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PRISE DE PAROLE LORS DE SON PROCES Khalifa touche le fond

Le procès de Khalifa Sall Maire de Dakar a repris hier pour aborder les questions de fond, c’est-à-dire les faits qui lui sont vraiment reprochés dans le cadre de la gestion de la Mairie de Dakar.
Il s’agit des faits d’association de malfaiteurs, de détournement de deniers publics, de faux en écritures, etc. En somme, des accusations graves parce que portant sur des montants de 1,8 milliard de nos francs.
Jusqu’ici, la défense a cru devoir exhiber les arguments de forme liés aux incohérences notées dans la procédure. Il s’agit notamment de l’incompétence du tribunal, des questions liées à la violation de ces droits comme l’immunité qui lui avait été refusée, entre autres.
Bien sûr, une caution, la seconde du genre, a été déposée pour espérer tirer une liberté provisoire finalement refusée.
D’ailleurs, le juge Lamotte n’a pas été convaincu par les arguments des avocats du maire. Toutes les exceptions ont été rejetées, excepté celles jointes au fond et sur lesquelles il devra se prononcer ultérieurement.
Cette fois-ci, les choses ‘’sérieuses’’ ont commencé. Khalifa l’a si bien compris qu’il a pris la parole pour envoyer deux messages importants : le premier est lié au fait que, selon lui, ses 7 autres collaborateurs n’ont rien fait et qu’il assume tout ; le second argument est que le procès est politique est que l’on cherche à lui barrer la route à la Présidence.
Des arguments de plaidoirie de la part d’un prévenu qui savait, a priori, que les juges les balayerait d’un revers de la main. Alors, pourquoi Khalifa a-t-il fait une telle déclaration ?
Une question d’autant plus pertinente qu’il doit savoir que la responsabilité pénale du fait d’autrui n’existe que dans des cas limités parce qu’il connait la coaction et la complicité.
L’autre fait est qu’il sait comme le lui a rétorqué le juge, que le tribunal correctionnel ne juge pas des faits politiques.
Alors, c’est en désespoir de cause qu’il le fait. Khalifa touche apparemment le fond. Il agit comme s’il se savait condamné à l’avance.
Au demeurant, comme il clame son innocence et en est convaincu, alors il ne fait nullement un aveu de culpabilité comme mon argumentaire pourrait le faire penser.
En réalité, le Maire est en train de tenter de culpabiliser le tribunal, ou tout au moins d’amener les juges à faire attention et de ne pas être complices d’une liquidation politique dont il est l’objet.
Il met en garde et espère compter sur cette lecture des choses pour pouvoir s’en sortir. Il agit en fait comme si c’était la fin du procès alors que l’on en est qu’au début.
C’est dire qu’il ne semble y avoir aucun espoir sur la suite des débats.
Cette situation appelle de notre part l’évocation de la pertinence ou non de l’hypothèse des arguments de fond du Maire. On a déjà entendu le fait que la caisse a toujours été gérée de cette manière par tous les maires qui se sont succédé. Cet argument de ‘’je ne suis pas le seul’’ a aussi été brandi hier lors de l’audience par Fatou Traoré du Gie Tabar, le comptable Yaya Bodia. Une sorte d’aveu circonstancié avec la reconnaissance d’avoir prêté les en-têtes du Gie pour justifier les dépenses de la caisse d’avance. 24 factures faites à l’insu du Président du Gie.
Comme pour leur répondre, Khalifa dit ‘’tout assumer’’.
Tout indique que Khalifa sera non seulement jugé sur ces actes posés par ses collaborateurs, mais aussi sur la destination des fonds ainsi collectés.
Et là aussi, il avait promis de ne jamais révéler les noms des bénéficiaires. Va-t-il changer d’avis. C’est ce que l’on verra dans les prochains jours.
C’est dire que cette première audience du procès dans le fond montre une mauvaise posture du Maire dont les collaborateurs viennent de reconnaitre des actes de faux en écriture de commerce, faux et usages de faux.
Les prochaines audiences nous diront s’il y a cependant eu détournement des fonds ainsi obtenus.
Assane Samb

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