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Procès Hissein Habré : Les étonnantes révélations d’anciens infirmiers dans les prisons de la Dds

  • Date: 16 octobre 2015

 Des anciens médecins dans les prisons de la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds) ont comparu, hier, à la barre des Chambres africaines extraordinaires. Il s’agit d’Alifa Gaston et Saria Asnègue Donoh. Ces agents de la Santé sous le régime de Habré ont narré, à la barre, le calvaire des prisonniers dans les centres de détention de la Dds.

Les Chambres africaines extraordinaires auditionnent, ces derniers temps, des témoins cités dans l’affaire Hissein Habré. Après le passage des Hajaraïs et des Zahawas, c’est au tour d’anciens médecins dans les centres de détention de la Dds de faire leurs dépositions. C’est dans ce cadre qu’Alifa Gaston a été encore entendu, hier, pour son deuxième jour d’audition. Il a augmenté la liste des témoins à charge contre Hissein Habré. L’ancien médecin des prisonniers explique : « on privait volontairement de la nourriture aux détenus pour les punir. Parce qu’il y avait de la nourriture en abondance mais c’était les militaires qui confisquaient une bonne partie de la nourriture ». Selon lui, les repas des prisonniers venaient de la présidence. C’est aussi la présidence qui ravitaillait des médicaments à la pharmacie destinée aux prisonniers. Et en cas d’urgence, le médecin allait à la présidence pour chercher des médicaments. Revenant sur les conditions difficiles de détention, Alifa Gaston a indiqué que : « on torturait ceux qui venaient nouvellement à la Dds. Les détenus ne mangeaient pas bien mais aussi, ils ne se déplaçaient pas beaucoup. Cela a entraîné des paralysies des membres inférieurs ou des maladies dues à l’avitaminose ».

Pour étayer son témoignage, il a donné l’exemple du détenu Saleh Ngaba qui ; dit-il, est mort des suites d’un palu. Pendant que d’autres prisonniers sont morts à cause du diabète. Devant les juges, le témoin a révélé que l’ancien président tchadien était informé de tout ce qui se passait dans les prisons de la Dds. Mieux, il passait souvent dans les centres de détention.

Cette déclaration a obligé à Me Ngingue, un des avocats commis d’office, de demander au témoin : « Par rapport à la visite de Habré, vous n’avez pas une hallucination optique ? ». « J’ai dit que ce que j’ai vu. Hissein Habré était bien informé. D’ailleurs en cas d’évasion, il venait faire des reproches aux gardes », a répondu Alifa Gaston. Malgré le fait que son nom soit cité par la plupart des témoins, Hissein Habré refuse toujours de prendre la parole pour se défendre.

Saria Asnègue Donoh : « Ce que je sais sur les deux Sénégalais »

A sa suite, un autre témoin a été entendu par la Chambre. Il s’agit de Saria Asnègue Donoh. A la barre, hier, l’homme s’est présenté comme étant un ancien infirmier recruté à la Brigade d’intervention rapide (Bsir) en 1982. Pendant 6 ans, Saria Asnègue Donoh a été constamment aux côtés des prisonniers avec qui il a vécu leur souffrance.

« Les médicaments qu’on nous fournissait étaient vraiment insuffisants pour les détenus. Parce que tous les prisonniers étaient malades. Ils souffraient de la malnutrition, de diarrhée, de gale, de furonculose, etc. », a avoué le témoin. Selon lui, les conditions étaient difficiles au point que les détenus attrapaient des maladies. «Lorsqu’on arrête les prisonniers, ils sont bien bâtis. Mais au bout de quelques temps, ils changent à cause des conditions difficiles de détention. Les détenus ne mangeaient pas assez mais aussi ils ne déplaçaient pas beaucoup », a encore témoigné l’ancien infirmier. A la barre, il a renseigné que dans une cellule de 2 mètres de long sur 2 mètres de large, on y retrouvait jusqu’à 50 détenus. « Ils ne dormaient pas correctement parce que les conditions étaient difficiles. Il y a des cellules où l’on nous interdisait l’accès sans pour autant nous donner les raisons. Les soins se faisaient dans les cellules également. On nous enferme avec les prisonniers à l’intérieur pendant une heure. Il y avait des moisissures et c’était vraiment difficile », a-t-il narré.

Abordant le cas des deux Sénégalais présumés victimes du régime répressif de Hissein Habré, comme son prédécesseur, le témoin a soutenu que la seule chose qu’il sait est que l’un est mort des suites d’une maladie, alors que l’autre a su tenir le coup. Toutefois, Abdourahmane Guèye, le Sénégalais cité parmi les témoins, fera face aux juges, prochainement, pour donner sa version des faits qui se sont passés au Tchad sous le régime de Habré.

Il faut dire que l’audience a été suspendue jusqu’à lundi avec la suite de l’audition des témoins.

Cheikh Moussa SARR

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