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PREVENTION CONTRE LE VIRUS ZIKA-UNE MALADIE MECONNUE PAR LES SENEGALAIS

En plus des maladies diarrhéiques, le paludisme, le virus Ebola, l’accent est mis sur la prévention du Virus Zika en cette période hivernale au Sénégal. Présent en Afrique  plus précisément au Cap vert, et récemment en  Guinée-Bissau, le Sénégal n’est pas à l’abri. Cependant le travail de sensibilisation devrait être renforcé chez les populations qui méconnaissent l’existence d’une telle épidémie. Un tour dans les quartiers dits populaires de Dakar, nous a permis de constater l’étendu de la méconnaissance de la maladie.

«Pour se protéger d’une maladie, il faut le connaître», souligne un adage.  Cependant pour le virus Zika, ce n’est pas le cas chez la population sénégalaise qui  méconnaît la pandémie, contrairement à la maladie hémorragique à virus Ebola.  Quelques personnes interpellées, nous ont permis de mesurer l’étendu de la méconnaissance de la maladie. La tendance est à la négation et certaines personnes se sont demandées, c’est quoi encore ce malheur ? «Je n’ai jamais entendu parler de cette maladie, ni à la télé, ni à la radio», nous fait savoir un homme, la quarantaine, assis dans son magasin, au quartier grand Dakar.

Pour Moustapha Sall: « de plus en plus, on nous parle de maladie à virus. Avec Ebola, c’était la panique dans le pays et aujourd’hui, on revient avec le virus Zika. Je ne comprends pas comment avec l’évolution des progrès, ces genres de maladies peuvent être présentes chez les populations».  Pour un autre interlocuteur, la sensibilisation pour cette maladie n’est pas arrivée à leur niveau. « Y a-t-il encore une autre maladie dangereuse? Est–elle plus grave qu’Ebola ? Est-elle présente dans notre pays ?» tant d’interrogations soulevées par Idrissa Diamé, la peur au ventre, il craint déjà pour sa famille.

La maladie provoquée par le virus Zika, détecté pour la première fois chez un singe en Ouganda en 1947, la consommation de viande des animaux sauvages reste une préoccupation. « Le Sénégal est entouré par plusieurs forêts et savanes. La chasse demeure une activité chez des populations surtout au centre. Si, on continue de nous parler de ces animaux, il va y arriver que les gens auront même peur de consommer de la viande, qu’elle soit celle du bœuf ou de volaille » s’empresse t-il de dire.   La même préoccupation se lit sur le visage de son voisin qui bien qu’entendu, ignore les modes de préventions et de contamination de la maladie. «On nous parle d’une nouvelle découverte, le virus Zika qui est présent au Cap vert. Mais, on ignore la contamination et comment se manifeste la maladie», a déclaré Mor Sarr.

Pour le Sénégal, l’heure est à la prévention du fait que le virus est présent dans la sous région. Au niveau des autorités mondiales de la santé, les seuls cas ayant été signalés sur le continent depuis le début de l’épidémie qui frappe l’Amérique, se trouvent au Cap-Vert et tout récemment en Guinée-Bissau avec 4 cas décelés selon un communiqué du ministre de la santé dudit pays. Pour l’heure, l’Oms avance que l’on ne sait pas s’il s’agit du génotype africain ou bien du génotype asiatique.  « Nous allons prendre en charge le virus Zika dans la prévention sur les maladies hivernales. Comme c’est une maladie qui est causée par une piqûre de moustique, nous conscientisons les gens à dormir sous moustiquaire imprégnée pour éviter des piqûres, mais aussi adopter les règles élémentaires d’hygiène », fait savoir le major Alla Ngom lors du lancement de la campagne pour la prévention des maladies hivernales dans la commune de Yoff. L’agent du service d’hygiène estime que, ce qui a sauvé le Sénégal d’une catastrophe lors du cas signalé de la maladie hémorragique à virus Ebola, demeure la forte sensibilisation. «La population était conscientisée sur les règles à adopter pour faire face à la maladie. Et dans toutes les localités, on a vu l’implication de toutes les couches de la société pour amener les Sénégalais à respecter les règles primaires d’hygiène » a-t-il réaffirmé.

