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Prévision- L’information géographique : Les déterrements de Rufisque auraient pu être évités

Les systèmes d’information géographique s’appliquent à différents domaines et permettent de faciliter la prise de décision par une représentation graphique simplifiée des phénomènes et de leurs effets. S’il en avait existé un à Rufisque, certaines conséquences de l’action de la mer auraient pu être évitées à temps.

Source : Le Quotidien
Le développement technologique a permis l’émergence d’outils de plus en plus perfectionnés d’aide à la décision. Parmi eux, les Systèmes d’information géographique (Sig), qui sont «des outils qui permettent de prendre des décisions basées sur une analyse géographique», explique Jean Thomas Rouzin, responsable du marketing technique à Esri France. Le Sig est alors représenté sous la forme d’une cartographie numérique susceptible d’aider dans les processus de prise de décision, grâce à une analyse géographique des phénomènes et de leur incidence sur notre environnement. Les avantages sont nombreux et se traduisent par une efficacité accrue, des gains de temps considérables et une économie certaine en termes de budget et de ressource. Hormis la collecte de données sur le terrain, les traitements sur logiciel permettent toutes sortes d’applications en fonction du domaine ciblé. Le forum organisé hier à la Chambre de Commerce, d’industrie et d’agriculture (Cciad) par Oasis Media groupe, partenaire de Esri France, le leader mondial des logiciels Sig, a permis de passer en revue les différentes applications possibles de cet outil.

L’une des premières étant le domaine de la cartographie, avec l’étude des dynamiques spatiales et des modes d’occupation des sols. C’est ainsi que les services du cadastre utilisent particulièrement cet outil dans la gestion des données. Ismaila Ba, Directeur de Oasis Media Group explique que, «si un bon système basé sur les Sig avait été mis en place, on aurait pu prévoir ce qui s’est produit à Rufisque», avec l’envahissement des habitations par la mer et l’érosion du cimetière du quartier de Thiawlène. M. Rouzin précise, toutefois, que «cela demande un investissement énorme en termes d’infrastructures, car il faudrait alors positionner des bouées qui mesurent les variations de la hauteur de l’océan pour pouvoir détecter grâce au Sig des mouvements anormaux». La gestion des risques est ainsi rendue plus facile avec ces logiciels et dans le cas du tsunami de l’océan indien, le Sig utilisé par les Ong a permis de déterminer les zones les plus touchées pour y acheminer les secours en priorité.

Ailleurs, ce sont les ressources naturelles qui sont gérées grâce à des logiciels Sig de suivi de la dynamique des régions forestières. Dans le domaine pastoral, le centre de suivi écologique (Cse) a mis sur pied un outil de diffusion des données sur les ressources naturelles. Le suivi pastoral s’effectue ainsi grâce à des représentations graphiques faisant ressortir les charges réelles des pâturages par rapport aux capacités d’accueil. L’utilisation des Sig s’applique également dans le domaine environnemental avec le suivi du bassin versant du fleuve Sénégal par l’Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs). Il devient alors aisé de suivre et d’analyser l’état des ressources en eau, du couvert végétal, de la pédologie, des végétaux envahissants et des maladies hydriques sur toute l’étendue du bassin versant avec une analyse détaillée des effets induits des barrages. Globalement, les systèmes d’information géographique permettent de faire parler les cartes et de leur faire dire ce que l’on ne pourrait pas dire avec un tableau de données.

L’utilisation d’un Sig présuppose l’existence d’un outil informatique et d’une base cartographique. Mais dans les pays africains, l’absence d’une cartographie fiable reste une limite, même si un nouveau logiciel commercialisé par Esri France, le ArcGis Online permet de disposer gratuitement de cartes de base sur lesquelles seront posées les données. Ainsi, grâce à des procédés de modélisation, des prévisions peuvent être faites dans certains domaines et beaucoup de sociétés sénégalaises, de services publics ou d’Ong se sont dejà approprié cet outil pour mieux gérer leur environnement.


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