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Primaires PS: Les six candidats passés au crible

20Minutes a revu pour vous les débats entre les candidats aux primaires…

Pas de grands perdants ni de grands gagnants lors du premier débat des socialistes jeudi soir sur France 2. 20Minutes a revu pour vous l’émission et fait le point, candidat par candidat, par ordre alphabétique.

Martine Aubry

La prestation: «J’aime dire oui, mais je sais aussi dire non», «je suis une femme carrée»… Pour Amélie Dalmazzo, sémiologue, Martine Aubry avec ce type de phrase, «s’est assez bien démarquée», comme «une femme à poigne, qui n’a pas peur d’en découdre». Pour l’experte en communication, elle s’est placée «en chef de clan», comme «la première secrétaire», en faisant parfois la police dans les débats.

La bonne phrase: «Non, on n’est pas d’accord! Ce n’est pas parce que nos courbes se croisent à un niveau donné que nous sommes d’accord.» La maire de Lille s’est bien sortie du piège qu’a voulu lui tendre François Hollande sur le nucléaire, qui promet à l’horizon 2025 une part du nucléaire descendue de 75% à 50%. Il a essayé de la coincer en lui demandant où elle en serait en 2025, elle. La maire de Lille a répondu autour de 50%. Ce qui a faire dire à Hollande, d’un ton triomphal: «C’est un bon objectif… J’ai ma réponse! On est tous d’accord!» Avant donc de se faire renvoyer dans les cordes, avec en plus une allusion à son manque supposé de tranchant.

Le flop: Elle n’a pu défendre sa proposition lancée le jeudi même sur la dépénalisation du cannabis puisqu’elle avait épuisé son temps de parole. D’autant qu’elle était isolée sur ce point, Jean-Michel Baylet excepté. Montebourg est-il d’accord? «Pas du tout!» Et Manuel Valls? Il est «fermement opposé au nom même des valeurs de gauche»!

Jean-Michel Baylet

La prestation: C’était le plus «méconnu» des candidats, a rappelé Pujadas. Le «seul qui a été critique par rapport aux autres candidats», souligne Amélie Dalmazzo et l’un des «plus audacieux avec ses propositions sur l’euthanasie et le cannabis».

La bonne phrase: Lorsque Jean-Michel Baylet défend une loi sur la fin de vie. «Il s’agit du droit de donner la mort à partir du moment où la maladie a été reconnue comme incurable», explique-t-il. «Nous savons bien que l’euthanasie est pratiquée dans la clandestinité», ajoute-t-il. Si le sujet est grave et sérieux, Baylet explique bien les enjeux de ce qui sera sûrement l’un des débats de 2012.

Le flop: Interrogé sur le chiffrage de son projet et la manière de rétablir les comptes publics, Jean-Michel Baylet reste extrêmement vague. Après plusieurs relances, David Pujadas obtient un «Il faut baisser les dépenses publiques». Lesquelles? lui demande-t-on à plusieurs reprises. «Je ne suis pas madame soleil», répond le patron du PRG. Pas très convaincant.

François Hollande

La prestation: Plutôt tendu au début, il s’est fait grave et sérieux tout au long de l’émission.Pour Amélie Dalmazzo, il a voulu se présenter comme «le plus présidentiable», «au dessus des autres», insistant sur «des valeurs positives» notamment sur la jeunesse. Pendant ce débat, il a visiblement tenu à montrer son caractère, dont il manquerait selon ses rivaux, lors de plusieurs escarmouches avec David Pujadas.

La bonne phrase: «Si Dominique Strauss-Kahn avait été candidat à la primaire, il aurait été là et je l’aurais été aussi. Moi, j’avais annoncé ma candidature quand Dominique Strauss-Kahn était supposé être candidat. Je respectais ses interrogations, je respectais sa démarche mais j’avais engagé la mienne bien avant». Et voilà comment François Hollande, tout en insinuation, suggère que Martine Aubry, elle, est une candidate de substitution.

Le flop: Quand il a tenté de se défendre contre son manque d’expérience, défaut que soulignent ses rivaux: il répond par ses onze années passées à la tête du PS, et par le fait que «Lionel Jospin [l’]’a associé pendant cinq ans aux décisions qu’il a prises» quand il était à Matignon. Pas très convaincant.



Arnaud Montebourg


La prestation: Un rien guindé en début d’émission, l’avocat de la démondialisation s’est libéré par la suite. N’hésitant pas à parsemer ses interventions de très solennels (et parfois drôles): «J’approuve ce message». En tout cas, Amélie Dalmazzo a été surprise «positivement» par la prestation de celui qui est à gauche du PS.

La bonne phrase: «Les naïfs du village mondial», c’est l’Europe et surtout la France, lance le député de Saône-et-Loire, pour expliquer le protectionnisme qu’il veut mettre en place. Le Brésil, le Canada, la Chine, tout le monde met en place de telles mesures, sauf, donc l’Europe et la France, assure-t-il.

Le flop: Sa minute de présentation, complètement loupée. Hyper raide, Montebourg semble pendant cette minute tout droit sorti de l’époque de l’ORTF, sur le mode Roger Gicquel-la-France-a-peur. «Madame, monsieur, je sais que vous êtes inquiets», commence-t-il, continuant par la suite à réciter sa profession de foi comme un écolier son poème en classe.



Ségolène Royal


La prestation: Elle était attendue au tournant, on l’imaginait à l’attaque et on ne l’a pas vue ou si peu. Pas très claire, pas très à l’aise, elle a semblé en retrait. Pour Amélie Dalmazzo, elle est «restée sur son créneau de justicière» et elle «a brassé trop large», lançant beaucoup – trop- d’idées, ce qui empêche de l’identifier clairement.

La bonne phrase: Interrogée sur l’encadrement militaire des jeunes délinquants, une de ses mesures, reprise cette semaine par Nicolas Sarkozy, elle tacle: «S’il se rallie à mes bonnes idées, ça veut dire que nous avons perdu cinq ans».

Le flop: «Je veux reconstruire l’escalier social», promet Ségolène Royal, en bafouillant légèrement. Escalier? L’expression consacrée, c’est plutôt l’ascenseur social. On peut plaider en faveur de l’imagination de Royal mais pour le coup, ça tombe à côté: les Français préfèreront prendre l’ascenseur social plutôt que l’escalier.



Manuel Valls


La prestation: Il a été certainement le candidat le plus à l’aise. On voit que son passage au cabinet de Lionel Jospin, en charge des relations avec les médias lui a servi. Il a été clair, carré, sur son créneau de la droite réaliste. Et sans attaquer ses camarades alors qu’il était potentiellement, par son positionnement, celui qui avait le plus de critiques à formuler et celui qui aurait pu être visé par ses camarades.

La bonne phrase: «Les décisions que nous devrons prendre seront difficiles, elles doivent être expliquées avant. Moi, je ne veux pas d’une victoire de la gauche qui soit suivie d’une rupture de confiance». Cette phrase résume assez bien, de manière claire et cohérente, la pensée de Manuel Valls.

Le flop: Lors d’une intervention sur l’immigration, Manuel Valls fait dans le mi-lapsus mi-bafouillage: «Il faut fermer la France», entend-on alors qu’il dit, «il faut faire aimer la France», corrige David Pujadas. Ouf.

Maud Pierron avec Charlotte Pudlowski

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