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Procès Habré- Zakaria Fadoul Kitir, témoin : «Les agents de la Dds vidaient les comptes bancaires des prisonniers »

  • Date: 2 octobre 2015

 

Au 17e jour du procès de Hissein Habré, après la reprise, Zakaria Fadoul Kitir a été encore à la barre des Chambres africaines extraordinaires. Il est resté dans le même volet qu’avant-hier c’est-à-dire de témoigner à charge contre l’ancien président tchadien. En effet, il a indiqué avoir perdu des membres de sa famille sous le règne répressif de Habré.

Le témoin Zakaria Fadoul Kitir a été encore, hier, à la barre des Chambres africaines extraordinaires pour son deuxième jour d’audition. Il prolonge la liste des témoins à charge entendus jusqu’ici dans l’affaire Hissein Habré. A la barre, hier, le témoin confirme ses prédécesseurs qui avaient indiqué que sous le régime de Habré, les personnes arrêtées ne rencontraient ni un juge, ni un avocat. Pis dans les cellules, narre-t-il, il y’avait des lampes qui donnaient de la chaleur mais pas de la lumière. Toujours dans les cellules, les détenus mettaient, tour à tour, leur nez là où la porte rencontrait le sol pour pouvoir respirer un peu. Les conditions de détention étaient tellement impensables que sur 9 détenus 2 seuls ont survécus dans la cellule où le témoin était pensionnaire. Parlant des morts, le témoin Fadoul Kitir a indiqué que sa famille a été très touchée par la machine répressive de la Dds.

« Nous avons perdu plus de 200 Zaghawas dont 46 membres de ma famille. Nos biens mobiliers ont été pillés », a-t-il expliqué. Sur une question du Parquet général, le témoin explique : « les agents de la Dds vidaient les comptes des prisonniers. Il y’a deux façon de vider les comptes des détenus. La première est que les agents venaient avec le chéquier dans la prison avant de demander au propriétaire de signer. La deuxième est que les agents de la Dds avaient la possibilité d’accéder au compte de quelqu’un parce qu’ils étaient très puissants ». Il faut dire que ces détenus n’avaient aucune voie de recours. Pis, on les faisait disparaître lorsqu’ils engageaient des procédures pour récupérer leur argent.

« Les erreurs de Hissein Habré sont… »

Devant les juges, Zakaria Fadoul Kitir a fait montre de son admiration qu’il avait pour Hissein Habré. « J’admirais tellement Hissein Habré parce qu’il était le combattant de la justice et de la liberté. Cependant, quand il était assis sur son trône de président, il faisait autre chose », a dit le témoin qui a listé, entre autres, les erreurs de l’ancien président tchadien. A l’en croire, l’erreur du prédécesseur d’Idriss Deby a été d’immuniser la Dds. « L’erreur de Habré a été de s’attaquer à des innocents par le biais de la Dds. Et par la suite, il a protégé cette machine de répression qui était intouchable », a encore lancé le témoin. « Habré savez-t-il ce qui se passait ? », s’est interrogé le parquetier. « Etre (Habré) informé quotidiennement des détails je ne sais pas. Mais, Hissein Habré a déraillé parce qu’il pensait qu’il agissait conformément aux textes en vigueur », a rétorqué le témoin selon qui, l’ancien président tchadien aurait dû tenir à sa parole. Par ailleurs, Zakaria Fadoul Kitir a informé a informé qu’on reconnait l’identité d’une personne par le visage et la voix. « Rien ne me dit que la personne qui est à mes cotés est Hissein Habré », a-t-il dit. « Nous vous confirmons que c’est bien lui », a répondu le Parquet. « Je vous crois et donc je lui dis que je suis un musulman et on prône le pardon. Le pardon avant la vengeance. Le pire c’est de ne pas pouvoir nous réconcilier. Il faut oublier ce qui s’est passé au Tchad. Je n’ai pas de rancune même si Hissein Habré a pratiquement déchiré ma famille », a martelé le témoin. Avant de poursuivre: « je suis pour que justice soit faite. Les hommes se comprennent à la parole et la meilleure façon pour Hissein Habré de s’expliquer c’est de dire à la barre j’ai fait ça, je le reconnais ou je n’ai pas fait cela ».

« Idriss Deby a dit qu’il fera la réconciliation après le jugement »

Avant de finir sa déposition, le témoin a insisté sur le fait que Hissein Habré ne pouvait pas ignorer les agissements de la Dds qui, informe-t-il, est un appareil d’Etat. Par ailleurs en répondant aux questions des avocats commis d’office par la Chambre, Zakaria Fadoul Kitir a précisé que le président Habré avait le droit de combattre la rébellion mais il n’avait pas le droit de s’attaquer à des innocents. Toutefois, le témoin a indiqué avoir rencontré l’actuel président Deby qui lui a notifié qu’il entamera le processus de réconciliation après ce jugement. Ainsi, dans sa série de questions, Me Mounir Balal, un des avocats commis d’office demande-t-il au témoin: « si Idriss Deby tenait à cette réconciliation ne pensez-vous pas qu’il  devait mettre à la disposition de la Chambre les personnes visées nommément par les poursuites. Parce que la Chambre a fait la demande et la réponse qu’il a donnée est qu’il y a au Tchad une juridiction compétente pour juger les Tchadiens ». « Oui, je le crois », a dit le témoin. Il faut dire que le témoin a terminé sa déposition et l’audience a été suspendue jusqu’au lundi prochain.

Cheikh Moussa SARR

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