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Présumé meurtrier de l’étudiant Bassirou Faye : Tombon Oualy invite le coupable à se livrer avant qu’il ne soit trop tard

Tombon  Oualy, accusé du meurtre de l’étudiant Bassirou Faye, se veut serein. S’il a jugé utile de rester  tranquille dès l’éclatement de l’affaire pour ne pas froisser la hiérarchie, la donne a changé depuis le réquisitoire définitif du procureur et la dernière sortie du Président Macky Sall, annonçant l’organisation du procès de l’affaire de Bassirou Faye en octobre prochain. Tombon Oualy invite le coupable à se dévoiler avant qu’il ne soit trop tard.

Dans une missive qu’il a fait parvenir à son frère Mamadou Sèye Oualy et dont nous avons copie, Tombong Oualy dit accueillir «avec foi, sérénité  et philosophie les informations relatées par la presse à propos du réquisitoire  définitif   du procureur  sur l’affaire Bassirou Faye». En effet, il dit se soucier beaucoup plus de choses plus importantes et sérieuses que ce réquisitoire.

Dans sa lettre, Tombon Oualy  exprime ses principaux soucis  aux membres de sa famille et s’inquiète principalement du sort des citoyens qui n’ont pas la chance de s’appuyer sur leur poids politique ou leurs appartenances aux grandes familles religieuses du pays pour jouir d’un minimum de considération. Se fondant sur la façon dont il a été jeté en pâture depuis le début de l’affaire, il considère qu’on veut le faire passer aux yeux de l’opinion comme un irréfléchi,  un inculte, un anarchiste, un  mercenaire, un cowboy, «une personne qui joue au Rambo dans des situations aussi délicates qu’une opération  de maintien de l’ordre en milieu estudiantin où les manifestants sont de pauvres étudiants non armés qui ne faisaient que réclamer  des bourses dérisoires».

Tombon rappelle ses hauts faits d’armes dans la Gendarmerie et la Police

«A-t-on perdu de vue que Tombon  est issu du monde estudiantin ?», s’interroge d’emblée le présumé meurtrier de Bassirou Faye dans le but de clore le débat sur son implication dans la mort de l’étudiant. Décidé à se laver à grande eau, il enchaine par une multitude de questions :«Oublie-t-on que Tombon a interrompu ses études universitaires pour s’engager  volontairement dans l’Armée.  A-t-on jeté on œil objectif sur son cursus militaire ? S’est-on intéressé  au fait que lors de sa formation  initiale du combattant il est sorti Major de sa Compagnie d’instruction avec une moyenne de 18,88 /20, 1er sur 250 recrues et 5ième  sur 1000 recrues ? Qu’au  terme de ladite formation, il avait en guise d’encouragement  le choix pour servir tout corps dans l’Armée ? Qu’il a choisi la Gendarmerie tenant compte  de ses bases juridiques ? A-t-on consulté le journal  du 12ième Bataillon intitulé l’Appel du Bois Sacré en 2010 pour voir un article sélectionné  à la suite d’un concours de rédaction que Tombon a rédigé?». Cet article, renseigne-t-il avec fierté, paru à côté de celui de l’actuel aide de camp du président de la République dans le journal a fait le tour des Ecoles et Camps militaires du Sénégal. «A-t-on lu un témoignage de feu Colonel Sidy Sady sur un exemplaire de son livre «La Gendarmerie Sénégalaise  et son rôle dans la consolidation de l’Etat» que ce dernier a offert  à Tombon et en écrivant : «je dédie ce livre au Gendarme Auxiliaire Tombon Oualy  que j’encourage  vivement dans la  vie  de l’excellence». Sait-on que Tombon Oualy est classé 3ième  sur 249 stagiaires  avec une moyenne de 19,10 lors de sa formation  en qualification  d’armée au Centre d’Instruction  de la Gendarmerie ? Sait-on  que pour récompenser Tombon  pour sa discipline  et sa rigueur dans le travail, l’Ex-Directeur de l’Ecole des Officiers de la Gendarmerie (Eogn) avait proposé (à Tombon et au Haut  Commandement de la Gendarmerie)  d’inscrire  Tombon  et deux de ses collègues auxiliaires à l’Académie  Internationale des Hautes Etudes de la Sécurité (AIHES) pour l’obtention au moins d’une licence  en la matière ?  A-t-on  lu le fil  de discussion  de cet officier  supérieur avec Tombon sur Facebook pour savoir la vision de la formation  que ces  deux hommes partageaient ? Sait-on que Tombon s’inspire des pensées d’illustres dirigeants africains tels que Thomas Sankara qui disait qu’«Un militaire qui n’a pas reçu une formation idéologique et politique est un criminel en puissance», au moins pour savoir la place qu’occupe la dignité humaine chez lui? A-t-on pris le soin de s’approcher de l’Ondh, de la Gendarmerie pour connaître les vraies raisons de sa démission en pleine formation à l’Ecole des sous-officiers de la gendarmerie (Esog)? D’aucun ont tenté de dire qu’il ne pourrait pas tenir les rigueurs dans la formation.

