20 décembre, 2014
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Procès Cheikh Yérim Seck – Aïssata Tall   Du déballage tout azimut

Procès Cheikh Yérim Seck – Aïssata Tall Du déballage tout azimut

Au cours de l’audience qui a tiré en longueur hier, et ayant opposé Cheikh Yérim Seck le présumé coupable de viol sur la jeune AÏssata Tall, la salle du tribunal a refusé du monde. Pendant plusieurs tours d’horloge, les deux personnes concernées, tout comme leurs avocats et autres témoins, se sont relayés pour éclairer la décision de justice qui sortira de ce procès retentissant et riche en propos crus. Jusqu’à zéro heure, le verdict n’était pas encore tombé.

Yérim Seck n’a pas su retenir son désir ardent de faire l’amour à la jeune fille. Pourtant, cette dernière avoue lui avoir dit non. Il a nié ces propos de la fille mais, son comportement, devant la barre, à côté de sa victime et à l’entame des propos de cette dernière, dit le contraire. Le Yerim très décontracté, qui parlait sans gène, avec assurance, devant la barre, a cédé la place à un Cheikh, très mal à l’aise qui ne cessait de bouger et de tourner les yeux vers la fille, durant l’interrogatoire de cette dernière. Yérim avait l’œil rivé sur la fille, dont il scrutait les faits et gestes. Il n’arrivait pas à regarder le juge une seconde, sans lancer un regard à la fille qui, très à l’aise, recevait les questions des avocats de la défense. Malgré sa comparution pour viol devant le tribunal des flagrants délits, Yérim, contrairement à sa victime qui n’a pas daigné lui jeter un coup d’œil, dévisageait sa victime, sans retenue, devant toute l’assistance.

LES COULISSES DU PROCES

Une ambiance pas comme les autres, hier, au tribunal des flagrants délits de Dakar. Le procès en renvoi du journaliste Cheikh Yérim Seck a encore fait parler de lui et drainé du monde. Déjà à l’entrée, il fallait souffrir une longue queue, pour accéder au palais de justice. Seulement, à l’intérieur, un autre supplice attendait. Les portes n’étaient pas ouvertes et curieux et autres sympathisants avaient encore dressé une longue file indienne, devant la porte de la salle N° 1 qui devait abriter le procès dit de Cheikh Yérim Seck. Une sécurité bien visible était chargée de gérer les entrées de ceux qui venaient assister ou prêter main forte à l’administrateur de dakar-actu. Cependant, ces derniers ont donné raison à ceux qui disent les sénégalais ne savent pas faire la queue. Le gendarme, préposé à filter les entrée, a, en effet, subi la bousculade et la pression d’une foule décidée à avoir un siège dans la salle d’audience. S’étant relevé, il a essayé de faire sortir ceux qui n’avaient pas de siège et dut se rendre compte que la salle était vraiment trop petite pour contenir l’affluence. Ils étaient aussi là, les amis, proches de Cheikh Yérim à qui, la salle étant bondée, l’accès a été refusé. Le procès de Cheikh Yérim contre la fille du magistrat n’a pas fini de livrer des inédits. Figurez-vous que les agents de sécurité devant maintenir l’ordre à la porte de la salle, étaient plus que curieux de savoir ce que devaient prononcer les deux parties, ainsi que leurs avocats, lors de l’instruction d’audience. Dès le début du procès, ils ont oublié leur principale tâche. Le président aura même pris la peine de les rappeler à l’ordre.

QUAND YERIM DOUTE DE LA VIRGINITE DE LA FILLE

Le procès du patron de dakar-actu a été finalement retenu, hier, par le tribunal des flagrants délits de Dakar. Un Cheikh Yérim, dans un ensemble tunique blanche avec des rayures au niveau des poches et sur les manches courtes, s’est présenté devant la barre où il était prévenu de viol

