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Pour l’annulation de la surtaxe sur les appels internationaux entrants : Les Sonateliens menacent de mijoter la chute de Wade en 2012

C’est une constellation bétonne composée de tous les segments de la société sénégalaise en lutte contre le régime libéral en place que l’intersyndicale des travailleurs de Sonatel (Syts-Sntpt) compte faire planer au-dessus de la tête du président de la République en vue de le battre à plate couture à la présidentielle prochaine. Mamadou Aïdara Diop et ses collègues ont pris cette décision hier en assemblée générale commémorant leur premier ‘Mercredi de la honte’ au complexe de la Médina. Ce, si Abdoulaye Wade ne renonce pas jusqu’en 2012 à sa mesure instituant la surtaxe sur les appels entrants.

‘ N’est-ce pas, il dit qu’il ne va pas reculer dans sa mesure, mais le président de la République nous trouvera sur son chemin vers sa réélection en février 2012 ’. Tel est l’avertissement que l’intersyndicale des travailleurs de Sonatel lance à Abdoulaye Wade si ce dernier persistait dans son décret instituant la facturation supplémentaire sur les appels entrants au Sénégal. ‘Si la bataille dure un jour, nous sommes préparés à cela, elle dure une semaine, nous sommes préparés à cela, elle dure jusqu’en 2012, nous sommes préparés. Nous avons pris toutes les dispositions pour que si on prend la direction du syndicat, d’autres éléments soient là pour prendre le relai et continuer la lutte jusqu’à sa chute en février 2012’, prévient le coordonnateur de l’intersyndicale des travailleurs de Sonatel, Mamadou Aïdara Diop. Qui poursuit que les syndicats de Sonatel seront le facteur déclencheur de cette grande révolution nationale démocratique pour remettre le pays sur les rails. ‘Nous n’accepterons pas l’inacceptable dans ce pays. Nous allons prendre nos responsabilités pour que le mouvement syndical joue sa partition dans le processus de libération du Sénégal’, a insisté M. Diop. L’intersyndicale des travailleurs de la Sonatel était hier au complexe de Médina en assemblée générale commémorant ses premiers ‘Mercredi de la honte’.

Sonatel compte à l’heure actuelle environ 2 500 emplois directs et 40 000 emplois indirects, tous en âge de voter. Un poids électoral non négligeable que l’intersyndicale compte mettre sur la balance à la présidentielle prochaine pour combattre Abdoulaye Wade. ‘Je vous demande de bien garder vos cartes nationales d’électeur pour le combat final contre le président de la République. Hormis cela, nous allons prendre les attaches de toutes les coalitions de lutte, notamment le M23, les travailleurs du secteur du nettoiement, de la Sar, de la santé, de l’Education, bref, tous les segments de la société si nécessaire pour la chute du président de la République au soir du 26 février 2012’, déclare Mamadou Aïdara Diop à l’assemblée qui approuve par une salve d’applaudissements.

Revenant sur le concept des ‘Mercredis de la honte’, le syndicaliste explique que c’est parce que c’est le mercredi 10 août que le président Wade les a convoqués pour la première réunion du Conseil présidentiel sur les appels entrants. Que c’est aussi le mercredi 24 août, que Wade a pris le décret ‘fatidique’ qui restaure les appels entrants. Des mercredis de la ‘régression’ dans le secteur des télécom au Sénégal, selon M. Diop, dont l’intersyndicale sera, entre temps, convoquée de nouveau le vendredi 19 août pour encore parler de la répartition de l’argent (60 milliards) qu’il (Wade) escompte gagner de ces appels entrants.

Dans leur plan d’action immédiat, en rapport avec leurs ‘Mercredi de la honte’ que les travailleurs veulent institutionnaliser, l’intersyndicale des travailleurs de Sonatel envisage une marche pacifique le mercredi 21 août prochain et une autre assemblée générale le mercredi 28 septembre et ce, en attendant la date butoir du préavis de grève déposé depuis le 24 août dernier. Dans ce préavis, l’intersyndicale souligne deux problèmes dont celui des relations assez compliquées avec France Télécom, notamment sur le plan de la croissance et du développement externe. ‘Depuis notre dernière acquisition sur Guinée Bissau, nous n’avons pas acquis de nouvelles licences. Or, nous avons les ambitions, les moyens de le faire.

