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Pr Amsatou Sow SIDIBE : «Wade a substitué notre texte»

Dès l’annonce de la décision prise par le président de la République d’instruire un projet de loi portant parité sur les listes électorales, les femmes avaient sonné l’alerte en vue d’éviter un dévoiement de leur idée de départ. Avec le rejet, par le Conseil constitutionnel, de la requête du chef de l’Etat passée déjà au Parlement, les combattantes de la cause féminine dénoncent la substitution de leur projet de départ.

Source : Le Quotidien
Fatou Sow Sarr, chercheur à l’Ifan : «On ne peut pas comprendre que le président de la République ait initié une loi non-conforme aux prescriptions de la Constitution»

«Je pense d’abord qu’il y a des précisions à faire. La loi qui a été rejetée n’est pas la loi qui a été présentée par les femmes. Les femmes, quand elles sont venues présenter leur projet de loi, on leur avait dit que le président avait déjà, pour sa part, présenté un projet de loi.

Maintenant, la question qu’on doit se poser est de savoir comment se fait-il que le président ait pu initier un projet de loi avec des spécialistes et qu’il ne puisse pas le rédiger dans les conditions conformes à notre Constitution ? Ne connaissant pas la teneur et comment cette loi a été écrite, il m’est difficile de me prononcer.

Mais, ce que je peux dire, c’est que le projet de loi proposé par les femmes est écrit de telle sorte qu’on ne peut pas parler de discrimination comme on l’a dit aujourd’hui avec la décision du Conseil constitutionnel, parce que cette loi-là pose l’égal accès entre les hommes et les femmes.»

Pr Amsatou Sow SidibE, juriste, directrice de l’Institut des droits de l’Homme et de la paix (Idhp) : «La proposition des femmes a été substituée»

«Je sais que les femmes vont rebondir pour la réalisation effective de leurs droits. Quels sont les arguments qui ont été avancés ? Il faut que je sois en possession de la décision de justice, pour savoir les motifs avancés.

Ce n’est pas le projet de loi que nous avons envoyé qui a été adopté. Ce n’est pas celui qui a été adopté par l’Assemblée nationale. Cela est clair et net et, d’ailleurs, les femmes l’avaient souligné en disant qu’elles avaient fait un projet et que ce n’est pas celui-là qui est passé. Le projet que nous avions fait était préparé par le Professeur Diaw Diouf, El Hadji Mbodj, Ismaïla Madior Fall et moi-même. En tout cas, ce qu’il faut retenir est que notre texte n’est pas passé. Notre idée est passée.»

Aminata Mbengue Ndiaye, responsable des femmes socialistes : «Les conseillers juridiques de Wade n’ont pas fait leur travail»

«Ma réaction sur cette affaire est que la loi a été prise de façon très rapide. Il n’y a pas eu de concertations au niveau national. Il faut aussi dire que les conseillers juridiques du président n’ont pas fait leur travail. Le gouvernement n’a pas fait son travail, le ministre de la Justice non plus, ils n’ont pas donné leur accord pour l’étude de cette loi avant qu’elle passe à l’Assemblée. Ce n’est pas normal qu’une loi arrive devant les parlementaires à 09 h 30 mn. Nous, on nous l’a présenté à midi passée ; avant quinze heures, elle était déjà passée au niveau de la conférence des présidents. A quinze heures trente minutes, elle était déjà passée au niveau de la commission des lois et à dix neuf heures, elle était déjà au niveau de la plénière. Les gens n’ont pas essayé de voir même de quoi il était question dans l’amendement que nous avions proposé. Cela pose tout simplement le principe de concertation qui doit régir les documents de cette nature.

La proposition faite par les femmes était beaucoup plus complète, parce que ce sont des professionnels qui avaient fait cette proposition de loi. La loi qui est venue à l’Assemblée nationale n’est pas celle des femmes. C’est le président de la République qui l’a présentée. J’ai dit depuis le début que les femmes allaient être flouées dans cette affaire, mais on ne me croyait pas. Je savais que c’était pour des raisons électoralistes que cette loi a été proposée.»


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