Procès Tahibou Ndiaye et Cie L’Etat du Sénégal réclame 3 milliards

  • Category : ACTUALITES
  • By : moussa keita
  • Date : 30 juin 2015

 L’agent judiciaire, Mafal Fall et les six (6) avocats de l’Etat du Sénégal ont défilé, hier, à la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) pour leurs plaidoiries. Moussa Felix Sow, bâtonnier, a évalué le préjudice matériel et moral de l’Etat du Sénégal à 3 milliards de nos francs. Le procès reprend ce matin, avec les réquisitoires du parquet spécial. 

Les voix de l’agent judiciaire, M Fall et des six avocats de l’Etat du Sénégal ont été entendues, hier, à la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), lors de leurs plaidoiries dans l’affaire Tahibou Ndiaye et Cie. A la reprise de l’audience, hier après midi, le bâtonnier Moussa Félix Sow, par ailleurs, un des avocats de l’Etat du Sénégal, a évalué le préjudice matériel et moral de l’Etat du Sénégal. «Le préjudice matériel et moral de l’Etat du Sénégal est évalué à 3 milliards de nos francs que les prévenus doivent payer solidairement. Nous demandons également à la Cour de fixer la contrainte par corps par rapport au maximum», a dit le bâtonnier. Poursuivant, il précisera : «Nous sommes une fois de plus devant une affaire qui montre comment le patrimoine public est géré dans notre pays. Nous sommes dans le domaine national. Et, il est inadmissible, pour un  pays pauvre comme le Sénégal que l’on assiste à une spoliation par une minorité. Parce qu’un fonctionnaire usant de sa position s’est enrichi et a enrichi sa famille. Mais, celui qui veut la paix doit faire preuve de droiture. Notre souhait est que ce procès puisse constituer de sonnette d’alarme à ceux qui ont échappé à la justice.» A sa suite, Me Yerim Thiam abondera dans le même sens, arguant que la place normale de Tahibou Ndiaye est la prison centrale de Dakar. «Aux Etats-Unis, nous avons des criminelles à col blanc, alors que chez nous, il y a la criminalité en boubou blanc (Tahibou Ndiaye : ndlr). Nous avons affaire avec un fonctionnaire milliardaire. Nous en avons assez dans notre pays et l’Etat du Sénégal veut mettre un ordre dans ses affaires. Monsieur le Président il faut que vous mettiez fin à cela», a-t-il dit.

Me Fall, agent judiciaire de l’Etat : «Un fonctionnaire doit faire preuve de loyauté, d’impartialité,…»

Auparavant, l’agent judiciaire de l’Etat, Me Fall a indiqué que la fin d’un service public est de satisfaire l’intérêt public. «Tahibou Ndiaye est un fonctionnaire et qui dit fonctionnaire dit traçabilité. Il a son salaire, ses revenus légaux. Il a été désigné pour diriger les services du Cadastre. Parce qu’il a eu la confiance de l’Etat. Aujourd’hui, il se retrouve devant une barre pour justifier ses biens illicites. Ça pose problème», a-t-il déclaré. Selon l’agent judiciaire de l’Etat, le service public n’est pas de satisfaire sa progéniture, son épouse, ses amis ou autres proches. «Un fonctionnaire doit faire preuve de loyauté, d’impartialité, de légalité dans son travail. Qu’est-ce que le prévenu a de plus que les autres directeurs ?» s’est-il interrogé. Par ailleurs, sur le propos de certains témoins, notamment Diop Sy, Mor Ndiaye, entre autres, il dira : «ce qui est ressorti de leur témoignage est d’une abjection terrifiante pour l’Etat du Sénégal. La Ccod est un organisme de l’Etat dans lequel siègent les plus hauts gradés. Tenir de tels propos est inacceptable pour un Etat qui se veut sérieux.» Toutefois, poursuit-il, les mutations que connaît ce pays, depuis quelques temps, nous mènent vers un Sénégal assoiffé de vertu, de justice et de bonne gouvernance. «Ces pratiquent ne peuvent plus prospérer dans un Etat de droit. Le devoir vous appelle d’y mettre un terme par une sanction. Il vous appartient de dissuader par la répression. Je me refuse de croire que le Sénégal d’aujourd’hui est le Sénégal des Mor Ndiaye, des Diop Sy», a-t-il conclu.

Les avocats de l’Etat chargent Tahibou Ndiaye et Cie

Me Bassirou Ngom, à la suite de l’agent judiciaire de l’Etat, dira que la Cour a tous les éléments pour entrer en voie de condamnation. «Les faits sont clairs. Tahibou Ndiaye n’a fait que confirmer la crainte de Montesquieu dans L’Esprit des lois. C’est le procès de l’influence des intérêts privés dans les affaires publiques. Tahibou Ndiaye a occupé une position stratégique pour commettre les faits pour lesquels il est poursuivi», a-t-il indiqué. A l’en croire, tous les baux appartiennent à l’Etat du Sénégal et sa femme et ses enfants ne sont que des prête-noms. Me Aly Fall a embauché la même trompète, arguant avoir été choqué de constater qu’appartenant à une famille, on pouvait disposer, plus vite, plus facilement, de certains biens publics. La robe noire a aussi dénoncé que Tahibou Ndiaye puisse arguer que telle personne lui a offert 100 millions, telle autre, 50 millions : «Le don, la libéralité n’est pas acceptable pour un digne fonctionnaire de l’Etat. L’ancien président de la République m’a donné, le porte-parole du Khalife des Mourides m’a donné… Est-ce qu’on pourrait tenter de croire que l’Etat du Sénégal n’honore pas ses engagements, au point qu’on pourrait tenter de quémander autant ? ». Suffisant pour Me Moustapha Mbaye prenne la balle au rebond pour renseigner que ces dons auraient tendance à l’enfoncer. «Il dit avoir acquis la plupart ses biens par la libéralité. Or, la loi écarte ces libéralités», a-t-il dit. Pour Me Samba Bitèye, dans ce dossier, l’avantage, c’est que les faits sont certains et le prévenu a trois façons de se défendre qui démontrent qu’il connait le délit d’enrichissement illicite. «Dons, libéralité et majoration», a-t-il dit, avant de préciser : «le soir, Papa (Tahibou) revient avec un sachet rempli de baux et les enfants se retrouvent avec plus de terre qu’ils en avaient.» Selon les avocats de l’Etat, les prévenus sont coupables et pour la peine, s’en rapportent aux réquisitoires du parquet spécial qui auront lieu aujourd’hui.

Cheikh Moussa SARR

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