tous leurs biens en Europe. Ils épousent dans beaucoup de cas, de jeunes Sénégalais et profitent au maximum du niveau de vie largement inférieur au Sénégal par rapport à leur pays d’origine. Si ce phénomène a connu son âge d’or dans les années 90 après la dévaluation du franc CFA, aujourd’hui, la tendance est de plus en plus à l’inverse. Le boom s’est estompé et les observateurs constatent des centaines de villas à vendre. Dans toutes les brochures publicitaires distillées à Saly, des résidents mettent à prix leurs maisons. Ce «désamour pour le Sénégal» trouve son origine dans des explications endogènes comme l’insécurité de plus en plus grandissante qui sévit dans les sites touristiques, les vols et les agressions sont monnaie courante, une faune hétéroclite de marchands ambulants harcèle les visiteurs. Et des déceptions et trahisons amoureuses avec leurs épouses ou époux sénégalais. Mais le clou demeure certainement les accords signés entre les Etats du Sénégal et la France. Ces accords stipulent le payement effectif des impôts ici et au profit du Sénégal pour les résidents français établis au Sénégal. Ces accords ont découragé plus d’un Français. En effet selon eux leurs pensions connaissent des ponctions drastiques et l’Etat sénégalais est en train de les pressurer. Jean Jacques, retraité français rencontré à Saly, amer et dépité se fait l’échos des complaintes de ses compatriotes. Pour lui, les impôts qu’il paye en France sont passés du simple au triple au Sénégal ; ce qui entraîne une précarité de la vie. Ainsi ils sollicitent auprès des autorités sénégalaises un dégrèvement fiscal, ou à défaut certains parmi eux vont verser dans l’illégalité en ne déclarant pas leurs revenus au Sénégal. Situation certes préjudiciable au trésor public sénégalais mais qui a le mérite de les laisser avec d’avantage de moyens financiers pour vivre au pays de la Téranga. Où les pensions jugées maigres et faibles en France et exonérées de fisc sont taxées lourdement. Si des mesures urgentes ne sont pas prises, beaucoup de résidences risquent de mourir de leur belle mort. La boulimie fiscale de l’Etat sénégalais devrait être revue a la baisse si vraiment les autorités en charge du tourisme veulent booster le secteur. Moins de fisc, plus de sécurité, assainissement de l’environnement immédiat des réceptifs touristiques, telles sont les clés de la voie du développement pour le tourisme au Sénégal. Pour beaucoup d’observateurs avertis, la destination Maroc où les conditions d’installation sont plus souples, prospère actuellement au détriment du Sénégal. Et les dégâts collatéraux se font sentir pour les multiples personnes qui vivent du tourisme : hôteliers, restaurateurs, chauffeurs, guides touristiques, antiquaires, femmes de ménage, tous déplorent la morosité ambiante dans le secteur.


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