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PREMIER LEAGUE Leicester City sacré champion d’Angleterre

Comme la Juve, la semaine passée, c’est hors du terrain que Leicester City a remporté son championnat domestique, après le nul de Tottenham à Chelsea. Une conclusion feutrée qui n’enlève rien à l’un des plus grands exploits de l’histoire du football.

Ce qui n’était qu’un vague rêve au début de l’hiver s’est mué, quelques mois plus tard, en inéluctable épilogue. Au soir de la 36e journée de Premier League, Leicester City est devenu, au nez et à la barbe des cadors, le champion d’Angleterre de football 2016. Une conclusion improbable qui risque de coûter cher aux bookmakers anglais mais qui vient surtout faire souffler un vent de fraîcheur sur le plus vieux championnat du monde.

À l’heure de la toute puissance financière du football anglais, la victoire de Leicester et de son onze titulaire à bas coût vient redonner au ballon rond cette petite touche d’inattendu. Depuis 1995 et le sacre de Blackburn Rovers, la Premier League n’avait plus quitté l’escarcelle du Big Four (Chelsea, City, United et Arsenal).

Dire que Leicester a réalisé un exploit relève de l’euphémisme. Dans cette ville corps et âme dédiée au rugby et à ses Tigers, les Foxes ont réussi à se faire une place dans le cœur des supporters. Un défi relevé avec brio, auréolé de succès historiques face aux gros du championnat.

Un comportement de champion

Au King Power Stadium, Chelsea (2-1) et Liverpool (2-0) n’ont rien pu faire et Tottenham (1-1), Manchester United (1-1) et Manchester City (0-0) ont aussi perdu des points. Mais c’est surtout à l’extérieur que Leicester City a construit son sacre : 11 succès en 18 rencontres, et des victoires significatives face à Tottenham (0-1) et aux Citizens (1-3), au cœur de l’hiver, qui ont assis son statut de prétendant.

Surtout, dans le sprint final, Leicester n’a pas failli. Avec 11 points récoltés sur 15 possibles lors des cinq dernières rencontres, les Foxes ont tout simplement réalisé la meilleure série de tous les clubs engagés en Premier League sur la période.

Cette solidité est l’œuvre d’un collectif brillant, certes, mais dont le potentiel a été parfaitement exploité par un homme : Claudio Ranieri. Installé dans les Midlands de l’Est depuis juillet 2015, le technicien italien a trouvé la formule pour insuffler la combativité qu’il manquait jusqu’alors à cet effectif. L’ancien coach de Monaco, débarqué des commandes de la sélection grecque en novembre 2014après une défaite face aux Îles Féroé, restait sur un échec majeur. Un an plus tard, il a décroché le plus beau des triomphes.

Ranieri mais pas seulement

Sur le pré, ses joueurs ont explosé. Jamie Vardy, tout d’abord, à la pointe de l’attaque. Débarqué à Leicester en 2012, « The Cannon » n’avait pourtant rien d’un cador. Des débuts professionnels sur le tard, à 25 ans, et une première saison en demi-teinte (quatre réalisations en 26 apparitions) avaient fait de lui un joueur quelconque de la D2 anglaise. Pourtant, trois ans plus tard, il a crevé l’écran à l’échelon supérieur avec 22 buts inscrits en 34 matches.

Que dire également de Riyad Mahrez… L’Algérien, sacré joueur de l’année en Premier League, a marqué à 17 reprises et éclairé de sa patte gauche le jeu de son équipe. Au point, aujourd’hui, d’être sur les tablettes des plus grands clubs européens.

Et dans son sillage, le Français Ngolo Kanté a pris une nouvelle dimension dans l’entrejeu. Meilleur tacleur du championnat anglais, il a brillé tout au long de la saison par sa capacité à lire le jeu et intercepter les ballons adverses. Jusqu’à prétendre fort logiquement à une place dans le milieu de terrain des Bleus de Didier Deschamps, à un mois de l’Euro-2016. Ces trois joueurs, qui symbolisent à eux seuls la réussite de Foxes pleins de hargne, ont écrit l’une des plus belles pages de l’histoire du football.

L’an prochain, Leicester remettra son titre en jeu et découvrira les joutes européennes en Ligue des champions. Un défi de taille, mais qui pourrait donner envie à King Power, le groupe thaïlandais propriétaire du club, de donner une nouvelle dimension à cette belle aventure. Les 32 000 supporters du stade éponyme en salivent déjà.

Georges Emmanuel Ndiaye avec France24

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