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Pour le parti de Idy, Wade veut léguer le pouvoir à Karim

La délégation du front Siggil Senegal conduite par Ousmane Tanor Dieng a rencontré les responsables des différentes localités des partis membres du front dans le département de Thiès, hier dimanche dans le cadre de la pré-campagne afin de sensibiliser leurs militants pour le respect du mot d’ordre de boycott actif des élections législatives. Pape Diouf du parti Rewmi, Abdoulaye Bathily de la LD/MPT, ainsi que Ousmane Tanor Dieng entre autres responsables ont fustigé l’attitude du président Wade qui, à les en croire, veut imposer une monarchie républicaine au Sénégal. Pour Ousmane Tanor Dieng le chef de la délégation, il faut écarter Ousmane Ngom de l’organisation des élections, revoir le fichier et mettre en place une CENA fiable dirigé par un général à la retraite.

Source : Le Matin
Prenant la parole après Ibrahima Sène du PIT, le maire de Bambey, par ailleurs, représentant de Idrissa Seck au sein du front Siggil Sénégal a tenu à dire aux Sénégalais les véritables raisons qui font que le président Wade ne souhaite pas qu’il y ait des élections libres et transparentes. À en croire le représentant de Rewmi, le président Abdoulaye Wade veut imposer aux Sénégalais son fils Karim Wade.

Pour Pape Diouf, si le président Wade a usé de tous les moyens de l’État pour écarter Idrissa Seck avec notamment les chantiers de Thiès, c’est uniquement pour frayer une place à son fils afin de pouvoir l’installer à la tête du Sénégal après son départ. Et c’est pour légitimer cela qu’il veut une majorité confortable à l’Assemblée nationale pour permettre à son fils, une fois qu’il hérite du pouvoir, de gouverner tranquillement. Pour le maire de Bambey, les Sénégalais ne doivent pas accepter une telle situation. Pour Abdoulaye Bathily, Wade veut gérer ce pays en mettant en avant ses propres intérêts, ceux de son parti et de sa famille au détriment de l’intérêt général et cela ne peut conduire le Sénégal que dans le chaos. À en croire Abdoulaye Bathily, « si le Sénégal n’est pas jusqu’ici dans le chaos, c’est parce qu’une bonne partie de sa classe politique est consciente de son rôle même si la volonté divine y est pour quelque chose ».

Pour Abdoulaye Bathily, si le Sénégal se glorifie aujourd’hui de l’avancement de sa démocratie, c’est plus à cause de l’ancien président Abdou Diouf qu’à cause du président Wade. À en croire M.Bathily, après les élections de 1993, le président Diouf a accepté de recevoir l’opposition pour discuter des changements qu’il fallait faire pour rendre le processus électoral fiable. Une chose qu’il a eue à refaire en 1998 avec l’installation de l’ONEL qui était dirigé par un général à la retraite ce qui a débouché sur les élections de 2000 avec le général Niang. Pour Abdoulaye Bathily, si Wade ne peut pas faire mieux, il ne doit pas faire reculer la démocratie.

Et pour cela, il a lancé un appel à tous les Thiessois et aux Sénégalais afin de refuser une régression de la démocratie en suivant le mot d’ordre de boycott pour l’obliger à recevoir les leaders de l’opposition et accepter de discuter avec eux de l’amélioration du processus électoral.

Des députés « élus par décret »

Pour M. Bathily, « Abdoulaye Wade veut des députés élus par décret et cela ils ne vont pas le cautionner ». Prenant la parole, le chef de la délégation, Ousmane Tanor Dieng, par ailleurs secrétaire général du Parti socialiste est revenu sur les exigences du front pour leur participation aux élections législatives du 3 juin. Pour Ousmane Tanor Dieng, le président de la République doit accepter des concertations avec les partis de l’opposition sur les questions du fichier électoral, sur la gestion de la CENA par un général à la retraite et sur l’implication de Me Ousmane Ngom dans l’organisation des élections en tant que ministre de l’Intérieur et responsable politique du parti au pouvoir.

Telles sont les conditions du Front Siggil Sénégal pour éviter des élections qui, à en croire toujours Ousmane Tanor, seront aussi frauduleuses que la présidentielle. Pour finir, Ousmane Tanor Dieng est revenu sur les stratégies utilisées par les leaders du front pour parcourir tous les départements du Sénégal afin de sensibiliser les Sénégalais sur les raisons de leur combat qui est celui de la démocratie.


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