Mais, nous butons dans les discussions avec France Télécom. Le temps n’attend pas dans le secteur des Télécom, il faut que France Télécom nous libère’, tonne son coordonnateur. Le deuxième aspect dudit préavis a trait à la réintroduction de la surtaxe sur les appels entrants. A ce sujet, Diop pense que les conseillers du président de la République ne sont pas intelligents dans la mesure où ils laissent le président annoncer la renationalisation de Sonatel, et à l’inverse, ils acceptent qu’il prenne un décret qui, dans trois ans, va faire couler Sonatel. Ainsi, dès ce matin, à 10 heures, sur convocation du directeur du travail, Sonatel, l’Etat à travers l’Artp et le ministère des Télécom, et France Télécom se retrouveront pour tenter une conciliation autour des questions soulevées. En cas de désaccord avec les autres parties, les Sonateliens promettent de saisir l’occasion pour décompter les jours qui leur permettront d’aller en grève en toute légalité avec toutes les conditions de réussite.

Depuis l’an 2000, Sonatel a versé mille milliards F Cfa dans les caisses de l’Etat. En 2010, l’apport de Sonatel dans le trésor public est évalué à 175 milliards F Cfa. Cette société qualifiée de ‘fleuron’ de l’économie nationale envisage de verser à l’Etat 200 milliards F Cfa, en fin d’année 2011. Ces montants représentent, selon le coordonnateur de l’intersyndicale des travailleurs de Sonatel, les impôts, la Tva, la Rutel, le nouvel impôt que Wade a mis sur le chiffre d’affaires pour alimenter à 95 % le fonds de l’énergie, les dividendes.

WADE AUX SONATELIENS EN CONSEIL PRESIDENTIEL LE 10 AOÛT DERNIER : ‘Vous aimez l’argent, mais sachez que nous aimons beaucoup plus l’argent que vous’

En marge de l’assemblée générale des travailleurs de Sonatel organisée hier par l’intersyndicale des Sonateliens, le coordonnateur Mamadou Aïdara Diop est largement revenu sur la teneur du Conseil présidentiel du 10 août, auquel avait pris part le mouvement syndical. Et Aïdara Diop de faire des révélations. Sur le ton de la confidence.

‘Le président nous a dit : ‘je vous ai appelé pour vous consulter, mais c’est moi qui dirige, c’est moi qui suis élu. Le gouvernement va agir, et celui qui n’est pas d’accord n’a qu’à m’attendre en février 2012. Vous, Sonateliens, vous m’empêchez d’encaisser 60 milliards chaque année. Je perds 60 milliards chaque année, alors que vous les syndicats, vous êtes dans les caisses de France Télécom. Vous n’êtes pas des patriotes, quand je me bats contre France Télécom, vous voulez vous mettre entre France Télécom et moi. Je ne sais pas pour quel intérêt. Vous aimez l’argent, sachez que nous aimons beaucoup plus l’argent que vous’.’ Ces confidences ont été rapportées hier par le coordonnateur de l’Intersyndicale de la Sonatel. ‘Evidemment, le directeur général (de la Sonatel, Ndlr) a répondu, que nous Sonateliens, nous n’aimons pas l’argent, mais nous aimons le développement’, ajoute Mamadou Aïdara Diop. ‘En ce qui nous concerne, au niveau du syndicat, nous avons dit que nous assumons entièrement ce qui a été fait l’année dernière. Certains avaient parlé de prison, parce que nous sommes allés en grève et personne ne nous a interpellé et mis en prison alors que Mademba Sock a été mis en prison’, a-t-il dit. ‘J’ai dit au président que nous n’avions pas peur d’aller en prison, parce que lui a fait la prison. Et que cela ne l’a pas empêché d’être le président de la République’, rapporte Diop.

Walf

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