Doute-t-on des compétences de la Police qui l’a formé ?

«N’y a-t-il pas de rigueur dans la formation à l’Ecole de Police que Tombon a non seulement subie, mais à la laquelle il a participé en aidant les encadreurs à dispenser des cours d’instruction militaire de base à ses camarades de promotion issus du concours direct comme lui. Il dirigeait les séances de sport, et aspirant à plus de rigueur il se détachait des élèves cadres pour courir chez les élèves agents. Sait-on que pour accéder à la Police Tombon a réussi un très sélectif concours niveau bac où 25 places seulement étaient convoitées par plus de 3000 candidats ? Sait-on que Tombon a été toujours sélectionné pour participer au cérémonial militaire lors des évènements d’envergure tels que les installations des Directeurs Généraux de la Police tels  Abdoulaye Niang et Anna Sémou Faye et les couvertures sécuritaires de grands événements tels que la visite du Président Obama à Dakar alors qu’il n’était qu’élève en 1ere année à l’école de Police ? Sait-on que Tombon est très regardant sur la discipline des hommes sur le terrain ?

Tombon, un homme au grand cœur, d’après sa famille

«Comme toute personne, Tombon a connu des hauts et des bas, il a des qualités comme des défauts (…) A-t-on mis sur la balance d’un côté le temps que Tombon passait au travail et d’un autre celui qu’il passait auprès de sa famille pour mesurer son dévouement ? Il disait toujours que son travail est un sacerdoce. D’ailleurs, le jour de la Tabaski 2014, il était en service commandé à la Grande Mosquée  de Dakar, où  le Président et beaucoup de fidèles sacrifiaient à la tradition. S’est-on demandé durant ses deux années de service militaire combien il percevait par mois ? Sait-on pourquoi il séchait des cours à l’université pour aller puiser de l’eau pour sa mère, ses frères et sœurs au moyen de bidons 20 litres à 30 litres tous les soirs dans un robinet public mais avec fierté ? Sait-on qu’il est le seul fonctionnaire de sa famille sous couvert de sa maman qui ira à la retraite en fin août ? A sa famille, il répète tout le temps que si c’était lui, il se serait livré sans problèmes. Puisque dit-il, il n’a pas fait toutes ces formations militaires et paramilitaires pour se retrouver à bander les muscles et à jouer au dur sans avoir le courage d’assumer une quelconque bavure ou forfaiture. Croyant au destin,   il évoque tout le temps l’histoire du Prophète Joseph. Estimant qu’il pouvait être à la place de Bassirou Faye,  il pense à la douleur qu’aurait ressentie sa famille de perdre  un soutien  de famille  à la fleur de l’âge, surtout dans de pareilles circonstances. La vie d’une personne et la liberté constituent deux choses sacrées à ses yeux. C’est pourquoi, il souhaite que les victimes de cette affaire se limitent au défunt Bassirou Faye et à lui.

«Il invite  le coupable  à  se livrer avant qu’il ne soit trop tard»

Invitant les gens à faire preuve de foi et de raison et à penser au jour du jugement dernier, Tombon Oualy considère que son sort peut arriver à tout un chacun et qu’il ne le souhaite à personne. C’est pourquoi il s’indigne du silence coupable de certains. Pour lui, une erreur judiciaire  est non seulement regrettable pour nos institutions, mais elle constitue un précédent  dangereux pour l’avenir  de toute l’humanité. Avant qu’il ne soit trop tard, il invite  le coupable  à  se livrer  dignement pour l’amour de Dieu. Car, dit-il,  la honte réside  moins dans  la forfaiture  que dans la reconnaissance et l’excuse.

Aux policiers : «Que chacun dise à son niveau de responsabilité ce qu’il a réellement vu ou fait»

Parlant de responsabilités, Tombon Oualy affirme que dans le cas d’espèce,  celles-ci sont partagées. La responsabilité de toute personne sur le théâtre du drame est engagée. «Que chacun dise pour tout moyen qu’il juge adapté à son niveau de responsabilité ce qu’il a réellement vu ou fait. La justice a besoin de cela pour élucider cette affaire. Car le chemin de Dieu est celui de la vérité, aucun mensonge n’est éternel», dit-il. Quiconque s’attache au pouvoir, au prestige ou à un strapontin pour mentir sous l’autel de la liberté de son prochain au sujet de la mort d’homme doit  se rappeler que les tourments de la tombe et le jugement  dernier ne sont pas des mythes. «Il se verra châtié  ici-bas et dans l’au-delà. L’être humain est la créature la plus sacrée aux yeux de Dieu».

Ce sont là les détails de la lettre que Tombon Oualy a envoyée aux membres de sa famille. Il soutient qu’il a dit tout sur ce qu’il savait à propos de la mort de Bassirou Faye aux enquêteurs et à la Justice.  

L’As

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