Confidences

PR SANKHARÉ RACONTÉ PAR LES SIENS

  • Date: 28 octobre 2015

El Hadj Diékité, écrivain poète, ancien diplomate

«Sankharé est mort, mais je dirai qu’on l’a poussé au suicide…»

«Oumar Sankharé était d’abord un frère… Il vient d’avoir 65 ans et vient de prendre sa retraite au mois d’octobre. Il a quitté l’Université, hélas on pouvait bien, à l’instar des autres, lui accorder une prolongation ou bien un contrat à l’instar de ses collègues partis à la retraite comme lui et qui ont été reconduit.

Oumar Sankharé a été sommé par un acte d’huissier à libérer son logement le 27 octobre 2015, et quand il m’a montré ce document, j’ai dit «mais Oumar, ce n’est pas normal, il y a des gens qui libèrent le logement trois, six mois après. J’ai vu des cas de figure à l’université, j’ai vu des cas de figure dans l’Administration même les ministres».

Il m’a répondu : «Je n’opposerai aucune résistance. J’irai dans mon logement à Guédiawaye.» Je lui ai fait remarquer que la maison était louée et il me dit «elle n’est pas louée. Mais je vais remettre ce document à la presse».

Je lui ai dit, à la suite du président Bèye, «non ce n’est pas utile ne soit tristement célèbre. Tu es une valeur sûre, même pas parce que tu es agrégé deux fois, mais tu as apporté quelque chose dans ce pays. Tu as formé des Sénégalais, tu as fait les bonnes têtes, tu peux lever la tête. Et tu peux regarder devant toi. Tu peux être là à contempler ce que tu as fait, les hommes que tu as forgés. Tu as participé à la construction de ce pays. De surcroît, tu es secrétaire général de l’enseignement supérieur…»

Sankharé c’est une grande figure, c’est un monument, il est parti sur la pointe de pieds. Il est parti, mais aussi je dirai qu’on l’a poussé au suicide. Savez-vous que, Sankharé était malade, un grand malade? On prend soin d’un grand malade, on ne le bouscule pas, on ne l’humilie pas.

Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai comparé cela à Pierre Bérégovoy, ancien ministre des Finances du Président François Mitterrand. Vous savez l’humiliation, quand on tente de vous humilier, quand on tente de mettre des conditions morales insoutenables et vous avez des enfants, voilà ce que ça donne. Il faut qu’on apprenne dans ce pays à se respecter. Il ne faut pas qu’on utilise l’appareil dont on détient les manettes pour régler tel problème à la place de ce qu’on ne vous demande pas. Je dis bien, même à la place de ceux qui ne vous le demandent pas.

Il m’a dit à propos de son livre que c’était une démarche intellectuelle et qu’il avait beaucoup d’estime et beaucoup de respect pour Macky Sall. Il me disait : «Je fais partie de ceux qui l’ont soutenu, de ceux qui ont soutenu l’alternance. L’intellectuel, c’est le mouvement, je suis toujours le mouvement.» Merci à toi Sankharé. Que la terre te soit légère et repose en paix ! Parmi des élus de Dieu, repose en paix aussi !»

Elie Charles Moreau, écrivain

«J’invite tout le monde, ses détracteurs et eux surtout à prier pour le repos de son âme»

«Au-delà de Léopold Sédar Senghor et de l’œuvre littéraire qu’il nous laisse en legs comme trace et marque d’immortalité indéniable, ce qui me liait à Oumar Sankharé était ce qui unit des individus conscients qu’ils ont des destins liés et œuvrant à dessein de les conforter et consolider. Je parle de livres et de littérature(s), de la Francophonie et des francophonies, du même penchant pour le questionnement, de la même quête d’aube(s) transparente(s), de la même vision d’un Sénégal culturellement réconcilié d’avec Léopold Senghor. Oumar Sankharé vient de tirer sa révérence.

Certes, il laisse un vide, mais restera présent parmi nous parcequ’ayant ajouté bien des choses à notre humanité : des livres, des thèses, des leçons de bon usage de la langue française, mais aussi des faiblesses et des failles qui, au fond, ne furent qu’autant de gestes et faits nous restituant à nousmêmes. Intellectuel et homme politique, il s’est battu presque toute sa vie, avec constance et romantisme, pour les idéaux et convictions qui étaient les siens.

L’affaire Hissein Habré, le Parti socialiste et son sort du début du millénaire à aujourd’hui, etc. Mais ce qui me liait à Oumar Sankharé, c’était son caractère bon enfant : une fragilité qu’il reconnaissait et assumait tout à fait ou presque. Là réside, probablement, le secret et les raisons qui ont présidé à la rédaction et à l’édition d’un livre qui suscita tellement de polémiques, de levées de bois vert, de médisance et autres expressions d’intolérance humaine.

Il est heureux qu’entre-temps les circonstanciés «soldat de la foi» soient revenus à de plus humbles sentiments. D’autant que le dernier mot et le pouvoir absolu, les pouvoirs éternel et réel, ne sont que de l’ordre du divin. Et alors ? Inviter tout le monde (même ses détracteurs et eux surtout) à prier pour le repos de l’âme de Oumar Sankharé et prier encore et en chœur à fin que la miséricorde et les grâces d’Allah l’atteignent.»

Malick Ndiaye

«Dieu l’a repris pour le protéger contre les injustices et les humiliations»

«Dieu l’a repris pour le protéger contre les injustices et les humiliations de son université. Et donc, c’est Dieu qui a réparé les fautes de l’université. Il y a deux mois de cela, nous avons interpellé les universités avec plus de 25 collègues sur la dégénérescence rapide des retraités parce que dès que vous êtes retraité à l’université, vous commencez un processus de dégénérescence sauf évidemment ceux qui avaient migré dans l’appareil d’Etat, dans les sociétés nationales ou les partis. Ceux-là sont-ils plus ou moins bien.

Mais ce n’est pas le cas de ceux qui sont restés des professeurs avec les grades les plus élevés jamais connus comme cet homme qui a marché sur les traces de Senghor… Dieu a repris Sankharé, mais c’est la protection ultime du créateur à sa créature.

Par conséquent, Sankharé est dans l’appartement que malheureusement on lui refusait à l’université, l’appartement de Dieu est le meilleur appartement. Nous avons avec nos collègues l’intuition que les retraités devraient être défendus rapidement que ceux qui vont aller à la retraite doivent être couverts et on ne pouvait pas savoir que c’est au jour du décès de Sankharé que la vérité de ce désastre s’étalera à la face de ce monde.»

Mariama Ndoye, conservateur du musée Senghor

«Il ne tombera pas dans l’oubli»

«Omar Sankharé nous a quittés. Personnellement, je le pleure en tant qu’ancienne de Lettres classiques de la Faculté des Lettres de l’université de Dakar. Lorsqu’il faisait la licence, nous, nous étions en première année. Il était un grand frère. Il était toujours humble, souriant, disponible.

Personnellement, je l’ai adopté dans mon comité scientifique pour le musée Senghor et il était d’un grand apport. Nous avons perdu un ami, un homme brillant. Je pense qu’il ne tombera pas dans l’oubli. Parce qu’il faisait un métier passionnant qui est l’enseignement. Et lors- qu’on enseigne du savoir à des élèves, on ne tombe pas dans l’oubli parce qu’on reste dans la mémoire de ses élèves. Et il a formé des générations et des générations.»

Le Quotidien

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15