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PRESENTÉE COMME UNE DEMANDE SOCIALE L’approche politicienne, un frein à la reddition des comptes

L’Inspecteur des Impôts et Domaines, Ousmane Sonko, qui avait dénoncé le non-respect par l’Assemblée nationale, du versement des taxes au trésor public, promet de faire d’autres révélations, ce vendredi.

Cette conférence de presse va se tenir au moment où tous les Sénégalais se demandent comment les auditions sur le supposé protocole de Rebeuss ont pu être programmées et reportées aussi facilement. Pis, l’opinion est encore secouée par les conditions de la libération de Karim Wade lesquelles frisent le scandale. Toutes choses qui ont un dénominateur commun : la difficulté, pour les autorités sénégalaises, de répondre, favorablement, à  ce qui a été présenté comme une demande sociale à savoir la reddition des comptes. Il faut souligner que l’État avait amorcé son virage à 180° quand il avait décidé de limoger le Procureur spécial Alioune Ndao. Un homme qui avait pris à bras le corps la guerre contre ceux qui s’étaient supposés enrichis illicitement, avec beaucoup de zèle. Il a tenu à aller jusqu’au bout des poursuites. Ce qui, manifestement, n’a pas plu à la hiérarchie qui l’a défenestré en plein procès de Karim.

Depuis, à part Abdoulaye Baldé, aucun dossier impliquant de hauts responsables n’a été instruit. Et même, s’agissant du dossier du Maire de Ziguinchor qui a été placé sous contrôle judiciaire, il a été manifestement rangé aux oubliettes. Depuis, les choses ont trainé. La maitresse d’œuvre Aminata Touré avait quitté le ministre de la Justice pour la Primature avant de connaitre le sort qui est le sien. Le procès de Karim s’est poursuivi néanmoins pour aboutir à une condamnation et à des amendes importantes. Mais, ce qui cloche, ce sont les conditions de sa libération même si les Nations-Unies avaient dénoncé les péripéties de son incarcération surtout avant son jugement. Entretemps, tous les compagnons de Karim ont été libérés, Aida Ndiongue et ses co-accusés de même. Sans oublier Tahibou Ndiaye.

Finalement, la traque s’est essoufflée avant d’entrer en agonie. Elle va bientôt être oubliée. Comme du reste du temps d’Abdou Diouf qui avait imaginé cette artillerie lourde de lutte contre la corruption qui est la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei).

Et Wade n’avait fait mieux en la matière. On connait la suite des dossiers ouverts en grande pompe de l’ancien Directeur des chemins de fer, Mbaye Diouf, et bien d’autres personnalités du régime socialiste d’alors.

Transhumance « forcée »

En réalité, c’est l’approche politicienne qui fait capoter les choses. Tout se passe comme si les menaces de poursuites judiciaires et même les poursuites ne sont faites que pour apeurer l’adversaire et le pousser à rejoindre ses rangs. La Justice semble être ici, l’arme de prédilection des différents présidents du Sénégal excepté Senghor qui avait d’autres préoccupations même s’il a certainement longtemps porté sur la conscience l’Affaire Mamadou Dia.

Qu’elle soit la Division des investigations criminelles (Dic) ou d’autres structures de la police judiciaire comme la Brigade de recherches, les enquêteurs sont lancés aux trousses des hommes politiques par des Procureurs de la République ou spéciaux qui obéissent aux injonctions des ministres de la Justice. Une méthode très efficace de favoriser ce que l’on peut appeler « la transhumance forcée ».

L’ancien ministre de l’Intérieur, Ousmane Ngom, les anciens Ministre Awa Ndiaye, Innocence Ntap Ndiaye, Bécaye Diop,  aujourd’hui, le revirement de Samuel Sarr et de toutes ces personnalités ne peut s’expliquer, simplement par des opérations de charge de Macky Sall et sa capacité de persuasion. Il y a, en toile fond, le désir d’acquérir certains privilèges mais surtout d’éviter des ennuis comme les autres astreints à des interdictions de sortie et autres déboires.

Et Macky de théoriser la transhumance et d’accueillir pas mal de personnalités venus du Parti démocratique sénégalais (Pds), de Rewmi et même de partis alliés.  Conséquence, aujourd’hui, personne ne croit plus à la reddition des comptes.

Force est, en effet, de reconnaitre que le calcul électoraliste prime sur tout le reste. L’objectif majeur n’est pas forcément de réprimer les manquements à la gestion des deniers publics et certains actes de prévarications mais de créer les conditions d’une transhumance rapide.

C’est pour cela que la Justice réclame son indépendance pour laver son honneur, elle qui a toujours servi de bras droit aux manœuvres. Mais ce n’est pas demain la veille.

Assane Samb

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