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Pour éviter une ‘Réaction négative du cartel de la drogue’ : La gendarmerie réduit en cendres les 2,4 tonnes de cocaïne saisies à Mbour

Certes, la gendarmerie nationale a l’habitude d’incinérer de la drogue dure dans les fours de la Sococim à Rufisque, mais jamais avant ce 2 août, elle n’avait réduit en flammes une quantité aussi importante de cocaïne évaluée à 150 milliards de francs en valeur marchande. Il s’agit de la saisie-record de drogue opérée par les hommes en bleu à Mbour, durant le mois de juin dernier. Et le combat contre les réseaux de trafiquants ne fait que commencer, selon les autorités.

Source : Walfadjri
Plus d’un mois après la saisie record de cocaïne à Mbour de 2,4 tonnes, la gendarmerie a procédé hier, en grande pompe à la Sococim, à une opération d’incinération devant les plus hautes autorités judiciaires, policières et gouvernementales. Le ministre des Forces armées a, en personne, pris part à la cérémonie. A entendre Bécaye Diop parler, tout laisse croire que c’est pour éviter une ‘réaction négative du cartel de la drogue’ que l’incinération a eu lieu plutôt que prévu, alors que l’action judiciaire vient juste de démarrer. ‘Dans ces situations, nous ne voulons pas de réactions négatives du cartel de la drogue contre nos forces de sécurité’, a déclaré le ministre, sans en dire plus. Devant les journalistes et un huissier de justice et sous le regard vigilant d’un imposant dispositif de sécurité, les autorités de la gendarmerie, maîtres d’œuvre de la cérémonie, ont symboliquement mis en flammes quelques plaquettes de cocaïne dans le four numéro 4 de la Sococim.

Dans ce four où se fait la combinaison du klinker, matière de base de la fabrication du ciment, la température à l’entrée est de 900 degrés et, à l’intérieur, elle est de 1 500 degrés. A cette température, le directeur technique de la Sococim, Ibrahima Diaw, qui a supervisé l’opération, assure que ’le produit brûle instamment et disparaît automatiquement. A la sortie, les minéraux de base sont combinés aux matières de base de fabrication du klinker’. Ainsi, ajoute le ministre des Forces armées, ‘il n’y a aucune chance de reprendre un seul gramme de cocaïne’.

Mais au-delà de l’événement, Bécaye Diop certifie que ‘le combat’ contre les réseaux de trafiquants internationaux de drogue ‘ne fait que commencer’. Pour cause, dit-il, ’les gendarmes, les policiers, les douaniers, bref les forces de sécurité sont mobilisées pour ce combat’. Toujours selon le ministre, ‘la gendarmerie ne fera pas de cadeaux aux trafiquants de drogue’. En plus de cette détermination des forces de sécurité à lutter contre le trafic de stupéfiants, il y a également l’engagement fort du président Wade qui, d’après le ministre, ‘tient à la protection des populations sénégalaises et africaines agressées par le fléau de la drogue’. Pour Bécaye Diop, ‘cette belle prise montre que les autorités ne veulent pas que le cartel de la drogue s’installe dans notre pays et entraîne la jeunesse dans des dérives’.

Avis largement partagé par le chef d’escadron Moussa Fall, commandant de la section de recherches de la gendarmerie nationale. Parce que, selon lui, les méfaits de la drogue sont plus graves au plan économique. ‘Quand la drogue entre dans un pays, il y a la corruption et l’économie tombe en faillite’, relève le commandant Fall, artisan de la saisie-record de 2,4 tonnes de cocaïne à Mbour les 19, 22 et 24 juin dernier, ainsi que de l’arrestation des convoyeurs, dont un Vénézuélien, un Colombien et un Equatorien. Et pour une plus grande efficacité de la lutte contre le trafic international de drogue, le commandant Moussa Fall a lancé un vibrant appel pour une ‘coopération judiciaire’ entre les différentes forces de sécurité impliquées dans la croisade. ‘Il faut développer la coopération judiciaire nationale et internationale pour l’échange rapide d’informations. Car dans la lutte contre la drogue, la notion de délai a tout son sens’, dira-t-il. Et, poursuit-il, ‘nous devons avoir une coopération franche pour ne pas faire du Sénégal une plaque tournante de la drogue’. S’agissant des moyens de lutte de la gendarmerie, le commandant Fall a salué les efforts de la hiérarchie et plaidé en même temps pour le ‘renforcement des moyens pour le maillage du territoire sur le plan terrestre et au niveau maritime’. En outre, il a souhaité le renforcement des capacités de ses hommes en techniques d’acquisition de renseignements. Déjà, la gendarmerie dispose d’une section de recherches et de surveillance grâce à la coopération française. De son côté, le ministre des Forces armées a appelé à une synergie des forces au plan international pour lutter contre les réseaux de trafiquants de drogue, estimant que ‘notre pays n’est pas assez puissant pour lutter tout seul contre les cartels de la drogue’.

Revenant sur le film de la saisie de drogue, le commandant Moussa Fall de la section de recherches de la gendarmerie nationale fait remarquer que tout est parti d’une phase de recherches en 2003, date à laquelle trois Latino-Américains sont venus s’installer à Ndangane, sur la Petite Côte, dans le but de faire du blanchiment d’argent. Quelques jours après leur installation, ils créent une société pour faire de l’aquaculture. Mais quelque temps après, ils déclarent la société en faillite et tentent de vendre le matériel et recycler l’argent dans d’autres domaines d’activités économiques. C’est ainsi qu’ils vont créer d’autres sociétés dans l’économie maritime. Sur la base de ces indices, la gendarmerie met en place une surveillance discrète. Laquelle va aboutir à l’arrestation des trafiquants à bord d’un voilier battant pavillon bissau-guinéen qui a échoué sur la plage de Mbour avec la quantité de cocaïne que l’on sait. Le reste ayant été saisi après perquisition de leur domicile. A en croire le commandant Fall, le produit n’était pas destiné au marché sénégalais, mais aux pays européens et aux Usa. Toutefois, il reconnaît volontiers que ‘cela va sans dire qu’il y a des complicités locales’. Il déclare que l’enquête avance et que toutes les personnes impliquées sont ‘identifiées’ et ‘localisées’. Mais pour des obligations liées à l’enquête, il s’est gardé de décliner leurs noms.


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