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Procès de Khalifa Sall aujourd’hui Quelle stratégie de défense pour le Maire de Dakar ?

REWMI.COM Le procès de Khalifa Sall s’ouvre aujourd’hui. Le maire de Dakar est dans le collimateur de la Justice pour sa gestion de la Caisse d’avance de l’institution.

Ainsi, après un rapport accablant de l’Inspection générale d’Etat, le Ministère public a décidé de le poursuivre, notamment pour détournement de deniers publics, une infraction qui rend presque obligatoire sa mise en détention.
Depuis, tout a été tenté par ses avocats et ses proches pour le libérer.

Malheureusement, il aura passé 9 mois derrière les barreaux, malgré son immunité parlementaire acquise après les législatives de juillet dernier.
Le Juge d’instruction en charge du dossier a transmis une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. Et c’est le début des choses sérieuses.
Toutefois, se pose la lancinante question de sa stratégie de défense. Hier seulement, ses avocats ont dû renoncer à le rencontrer, un droit pourtant sacré parce que Me El Hadji Diouf s’est vu refuser l’accès à Rebeuss, le lieu de sa détention.

Un incident qui en dit beaucoup sur la teneur de la stratégie de défense. Il n’est pas en effet exclu que la défense boycotte le procès, comme cela avait été annoncé naguère par des avocats qui dénonçaient ainsi le fait que les droits de leur client avaient été bafoués.

La stratégie de la chaise vide est-elle envisagée et si c’est le cas ? Est-elle efficace ? Des questions qui se sont sans doute posées à ses avocats. Comme Karim Wade et Hissène Habré, Khalifa Sall peut décider de ne pas se faire défendre par ses avocats. En conséquence, il peut prendre l’option de ne pas venir au procès et si cela lui est imposé, il peut choisir de se taire.
Avec une telle stratégie, il est peu probable qu’il ne soit pas condamné. Toutefois, cette démarche a de séduisant qu’elle s’adresse à l’opinion nationale et internationale et qu’elle va crédibiliser la thèse de la liquidation politique.

Elle est cependant contre-productive du point de vue judiciaire et a l’inconvénient de laisser le prévenu à la merci du Procureur, des avocats de l’Etat et de l’Agent judiciaire.

Elle peut cependant être adoptée si la défense reste convaincue que les dés sont pipés et que leur client ne saurait, comme le pense une bonne partie de l’opinion publique, se soustraire à une condamnation.

L’autre stratégie possible, c’est de se présenter avec ses avocats et d’assurer sa défense par rapport aux chefs d’inculpation brandis.

Mais pour cela, le Maire devra, peut-être, renoncer à taire les noms de ceux qui ont bénéficié de cette Caisse d’avance. Et comme il avait dit qu’il ne le fera jamais, les choses sont parties pour être très compliquées. D’ailleurs, à ce propos, le GIE Tabbar qui, selon son Président Ibrahima Traoré n’existe plus depuis quelques années et serait converti dans le vente de café-Touba, pourrait être la pièce maitresse d’une accusation convaincue d’être en présence d’un dossier de faux, d’escroquerie du fait que les factures de riz et de mil seraient fictives.

Si le Maire se défend sur ce terrain, il risque une condamnation. Car la Secrétaire de Mbaye Touré, chargé à la Mairie de gérer la Caisse d’avance, n’est autre que Fatou Traoré, sœur de Ibrahima Traoré du GIE Tabbar, sollicité pour livrer un cachet pour ‘’régulariser’’ des opérations de la Caisse d’avance.
A la décharge du Maire, tous ses prédécesseurs disent avoir géré la Mairie de cette manière. Et ils n’ont jamais été inquiétés. Et rien ne dit qu’il a lui-même ordonné ces ‘’régularisations’’ et qu’il soit même au courant.

Mieux, le propre des ‘’fonds politiques’’, c’est d’être gérés avec discrétion, sans exigence de traçabilité. La Caisse d’avance est-elle une caisse noire ? C’est là toute la question.

Aujourd’hui, c’est moins le procès de Khalifa Sall que celui de la Caisse noire de la Mairie de Dakar qui est ainsi porté devant la Justice.

Rien ne sera comme avant, à ce propos. Et le procès de Khalifa Sall aura au moins l’avantage de poser la problématique de l’existence des fonds politiques et de leur utilisation.

Dans tous les cas, la Justice a encore la possibilité de faire montre d’indépendance et d’impartialité dans une affaire judiciaire dont le soubassement politique semble évident aux yeux de nombre de Sénégalais.

Assane Samb/Rewmi quotidien

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