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Procès Hissein Habré : Des experts révèlent l’existence de plusieurs fosses communes au Tchad sous le régime de Habré

  • Date: 8 octobre 2015

 L’audience d’hier a été marquée par le compte-rendu des experts sur leurs travaux de prospections, d’excavations et d’exhumations archéologiques effectués au Tchad. Lors de leurs exposés, l’experte en anthropologie et l’archéologue légiste ont fait état de l’existence de plusieurs cadavres découverts au nord et au sud du pays.

Après le défilé des témoins de l’ethnie des Hadjaraïs dans l’affaire Hissein Habré, la Chambre africaine extraordinaire a entendu, hier, les experts de la l’équipe argentine d’anthropologie médico-légale (Equipo Argentino de Antropología Forense, « Eaaf »).

Devant les juges, les experts ont fait le compte-rendu de leurs travaux de prospections, d’excavations et d’exhumations archéologiques au Tchad sur les sites de Koumra, Mabrouka, Am Sayala Gadjira, Madja et ferme de Déli. En effet, Anahi Ginarte, archéologue et légiste est revenue sur leur visite au nord du Tchad.

« Avec les membres du tribunal, des médecins légistes, entre autres, personnes nous avons formé une délégation pour effectuer des travaux sur le site de Mabrouka les 28 et 30 mai 2014. Car, des témoins nous ont informé de l’existence de tombes sur ce site. Mais une fois sur place, nous n’avons trouvé aucun cadavre », a dit Mme Ginarte. La délégation s’est déplacée par la suite à Am Salaya, région d’Ouaddai, le 29 mai 2014. Dans cet endroit désertique, avec des formations rocheuses, sec à l’époque de la visite, un témoin appartenant à une communauté de la zone avait indiqué qu’il y’avait des cadavres sur ledit site. C’est ainsi que des restes osseux ont été découverts en 1990. «Il y’avait une fosse naturelle où ils ont déposé les restes osseux qu’ils ont découverts », a dit l’archéologue.

« Les animaux mangeaient les cadavres »

Il faut dire que la prochaine étape de la visite a été la région de Guera plus exactement à Mongo. Le motif de ce déplacement s’explique par le fait qu’un témoin a indiqué avoir vu les cadavres de 12 personnes. Le 31 mai et le 3 juin 2014, la délégation a donc visité ce lieu qui se trouve dans un endroit rocheux très compact. Entendu, le témoin a révélé qu’ils ont transportés les cadavres jusqu’à une fosse qui se trouvait au pied d’une formation rocheuse. Parce que, poursuit-il, les corps étaient en décomposition et les animaux mangeaient les cadavres. Une fouille de ce lieu a permis de retrouver 16 cadavres dans le Guera au lieu des 12 sus indiqués par le témoin. Il faut dire qu’en décembre  2013 à Madja, un témoin avait signalé l’existence de deux fosses dans cette zone. Cependant, les archéologues n’ont pu trouver aucune trace de cadavres. Pour terminer avec le Nord, la délégation a fait un arrêt à Koumra c’est dans le Sud-est de Déli les 7 et 8 juin 2014. Ce site abrite deux secteurs d’inhumations des personnes assassinées en 1984. Part ailleurs pour identifier les restes osseux, les médecins ont fait des prélèvements au niveau des parents. « On a fait la comparaison entre les différents profils génétiques. On prélève un segment d’Adn de ce reste », a-t-elle encore dit.

« Nous avons découvert des restes osseux et des objets personnels dans les fosses »

Pour sa part, Claudia Bisso, experte en anthropologie, a fait des études de prospections dans le Sud, notamment sur la ferme de Déli et alentours. Exploitant une information d’un témoin, Claudia  Bisso et son équipe ont procédé à des fouilles sur le site du 27 mai au 13 juin 2014. Sur place, ils ont quadrillé la zone et à l’aide de pelles et de pioches, ils ont découvert des restes humains. « Nous avons exhumé deux individus et le premier, adulte de sexe masculin, avait dans son pantalon un projectile. Nous avons aussi trouvé un projectile au niveau de la vertèbre cervicale du second cadavre », a-t-elle renseigné. Dans sa déclaration, le témoin avait fait état de l’existence d’une fosse qui contenait environ 100 personnes. « Nous avons commencé la fouille mais le sédiment était extrêmement dur. Ainsi, a-t-on fait un appel à un spécialiste mais nous n’avons rien trouvé », a dit l’experte en anthropologie. Avant de dire que d’autres témoins leur ont indiqué que ladite fosse se trouvait à quelques 20 mètres vers l’Est. Cependant, il y a des constructions sur cette fosse commune qui leur a empêché de faire leur travail. C’est sur ces entrefaites qu’ils se sont déplacés sur un autre site où il y’avait une autre fosse commune avec 9 personnes à l’intérieur. « Quelques corps comportaient une preuve balistique évidente. Nous avons trouvé 3 projectiles sur le corps numéro 2. Corps numéro 4, il y’avait 3 projectiles associés. Corps 6, nous avons trouvé une pièce de 10 francs qui date de 1982. Donc, cette fosse ne peut pas être antérieure à cette date », a indiqué l’experte selon qui, ils ont visité d’autres secteurs mais en vain. Cependant, dit-elle, cela ne signifie pas forcément qu’il n’y a pas de tombes. Toutefois, Claudia Bisso a soutenu avoir rencontré des difficultés dans le cadre de son travail. Il s’agit, entre autres, de l’urbanisation, erreur des témoins et l’existence de surfaces énormes où il était difficile de localiser des tombes. En définitive, les affaires découvertes ont été soumises à un laborantin. C’est dans ce cadre que Dr Mercedes Salado Puerto, a présenté les travaux effectués en laboratoire. A l’en croire, 21 squelettes ont été dénombrés sur le site de la ferme de Déli avec des niveaux de préservation différents. Il s’agit de 20 individus de sexe masculin et 1 de sexe féminin.

Cheikh Moussa SARR

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