téléchargement

Poursuivie pour complicité d’enrichissement illicite, l’épouse de Tahibou «mouille» les amis de son mari pour justifier ses terrains

 Ndèye Aby Ndiongue, opératrice économique et par ailleurs épouse de Tahibou, a comparu, hier, à la barre de la Crei. Poursuivie pour complicité d’enrichissement illicite à hauteur de 3,9 milliards, la dame, pour justifier ses avoirs, se «cache» derrière les amis de Tahibou Ndiaye.

Les terrains acquis par la dame

La femme de l’ancien directeur du Cadastre a comparu, hier, à la barre de la cour de répression de l‘enrichissement illicite. Ndèye Aby Ndiongue est poursuivie pour complicité d’enrichissement illicite à hauteur de 3,9 milliards. Après la lecture de l’accusation, l’épouse de Tahibou Ndiaye se dit être tout simplement surprise lorsqu’elle a pris connaissance des faits pour lesquels elle est poursuivie. Comment elle a acquis ses terrains ? La dame se refugie derrière les amis de Tahibou Ndiaye. «Pour le terrain de Mermoz Pyrotechnique, je l’ai acquis grâce à Hadjibou Soumaré par le biais de la Ccod (Commission de contrôle des opérations domaniales). Je ne connaissais pas personnellement Hadjibou. Un autre terrain m’a été également offert sis à Batrain par un ami à mon époux, en l’occurrence, Diop Sy. S’agissant du terrain localisé aux Maristes, il est certes à mon nom, mais elle n’est pas ma propriété. C’est après concertation familiale qu’on a décidé de mettre la villa à mon nom. Fallou Guèye m’a aussi donné un terrain de 500m2 aux Almadies», a déclaré Ndèye Aby Ndiongue.

La construction des villas…

Le Président de la Cour Henry Grégoire Diop a demandé des explications à la dame quant à la construction de ses villas. Ndèye Aby Ndiongue rétorque : «Pour la construction du terrain, j’ai adhéré à une tontine (500.000 francs par personne) grâce à quoi j’ai démarré la  construction de la maison. Aussi, ma nièce voyageait souvent en Chine Gambie, pour acheter des containers. Une fois à Dakar, je me chargeais d’écouler les marchandises, moyennant des sommes d’argent. Je m’étais également investie dans le commerce. C’est grâce à ses ressources que j’ai démarré la construction à hauteur de 9 millions.» A l’en croire, à chaque fois qu’il y’avait blocage dans la construction, elle sollicitait les services de son mari Tahibou Ndiaye qui lui achetait du fer, ciment, sable, etc. Pour la villa localisée aux Maristes, Ndèye Aby Ndiongue indiquera qu’elle a été construite suite à la participation de tous les membres de sa famille, notamment son frère, ingénieur en informatique, vivant en France. Toujours dans le cadre de la construction des villas, la dame explique : «c’est l’entrepreneur Abdou Diop qui avait l’habitude de construire pour Tahibou Ndiaye. Je l’ai saisi, tout en lui avouant que je n’avais suffisamment d’argent pour construire. Ainsi, a-t-il décidé de m’accompagner.»

Tahibou : «Tous les anciens Dg du Cadastre sont des milliardaires»

Auparavant, Tahibou Ndiaye a indiqué que tous les anciens directeurs généraux du Cadastre sont devenus des milliardaires. Pour étayer ses propos, l’ancien directeur du Cadastre de 2002 à 2012 dira : «en dehors de mon salaire, je recevais des indemnités (25 millions) par trimestre. Je recevais également des primes d’indemnité au recouvrement qui étaient plafonnées à 600.000 francs. En résumé, les directeurs généraux reçoivent beaucoup d’indemnités.»

Mame Fatou Thiam : «Je ne sais pas pourquoi je suis dans la procédure»

Egalement citée pour complicité d’enrichissement illicite, Mame Fatou Thiam, une des filles adoptives de Tahibou, s’interroge sur sa présence dans la procédure. «Un jour, alors que j’étais à mon travail, mon père Tahibou m’a appelée pour me dire que j’avais une convocation de la gendarmerie avec ma sœur. Et jusque-là où je vous parle, je ne sais pas pourquoi je suis dans la procédure», a-t-elle dit. Toutefois, elle a reconnu qu’il y’a une villa R+2 qui est à son nom sis à Mermoz. «Comme je commençais à prendre de l’âge, je me suis approchée de mon père pour l’acquisition d’un terrain. Ainsi, ai-je eu terrain à Ouakam, grâce à son aide», a-t-elle précisé. Invitée à apporter des précisions sur les propos de son épouse et de sa fille adoptive, Tahibou a attrapé une maladie qui a obligé le Président de la Cour de renvoyer l’audience jusqu’à aujourd’hui à 10 heures.

Cheikh Moussa SARR

Voir aussi

direc

[SUIVEZ EN LIVE HD] : Ouverture de la 5ème édition de l’Université Républicaine de la COJER à Saly Portudal