Le format de lutte pour cette maladie lors de cette phase II, du programme «fagaru» va épouser celui du paludisme avec l’utilisation de moustiquaires imprégnées, le saupoudrage dans les quartiers envahis par des moustiques, des eaux usées. Au niveau du ministère de la santé, des précautions ont été prises. Selon une source du conseil national de gestion des épidémies, les structures de santé du pays ont été préparées pour la détection de la maladie avec un accent sur les régions de Kédougou, Vélingara à cause de la densité de la forêt. « Ces régions sont susceptibles d’être la porte d’entrée de la maladie. La chasse y est très développée ainsi que la consommation de viande tirée de ces milieux. Nous avons renforcé l’alerte et la veille et les agents de santé et les relais communautaires sont sur leurs gardes», fait savoir la source.

UNE MALADIE REDOUTABLE MAIS PAS INVINCIBLE

Le Virus Zika a fait son apparition en 2015 au Brésil en Amérique Latine et a déjà touché plus de 1,5 million de brésiliens, en janvier 2016, selon des sources de (l’Oms) qui a décrété que l’épidémie constitue «une urgence de santé publique de portée mondiale». En Afrique, on le retrouve au Cap Vert. Selon certains spécialistes de la santé, la maladie était présente dans le continent noir depuis très longtemps, mais sous d’autres formes. Le journal Sud quotidien, fait découvrir à ses lecteurs cette maladie qui crée la frayeur et la panique chez la population sénégalaise qui, dans sa majorité, l’ignore.

LE VECTEUR

Le Zika est un arbovirus transmis par la piqûre de moustiques du genre Aedes (aegypti ou albopictus). De la famille des flavivirus, comme ceux de la dengue ou de la fièvre jaune, le Zika a été identifié pour la première fois chez un singe macaque rhésus dans une forêt ougandaise en 1947. Il a ensuite été isolé chez l’homme en 1952, en Ouganda et en Tanzanie.

COMMENT RECONNAITRE LA MALADIE ?

Le virus Zika est une maladie silencieuse. Les symptômes, existant, apparaissent trois à douze jours après la piqûre, sous forme d’éruption cutanée avec ou sans fièvre. A cela peuvent s’ajouter de la fatigue, maux de tête et courbatures, laissant penser à un syndrome grippal. Le virus peut aussi se manifester par une conjonctivite, un œdème des mains ou des pieds. Ces symptômes disparaissent généralement en deux à sept jours, précise l’Organisation mondiale de la santé (Oms). La détection de la maladie peut se faire  par des analyses sanguines, d’urine ou de salive. Cependant selon les spécialistes de la santé, la fenêtre est courte. «Le virus est présent dans le sang entre trois à cinq jours, dans les urines pendant environ dix jours, dans la salive entre trois à cinq jours. Il n’y a pas de données sur le lait maternel», relève-t-on dans un entretien réalisé par le journal le monde.fr sur la maladie.  Pour ce qui concerne le traitement, il est aussi symptomatique puisse qu’on soigne les symptômes et les cas se termine sans séquelle. Pour ce qui est de la contamination homme à homme, une telle hypothèse n’est pas encore décelée. Cependant force est de noter, qu’il n’existe pas encore de vaccin, ni de médicaments pour prévenir la maladie.

LES RISQUES POUR UNE FEMME ENCEINTE ?

C’est l’un des principaux sujets de préoccupation. Même si la preuve n’est pas encore formellement établie selon les spécialistes de la santé, il est désormais ouvertement probable qu’une infection par le virus Zika pendant la grossesse peut entraîner de graves anomalies du développement cérébral, comme les microcéphalies (trop petite taille du cerveau et du périmètre crânien, souvent associée à des lésions cérébrales). Les atteintes les plus sévères peuvent conduire à une mort in utero ou dans les premiers jours de vie.

LES AUTRES COMPLICATIONS DE L’INFECTION  A VIRUS ZIKA ?

