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Pour voter une loi à l’assemblée, le PDS peine à reunir sa majorité

La majorité mécanique de la mouvance présidentielle a semblé être en panne hier, mardi 15 mai. Convoquée à 10h, la séance d’examen de la loi constitutionnelle relative au Sénat n’a pu se tenir jusqu’à 17h. Les 3/5 de l’effectif de l’Assemblée nationale requis pour le vote de ce genre de loi n’ont pu être obtenus malgré les énormes efforts déployés. Le prétexte de la campagne pour les élections législatives, mais aussi le fait que ce texte va ôter au Parlement son statut de deuxième institution du pays ont été a été évoqués.
La majorité mécanique bleue était grippée hier, mardi 15 mai dernier à l’Assemblée nationale. Sept tours d’horloge n’ont pas suffi au groupe parlementaire « Libéral et démocratique » pour réunir les 3/5 des députés requis pour examiner une loi Constitutionnelle relative au Sénat. L’angoisse se lisait ainsi sur les visages des députés libéraux qui sont arrivés en premier. La séance est convoquée à 10 heures, mais à 11 heures, il n’y avait pas plus de 10 députés dans l’Hémicycle.

C’est un calme plat qui a ainsi prévalu dans cette imposante bâtisse située à la place Soweto qui abrite la deuxième institution du pays. Les agents préposés au protocole sont presque plus nombreux que les parlementaires présents sur place. Ils vaquent ainsi tranquillement, d’un bureau à un autre, d’une place à une autre à leurs occupations, mais à celles du président du groupe parlementaire « Libéral et démocratique », Doudou Wade. Venu assez tôt le matin, le neveu du président de la République, Abdoulaye Wade a tenté de faire le rappel des troupes en procédant à l’appel. Il ne peut pas compter sur les députés de l’opposition qui, bien avant le boycott des élections législatives du 3 juin prochain, ont quasiment boudé l’Assemblée nationale suite aux deux prorogations du mandat de leur mandat.

Cependant, les élus de la Coalition Sopi se sont faits toujours désirer. Peut-être qu’il rechignait à ôter à l’Hémicycle le statut de deuxième institution du Sénégal avec la deuxième personnalité de l’Etat qui passe de l’occupant du Perchoir au président du prochain Sénat ? À 12 heures, le hall s’anime petit à petit parce qu’en plus d’une importante présence des journalistes, des employés mais aussi des badauds et militants libéraux, les députés marquent de plus en plus leur présence. Le travail de Doudou Wade a commencé à porter ses fruits. Mais, c’est malheureusement toujours insuffisant. Les plus optimistes à l’image du directeur de la communication, calme l’ardeur des journalistes en leur disant que cela va démarrer avant 15 heures. Dans la salle, le vice-président, Babacar Gaye marque son arrivée par des salamalecs.

Le député du département de Kaffrine (dans la région de Kaolack au centre du Sénégal) ne manque pas de plaisanter avec les journalistes en leur faisant savoir que « la session va démarrer à l’heure où elle doit démarrer comme le bouclage des quotidiens peut se faire quand toutes les informations d’une rédaction seront au point ». Une brèche qui va décrisper un peu la salle. Un Parlement où l’essentiel de ses occupants ont le nez dans un journal ou d’autres paperasses pendant que d’autres sont tout bonnement en train de faire leur sieste. Au niveau des visiteurs et du personnel, l’absence ou le retard d’une bonne partie des élus est le sujet des discussions.

Aussi bien dans le hall, l’ascenseur, le garage, les couloirs que dans les bureaux. « C’est vraiment ridicule, on n’arrive même pas réunir la moitié des députés. Le fait qu’on soit en campagne électorale pour les élections législatives ne doit pas du tout servir de prétexte », pestent des gens qui transitaient dans l’ascenseur. Certains journalistes n’ont pu s’empêcher de penser que les députés sont restés sciemment chez eux ou dans leur terroir pour ne pas venir examiner cette loi qui diminue leur force, qui entame leur prestige. Cependant, cela est loin d’être l’avis de certains députés. Un parlementaire du département de Mbour a confessé lors d’une causerie que « nous ne votons pas seulement ce qui nous arrange. Nous avons prolongé notre mandat, donc je ne vois pas pourquoi on ne ferait pas passer cette loi ».

Le président du groupe parlementaire « Libéral et démocratique » que nous avons tenté d’interpeller sur les raisons de l’absence ou le retard des députés membres de son entité jusqu’à cette heure-ci, nous éconduit diplomatiquement. « Vous êtes en train de faire votre travail, mais moi aussi je suis en train de faire le mien. Je vais descendre attendez-moi dans la salle », a souligné Doudou Wade. Pendant ce temps, aux alentours de 16h 30mn, la valse des députés se poursuit. Malgré cela, le nombre de parlementaires qui était dans la salle ne faisait pas 40.

Pourtant, depuis le matin, cette hypothèse a été envisagée par les autorités de l’administration de l’Assemblée nationale. « Si le quorum n’est pas atteint, une autre séance sera convoquée demain matin (aujourd’hui, mercredi 16 mai », avait prédit l’une d’entre elles.


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