Accueil / ACTUALITES / Pour de l’argent, les enseignants se disputent les corrections du Bac

Pour de l’argent, les enseignants se disputent les corrections du Bac

Sur les milliers de professeurs qui avaient postulé pour corriger les épreuves du baccalauréat 2007, très peu, finalement, ont eu la chance d’être retenus et de bénéficier ainsi des intéressantes motivations financières. D’où la grogne de ceux qui sont laissés en rade.

Contrairement aux précédentes, pour cette année 2007, le nombre de professeurs qui ont demandé à corriger l’examen du bac, même dans les localités les plus éloignées, a dépassé les attentes de la direction de l’office du bac. La raison de ce regain d’intérêt subit des enseignants pour la correction des épreuves que certains boudaient en prétextant des maladies, souvent imaginaire, est à chercher dans les motivations financières fort intéressantes proposées cette année. Par exemple, la correction d’une copie qui était, jadis, rétribuée pour 300 francs cfa est passée à 500 francs. Les frais de déplacement ont également connu une nette amélioration. Ainsi pour leur prise en charge, les enseignants qui auront à corriger à plus de 70 kilomètres de leur lieu de travail percevront 25 000 francs par jour. Ceux qui seront dans des localités situées à moins de 35 kilomètres de leur établissement recevront la moitié qui est de 16 500 francs. Les présidents de jury, les secrétaires, aussi ne sont pas en reste. Des indemnités intéressantes sont prévues pour eux. En plus, il y a des primes qu’octroie le ministère de l’Education. Ce sont toutes ces mesures qui ont fait que cette année, le ministère de l’Education qui avait toute les peines du monde pour faire corriger le bac, était dans l’embarras du choix devant le flux massif de demandes supérieures à l’offre.

Pour trier les 2 306 correcteurs du bac 2007, l’office du bac a mis en place un logiciel qui fait la sélection en fonction des postes pourvus par localité. N’empêche, certains professeurs ‘capés’, mais qui n’ont pas été retenus dénoncent leur mise à l’écart au profit souvent des ‘jeunes inexpérimentés’ et ‘souvent qui n’ont jamais tenu de classe de Terminale’. L’un d’eux que nous avons rencontré dans un grand lycée de Dakar évoque ses ‘25 ans de bac’ pour mieux flétrir ce qu’il considère comme un choix ‘non transparent’.

Par contre, d’autres enseignants rencontrés au lycée Delafosse, membres du Cusems et de l’Uden qui ont préféré taire leurs noms chargent ceux qui râlent pour leur non-convocation. ‘C’est une compétition nationale : celui qui demande une région et qui n’a pas été retenu doit imputer cet état de fait à un mauvais choix. Il a été battu logiquement. On ne peut pas corriger le bac dans une région deux fois de plus’, disent-ils. Ils estiment qu’il y a une ruée des professeurs pour la correction ‘parce qu’il y a de l’argent’. Mais ce ne sont pas, seulement, les enseignants du secondaire qui trouvent là une occasion de se faire un peu d’argent. D’après nos interlocuteurs, les professeurs d’enseignement secondaire (Pes) sont concurrencés eux aussi par les universitaires qui sont venus occuper les présidences des jurys. Pour le directeur de l’Office du bac, Babou Diakham, ‘c’est une mauvaise querelle que de dire que des méthodes peu transparentes ont été utilisées pour choisir les correcteurs’. Selon lui, les autres années, 3 500 professeurs étaient convoqués pour la correction du bac, en prévoyant, évidemment, les éventuels désistements. Or cette année, l’Office du bac a voulu rationaliser ‘en ne convoquant qu’un nombre restreint de 2 306 correcteurs de diverses disciplines pour les 50 centres d’examen du pays’. ‘C’est naturel que les enseignants se posent des questions sur la manière dont les affectations ont été faites ’, admet M. Diakham, tout en soutenant que ‘le système est transparent’ au point qu’aucun syndicat ne peut dire qu’il a été lésé. Enfin, selon le directeur de l’Office du bac, le ministère de l’Education table, dans les années à venir, sur 2 500 correcteurs par an. Et à ce rythme, les professeurs pourront aller corriger tous les deux ans.


À voir aussi

Les invalides de guerre assiègent le Palais

Restés 6 mois sans pension, les invalides de guerre ont assiégé hier le Palais. Ils …

Amadou Ba et Mary Teuw font la paix

Les ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Economie, des Finances et du Plan, respectivement Mary …