La survenue d’un syndrome de Guillain-Barré (SGB) est l’autre motif de préoccupation. Dû à une atteinte des racines nerveuses, ce syndrome associe des douleurs – musculaires et sur des trajets de nerfs –, des troubles sensitifs (picotements…) et surtout des paralysies d’intensité variable. Après une phase d’extension et de plateau, qui peut durer plusieurs semaines, les signes disparaissent dans 80 % des cas. L’atteinte des muscles respiratoires est la plus redoutée : elle conduit à une assistance respiratoire chez environ 20 % des malades.

ZIGUINCHOR VEILLE 

Pour la région de Ziguinchor, pays frontalier avec la Guinée Bissau qui a enregistré tout récemment des cas de virus Zika, la vigilance reste toujours de mise. La fermeture des frontières n’est pas envisageable par les autorités sénégalaises qui ont mis en place des stratégies de veilles et d’alertes. La sensibilisation reste ainsi de mise et les autorités sanitaires appellent à plus de vigilance.  Au niveau de la région médicale de Ziguinchor, des fiches techniques ont été envoyées, comportant toutes les informations pour déceler la maladie, mais aussi pour les premiers soins. « Les structures de santé sont prêtes pour faire face à cette maladie. Les agents sont bien informés. En plus la maladie à virus zika n’est pas la même que celle à virus Ebola. Elles sont différentes de par leur mode de transmission, de par leur gravité, de par leur létalité », nous fait savoir le médecin chef de région, le lieutenant-colonel Maodo Malick Diop.

TAMBACOUNDA SONNE L’ALERTE 

L’alerte et la veille se renforcent dans la région de Tambacounda, après l’annonce de cas  du virus Zika en Guinée-Bissau. Dans les structures de santé, aidées par des relais communautaires, des sensibilisations se font régulièrement pour la prévention de cette maladie. A en croire le médecin chef de la région, le docteur Habib Ndiaye : « des orientations venant du ministère de la santé sont reçues liées à la maladie. Et depuis le mois de décembre, janvier des fiches techniques sont régulièrement envoyées à toutes les structures pour informer sur la maladie et des  dispositions à prendre».  Pour ce qui concerne la surveillance épistémologique au niveau de ces structures sanitaires, le docteur Ndiaye a renseigné que «chaque semaine, la maladie est également recherchée dans la collecte des informations. D’abord, il faut travailler à dépister très tôt la maladie en mettant l’accent sur la prévention ». Rappelons, il y a une dizaine de jours, les agents de la santé ont reçu des outils de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), partagés avec toutes les structures de santé de la région pour rendre efficace la détection du virus Zika. Pour l’heure, pas de cas confirmé, ni suspect dans la localité

POUR UNE PRISE EN CHARGE DES EPIDEMIES : Le Sénégal en avance avec le centre de prévention

Dans la lutte contre les épidémies, le Sénégal a mis en place un centre des opérations d’urgence sanitaire qui, en plus de prendre en charge la maladie hémorragique à virus Ebola, fera de même pour le virus Zika, mais aussi pour toute épidémie, renseignent des autorités sanitaires. Logé au sein de l’hôpital Fann, ledit centre est équipé, en termes de dispositions de préventions, pour faire face aux cas de virus, disent les mêmes autorités sanitaires.

Piloté par le docteur Abdoulaye Bousso, des séances de simulations sont organisées pour faire face à la prise en charge de cas décelés du virus Ebola. Le docteur Bousso a estimé dans une des rencontres avec la presse que les structures de santé sont informées et des stratégies de veille sont en train d’être déroulées pour la prévention du virus Zika qui est à la porte de nos frontières.  A cet effet, il a conseillé aux Sénégalais d’être vigilants, de dormir sous moustiquaires imprégnées. Car il n’y a pas à s’alarmer pour le virus Zika, le Sénégal est bien sur ses gardes. Notons que la situation géographique du Sénégal et ses frontières poreuses, rendent le pays vulnérable à certaines épidémies présentes dans la sous région.

Sud quotidien

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