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Pour une pensée agie ! (Par Bacary Domingo Mané)

  • Date: 29 juillet 2015
 L’image a échappé à la curiosité de toutes caméras du monde. Pendant que le Premier ministre de la Grèce, Alexis Tsipras négociait à Bruxelles un troisième plan d’aide pour son pays, Socrate recevait le patron de Microsoft, Bill Gates à Athènes. Le géant de l’informatique était venu prendre conseils auprès du philosophe athénien.

Ceux ou celles qui s’attarderont sur le caractère absurde, impensable, voire improbable de cette rencontre au sommet entre le philosophe et le manager hors pair, passeront à côté de la vraie question. Qui n’est pas de savoir si Socrate, mort en 399 AV JC, a réellement rencontré l’enfant de Seattle venu au monde le 28 octobre 1955. Mais celle de s’interroger autour de ce que les deux hommes, vivant sur des planètes différentes, pouvaient bien se dire. Pour les esprits sclérosés, l’un pense (philosophe), l’autre agit (manager).

Ce qu’ils ne peuvent appréhender, c’est que l’attitude de questionnement du philosophe peut constituer une valeur ajoutée pour le manager et l’aider ainsi à élargir son champ de vision, tout en mettant de l’ordre dans ses idées etc. La philosophie qui donne ainsi des points d’appui à toute recherche de sens pour le manager, se verra, par ricochet, ouvrir un nouveau champ de recherche. La question n’est plus d’épiloguer sur  la nécessité d’une telle rencontre, mais le comment ?

Cette boutade sur la rencontre de Socrate et de Bill Gates nous renseigne aujourd’hui sur la nécessité de corréler la formation à l’esprit critique, au jugement (qui est le but de la philosophie) à des compétences et savoirs précis. Et y voir une certaine utilité de la philosophie ne doit nullement retourner l’inventeur de la maïeutique  dans sa tombe et qui n’a pas eu le «bonheur» d’observer la «ronde » des enfants tactiles. Ceux qui ont confié leur destin à la tablette.

Dans un monde où l’homme assiste, presqu’impuissant, à la transformation de son environnement, sa responsabilité personnelle dans la marche de l’histoire doit alors assigner à la philosophie une certaine efficacité. Le philosophe a peut-être longtemps souffert de la mauvaise conscience de ne pas agir et de sentir à mille lieux des préoccupations des populations. L’on se souvient de ce débat qui a opposé Karl Marx à Hegel et traduit dans cette célèbre phrase des thèses sur Feuerbach : «les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde. Il s’agit maintenant de le transformer».

Moralité, au savoir absolu Hégélien, le concepteur du marxisme oppose la praxis qui envisage la vérité dans les rapports que l’homme a, avec la nature et ses semblables. Le débat sur l’enseignement de la philosophie dans notre pays, dont le prétexte est la débâcle des apprentis philosophes au dernier Concours général, pose, de manière frontale, la question de la nouvelle orientation à donner à cette discipline. Elle secrétera ainsi la réflexion sur le  statut de l’enseignant en philosophie : est-il philosophe ou un maître à penser ? Ou son rôle se limite-t-il à participer à la formation intellectuelle des élèves ? En d’autres termes, faut-il envisager l’enseignement de la philosophie comme une fin en soi ? Quelle place la philosophie doit-elle occuper dans la formation de la génération Smartphone ?

Comment philosopher avec les doigts tactiles ? Dans un monde où les élèves et les étudiants ont tendance à choisir des filières qui privilégient l’avoir au détriment du savoir. Ce qui revient à penser le rapport de l’enseignement de la philosophie à l’ensemble du cursus scolaire.

Ces questionnements ne peuvent non plus faire l’impasse sur la  formation initiale et continue des professeurs de philosophie. Comment la penser ? Et si l’on initiait les élèves à la philosophie dès la classe de seconde ?

Maintenant, de là à voir dans la débâcle au concours général les symptômes d’un dépérissement de la philosophie, il a un pas que je ne franchirai pas. Il faut, peut-être, y voir les tentacules d’une crise scolaire qui plonge ses racines dans une société en mal de repères.
Aujourd’hui, les professionnels de la philosophie doivent se donner le temps et les moyens de réfléchir sereinement à toutes ces questions.

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