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Pour la tenue des assises nationales : Le Front Siggil Sénégal décroche l’accord de principe des ruraux

Après les religieux, l’Unacois, le Cnes, les artisans, les boulangers et les professionnels du métal, les leaders du Front Siggil Sénégal ont rencontré, hier, le Cadre national de concertation des ruraux (Cncr), en vue de la tenue des assises nationales. Occasion choisie, par les camarades d’Ousmane Tanor Dieng, pour «réitérer» leur intérêt vis-à-vis de cette entité qui regroupe toutes «les activités socio-économiques du Sénégal». Les ruraux, pour leur part, ont donné leur «accord de principe» pour une large concertation autour des questions qui préoccupent le pays, surtout la crise dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage etc.

Source : Le Quotidien
En perspective de la tenue des assises nationales, les leaders du Front Siggil Sénégal ont rendu visite, hier, les membres du Conseil national de concertation des ruraux (Cncr). Une rencontre au cours de laquelle Ousmane Tanor Dieng et ses camarades ont affirmé l’importance qu’ils accordent au monde rural. En effet, souligne le Premier secrétaire du Parti socialiste (Ps), «nous avons sollicité cette rencontre avec vous, pour vous impliquer dans les préparatifs en vue de la tenue des assises nationales (…) Vous représentez entre 65 et 70% de la population sénégalaise, alors, personne ne peux engager des discussions pour l’intérêt du pays sans vous». Auparavant, M. Dieng a tenu à éclairer les ruraux sur les différentes raisons qui ont poussé l’opposition à boycotter les élections présidentielles et législatives. Des préparations au déroulement jusqu’à la proclamation des résultats de la présidentielle, Ousmane Tanor Dieng a fustigé «les agissements sur le fichier électoral du régime libéral».

Revenant sur l’impératif de la tenue des assises nationales, le leader socialiste soutient que, depuis 2000, le pouvoir d’achat des Sénégalaises est fortement secoué par des «hausses» n’en à plus finir. Des hausses qui n’épargnent pas le monde rural où il y a des «risques de zones sinistrées», surtout avec «l’absence de semences à cette période de l’hivernage». Convaincu que le régime de Abdoulaye Wade «n’a aucune pitié pour les populations», M. Dieng peste aussi contre «les dépenses de prestige» de l’Etat, alors qu’il «n’existe pratiquement plus aucune industrie dans le textile, la pêche etc.» Sous ce rapport, le Pr Madior Diouf du Rassemblement national des démocrates (Rnd) avoue ne pas comprendre la politique agricole du Sénégal qui «importe pratiquement tout ce qu’il mange». Massène Niang du Msu va plus loin en évoquant les manquements notés dans les différents secteurs vitaux, telle que la filière arachidière que «Wade a délibérément détruite», avec notamment «la vente de la Sonacos» sans recueillir «les avis des ruraux». Ainsi, insiste t-il, «il faut un diagnostic profond du pays». Encore plus acerbe que ses prédécesseurs, Amath Dansokho, le leader du Parti de l’indépendance et du travail (Pit), indique que «l’heure est grave» et appelle à une «mobilisation comme on en a jamais connu dans ce pays». M. Dansokho soutient, également, que «depuis qu’il (Abdoulaye Wade : Ndlr) est là, il s’applique à détruire le monde rural». Le leader du Pit est aussi d’avis que Wade «aurait dû suspendre la question du Sénat et mobiliser toutes les ressources pour la sauvegarde du monde rural». Plus «féroce», M. Dansokho assure que la seule préoccupation du président de la République, c’est l’argent. «C’est un trafiquant d’argent qui n’a son pareil en Afrique en matière de science de l’affairisme.» En atteste, selon M. Dansokho, les multiples programmes agricoles «sur le bissap, le maïs, etc. qui ont mobilisé des fonds énormes, alors qu’il n’y a jamais eu de bilan». Quid du plan Reva (Retour vers l’agriculture) ? Dansokho penche pour son échec qui ne «fait plus de doute».

ACCORD DE PRINCIPE DES RURAUX

El Hadj Momar Sambe de Rta/S, pour sa part, a invité les ruraux à être des acteurs et témoins des prochaines assises. Et de leur lancer : «La balle est dans votre camp.» Un camp qui, par la voix de son président, Samba Guèye, a donné «son accord de principe». «Nous sommes prêts à nous engager avec vous dans cette lutte», renchérit M. Guèye. Apparemment frustré par la non-application de la «loi d’orientation agro-sylvo-pastorale, votée depuis 2004», le chef de file des ruraux a magnifié les progrès «énormes» du Mali, qui «est en train de damer le pion au Sénégal sur le plan agricole». Puis, les représentants des éleveurs, des pêcheurs ainsi que d’autres membres du Cncr ont tous abondé dans le même sens à savoir «l’impératif de la tenue des assises nationales». Des assises qu’ils réclamaient d’ailleurs «depuis 2003», au moment des prémices de «cette crise actuelle».

Par ailleurs, note le président des ruraux, «à chaque fois que nous vous (les membres de l’opposition : ndlr) recevons, nous subissons des représailles». Des propos tenus en réponse à Momar Sambe qui a attiré l’attention sur les éventuels «défaillants».


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