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Presidentielle de 2019 Mankoo n’est pas astreint à une candidature unique

REWMI.COM- La polémique née des propos de Bamba Fall, se soumettant au leadership d’idrissa Seck patron de Rewmi et alimentée par voie de presse, fait craindre, au niveau de Mankoo, le spectre de l’éclatement de Benno à la présidentielle de 2012.

Les divergences entre Tanor et Niass avaient, à l’époque, suscité dégoût de la part des électeurs qui a fait perdre aux deux camps en faveur de Macky.
Aujourd’hui, alors que la candidature de Khalifa Sall est plus qu’incertaine, on peut se demander s’il est forcément nécessaire, ou à la limite préférable pour sa coalition Mankoo Taxawu Senegal d’avoir un seul candidat.

Bien sûr, la candidature unique a ses charmes. Elle crée chez les électeurs un sentiment de confiance à l’égard de leurs leaders qui ont su se faire confiance. Cela montrerait, à leurs yeux, que seul l’intérêt supérieur des Sénégalais les préoccupe. Et ces électeurs pourraient davantage leur faire confiance. Cette candidature unique va aussi permettre à ces hommes politiques de mutualiser les efforts, notamment d’ordre stratégique mais surtout financier.

Car, faut-il le rappeler, la caution de 65 millions fait peur aux candidats. Pis, il faut désormais des centaines de millions pour engager une campagne électorale digne de ce nom dans un pays où de plus en plus, le vote est commercialisé. Face en effet aux gros moyens des tenants du pouvoir, tout opposant digne de ce nom doit pouvoir investir toutes les régions et localités les plus reculées. Et ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Mieux, l’union fait la force et c’est la longueur d’avance que Benno Bokk Yakaar a sur l’opposition : Elle a déjà son candidat qui fait l’unanimité.
Cependant, la candidature unique n’est pas forcément la panacée pour l’opposition.

On peut penser que l’intérêt du pouvoir, comme aux législatives, est de voir l’opposition s’éclater en plusieurs candidatures. Mais la présidentielle a ses propres réalités.

Au premier tour, l’Opposition peut s’aventurer à avoir deux ou plusieurs candidats comme cela avait été le cas en 2012 avec Benno contre Wade.
Bien sûr, il y a un brin de risque, mais cela a son charme pour un éventuel second tour où les adversaires de Macky pourraient ainsi se retrouver.
On peut comprendre qu’un leader comme Malick Gackou ait envie de se mesurer après son échec aux législatives à Guédiawaye. La sortie des jeunes de son parti est une démarche classique au sein de nos formations politiques où ces derniers sont souvent instrumentalisés pour annoncer les décisions difficiles.
Toutefois, la diversité de candidature a cependant cela de dangereux qu’elle ne doit pas se traduire par une rupture aux allures de divorce. Si l’animosité entre leaders est portée à son paroxysme, cela pourrait annihiler les chances de retrouvailles à un éventuel second tour.
Pis, si la dispersion est trop grande, cela n’aura pour conséquence que de renforcer le camp présidentiel qui veille au grain.

Tout pour dire qu’une élection se gagne en partie avant la date butoir. Une bonne stratégie de la part des Etats-majors politiques se traduit, au Sénégal, par une intelligente gestion de la multiplicité des partis politiques qui sont aujourd’hui au nombre de 281.

Les coalitions de coalitions instaurées, les candidatures indépendantes, les jeux compliqués d’alliance, sont des opportunités pour les uns et des pièges pour les autres.

Ceux qui ne sauront pas bien manœuvrer dans ce kaléidoscope de partis et de mouvements politiques, pourraient amorcer un faux départ. Et à ce propos, aucune coalition n’est à l’abri.
Ce qui est constant, aujourd’hui, dans notre pays, est qu’aucune alliance n’est jamais sûre. Les adversaires d’aujourd’hui sont les amis de demain, et vice versa.

Dans ce jeu d’alliances et de contre-alliances, seuls ceux qui seront plus habiles pourraient s’en sortir vainqueurs.

En conséquence, cette polémique enclenchée entre Idy et Gackou n’est pas de bon augure. Il serait important à mon avis que les leaders concernés sortent de leur silence pour remettre les pendules à l’heure. Mais, encore faudrait-il qu’ils soient animés d’une réelle intention de chevaucher ensemble.

Assane Samb/Rewmi quotidien

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