L’instruction d’audience est le moment précis pendant lequel, Cheikh a déballé son histoire de 15 mn de plaisir, avec Ndeye Aissata Tall. Devant le juge, après avoir donné son identité, le prévenu, revenant sur les faits, dira avoir envoyé un texte, la veille des faits, à la fille, pour l’inviter. Mais, cette dernière avait décliné sa proposition, ne voulant pas s’afficher avec le sieur dans un endroit comme la résidence Keur Madamel. Le lendemain, guidé par son désir d’avoir un tête-à-tête avec la jeune fille, il reconduit sa demande et obtient l’accord de la plaignante. Très serein, Yérim ne s’est pas senti gêné d’utiliser des mots crus, pour dire que la fille avait, autant que lui, envie de faire l’acte sexuel. Cheikh révèle avoir entretenu des relations sexuelles consentantes avec la jeune étudiante. Pour lui, la fille s’est donnée à lui parce qu’elle le désirait. « J’ai fait l’amour avec elle, durant 15 mn, avant de remarquer du sang et sans avoir éjaculé mais, dès qu’elle a crié, je me suis redressé immédiatement, pour la consoler », avancera le prévenu, selon qui, tout le désole, dans cette affaire pour laquelle, les responsabilités sont partagées. Seulement, le présumé de viol dira qu’au début, il croyait à la virginité de la fille mais, le fait que le sang ait attendu 15 minutes avant de se déverser, en dit gros à Yérim, pour reprendre les termes de Me Diop de la défense.

VOUS SAVEZ QUE VOUS M’AVEZ DEVIERGEE, QUE DIRAI-JE A MA FAMILLE

« Savez-vous que vous m’avez déviergée, que vais-je dire à mes parents », a dit la fille, dont le cri strident, après la pénatration, a alerté les agents de l’auberge en question. « Vous m’avez déshonorée pour la vie et vous saviez que je n’étais pas venue pour le sexe », raconte la fille qui revenait, devant la barre, sur les déroulements des choses. Yérim, pour appuyer ses propos, réitère ceux de la fille, après le contact sexuel. Se désolant de son acte, il refuse, toutefois, le délit de viol. Aussi, ses allégations qui feront vibrer toute la salle ont-elles été débitées dans une cohérence et avec charisme. « Depuis toute jeune, je ne sais pas me défendre, mes parents là, derrière moi, pourront me témoigner. Aussi, faut-il noter que si je savais me défendre, je ne l’aurais pas laissé vif dans la chambre, je lui aurais fracassé le crane », a dit la fille, les larmes aux yeux, son amertume se sentant, à ce moment précis, depuis son gosier.

« DEBATTONS » AU CENTRE DES DEBATS

« J’ai crié, parce qu’il me violait… »

D’aucuns pensaient que la fille, à Montpelier, après le renvoi du procès, pour ses études, n’allait pas se présenter, hier, devant la barre. Mais, la présumée victime de Yérim en a surpris plus d’un. Ndeye Aissata Tall a débarqué dans la salle, par la porte réservée aux avocats, journalistes, en compagnie de ses avocats. De petite taille, teint clair, la fille s’est tenue debout à côté de son présumé bourreau. Habillée en veste bleue foncée assortie d’un pantalon jean de la même couleur, elle est revenue sur sa mésaventure, avec tranquillité. Entendue après le prévenu, Aissata, très décontractée et constante sur ses propos, nie avoir consenti à l’acte sexuel. Dans sa version des faits, elle dit avoir débarqué dans l’hôtel, après l’invitation du gars. A son arrivée, elle déclare avoir trouvé Yérim travaillant sur son ordinateur, assis sur le lit. Mais, peu de temps après, ils ont commencé à flirter. Mais, excité, Cheikh s’est dénudé, l’invitant à faire pareil. Déclarant avoir vu Cheikh Yérim faire un geste qui renvoie à l’enfilement d’un préservatif, Aissata confia avoir dit au prévenu qu’elle n’était pas venue pour le sexe. Mais, ce dernier n’a pas voulu entendre raison, l’a saisie, déshabillée et pénètrée, de force. Durant l’acte, la fille avoue n’avoir pas trouvé mieux, pour se défendre, que de dire au gars qu’elle n’était pas venue pour le sexe et de crier. Revenant sur les faits, sans trembler, avec beaucoup de courage, la fille répondra à l’un des avocats, la questionnant sur ses cris : « j’ai crié, parce qu’il me violait, j’ai crié, parce qu’il me faisait mal, j’ai crié, parce que je ne pouvais pas rester sans rien faire, alors qu’il me violait, j’ai crié, parce qu’il avait mis son bras sur ma tête ». Poursuivant, elle précisera : « je ne sais pas me défendre, sinon j’allais lui casser la tête, je n’utilise pas la violence pour me protéger ». Réponse qui suivait celle de Yérim, mentionnant que la fille avait les ongles bien pointus qu’elle n’a pas utilisés pour dire non, afin de se décharger.

Yandé Diop et Fanta Diallo

REWMI QUOTIDIEN