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‘Présidents d’Afrique’: le rappeur Awadi fait chanter Sankara et Mandela

Des « Présidents d’Afrique » comme le Burkinabè Thomas Sankara ou le Sud-Africain Nelson Mandela « posant » leurs voix sur fond de rap. Ce sera à la fois un album, un film et un spectacle signés Didier Awadi, rappeur sénégalais et panafricaniste engagé. « Ce sera un album pour le mois de novembre, un film aussi un peu plus tard, un site internet en même temps que l’album. Il y a également un spectacle dont l’avant-première est prévue le 14 octobre » en France, explique à l’AFP Awadi, 38 ans, un des pionniers du rap sur le continent.
Le projet est fondé sur « les discours de tous les pères fondateurs de l’Afrique » indépendante et des penseurs de la diaspora, dont plusieurs défunts.

Sankara, assassiné en 1997, et Mandela, légende vivante, y figurent avec le savant sénégalais Cheikh Anta Diop, les pères de l’indépendance Modibo Keïta (Mali), Patrice Lumumba (actuelle République démocratique du Congo), Julius Nyerere (Tanzanie), Jomo Kenyatta (Kenya), de même que le Martiniquais Aimé Césaire, les Américains Malcolm X et Martin Luther King.

Ce sont des gens « que nous, nous considérons comme des présidents, même si certains ne l’ont pas été (…). Des gens de ce gabarit font des +featuring+ (collaborations) avec des jeunes » artistes ou groupes, via des archives sonores.

La liste des invités du rappeur est à l’instar des figures historiques convoquées: panafricaine et panafricaniste. Un peu à l’image d’Awadi lui-même. Fils d’un Béninois et d’une Capverdienne, il est né à Dakar et a grandi ouvert sur l’Afrique, l’Europe et les Etats-Unis.

Habitué à s’entourer de différentes nationalités depuis son groupe, Positive Black Soul (PBS), le rappeur n’a eu, pour se faire accompagner dans son projet, qu’à puiser dans son carnet d’adresses.

Ainsi, « Sankara fait un featuring avec Smockey (rappeur burkinabè, NDLR) et moi-même. Modibo Keïta (…) avec Tata Pound, Babani Koné (groupe et cantatrice maliens, NDLR) et moi-même », indique-t-il.

Smockey et Djo Dama, de Tata Pound, sont comme Awadi membres du collectif « Artistes unis pour le rap africain (Aura), engagé pour les droits de l’enfant en Afrique.

« Les voix originales » des dirigeants décédés viennent des archives sonores recueillies « dans une trentaine de pays africains (…), en trois ou quatre ans de travail sur le projet », dit-il, évoquant la « chance ».

Considérant le piètre état de conservation des archives dans certains pays, faute de moyens, de technique, ce travail documentaire représenterait plutôt un miracle.

Dans cette quête de données soutenue par « plein d’institutions », révèle-t-il, et marquée par des « concerts, ateliers, enregistrements (…), on avait un studio mobile, les caméras, tout ce qu’il fallait pour faire le film, l’album et aussi assez d’archives pour faire un site internet. »

« Il faut que l’histoire africaine se démocratise, qu’un étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop (Dakar) sache réellement qui est Cheikh Anta, que le jeune de Kin’ (Kinshasa) sache qui est Lumumba, que celui de Ouaga (…) sache quel est le vrai travail de Thomas Sankara, que les Maliens n’oublient pas le vrai travail de Modibo Keïta. C’est ça, le but du projet », déclare-t-il.

Si le calendrier est plutôt clair pour l’album, le site et le spectacle, il reste plus flou pour le film, avoue le rappeur-réalisateur.

« Pour le moment, on a beaucoup de rushes, on va continuer à tourner dans les mois qui viennent. J’aimerais faire un documentaire à la Michael Moore, mais vraiment un film qui va secouer le cocotier. C’est ça, le but du jeu. »


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