Tahibou-Ndiaye

Procès Tahibou Ndiaye : La défense plaide le renvoi des fins de la poursuite

Les avocats de l’ancien directeur du Cadastre, Tahibou Ndiaye ont défilé, hier, à la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite. Selon eux, leurs confrères de la partie civile et le parquet spécial n’ont apporté aucune preuve de l’enrichissement illicite de Tahibou Ndiaye. Sur ce, la défense a plaidé la relaxe et la main levée sur les biens qui ont été saisis.

Les avocats de la défense ne sont pas d’avis avec le parquet spécial qui a requis une peine de 5 ans de prison contre leur client, Tahibou Ndiaye et 2 ans avec sursis contre son épouse et ses deux filles adoptives. Ils l’ont montré, hier, lors de leurs plaidoiries. A l’entame de son propos, Me Pape Samba Sô est revenu longuement sur la médiation pénale. Selon lui, son client n’a jamais été demandeur de la médiation pénale qu’il a signée sous la contrainte. «Ce fameux jour, les avocats de la partie civile étaient dans les locaux de la Crei, mais ils n’étaient pas au courant. Or, la médiation pénale, c’est entre les parties. Les avocats de la défense n’étaient pas présents à la médiation pénale, parce que n’ayant pas eu accès à la salle. Pendant ce temps, Tahibou Ndiaye était séquestré dans le bureau du procureur spécial, pour y signer de force ce procès-verbal. Il n’a pas été assisté, malgré ce qui est écrit dans le procès-verbal», a-t-il indiqué. Plus grave, poursuit-il, l’agent judiciaire de l’Etat est venu leur dire que leur client n’avait plus besoin de nos services, qu’il nous remerciait. A l’en croire, lorsqu’ils ont vu Tahibou Ndiaye, par la suite, ce dernier leur a notifié qu’il n’avait pas le choix. «On m’a fait comprendre que mon enfant venait de tenter de se suicider, parce que je suis arrêté», a dit l’ancien directeur à son avocat, selon qui, les faits sont scandaleux. «Il accepté de signer pour aller voir son enfant qui a tenté de se suicider. C’est une contrevérité de dire qu’il est revenu sur la médiation pénale. Il y a eu un début d’exécution, au cours duquel, notre client a subi des menaces. On lui a dit : ‘‘si vous n’exécutez pas cette médiation pénale, je mettrai votre femme et vos enfants en prison.’’ Et c’est parce qu’il a refusé de succomber à ce chantage qu’il est là aujourd’hui», a rappelé Me Sô.

Tahibou Ndiaye fond en larmes

En écoutant la plaidoirie d’un de ses avocats sur la médiation pénale, l’ancien directeur du Cadastre a versé de chaudes larmes qu’il tentait en vain de dissimuler avec un mouchoir. Continuant sa plaidoirie, son avocat, à propos de la valeur des immeubles, dira : «Le patrimoine de Tahibou Ndiaye et ses présumés complices est immobilier. Sur ce, ce qu’il doit justifier, c’est la valeur d’acquisition de ses immeubles et non les revenus générés par ses immeubles», a-t-il encore dit. La robe noire a aussi parlé des libéralités que le parquet spécial et la partie civile demandent à la Cour d’écarter : «Il n’a jamais été question d’une exclusion formelle d’une libéralité. Lorsqu’un don provient d’une origine licite, vous devez l’inclure dans le patrimoine.» Pour terminer sa plaidoirie, l’avocat de la défense a soutenu que le parquet spécial demande 3 milliards de dommages et intérêts, sans connaître avec exactitude et précision, le patrimoine de l’ancien directeur du Cadastre. Il a également indiqué qu’on a cité les noms des donateurs de Tahibou Ndiaye, sans prendre la peine d’aller vérifier auprès de ces derniers. Par ailleurs, il renseigne qu’il n’y a aucun texte qui interdit à un directeur de Cadastre d’avoir plusieurs baux. C’est sur le bénéfice de toutes ces observations qu’il a demandé à la Cour de renvoyer leurs clients des fins de la poursuite. Et d’ordonner la main levée sur les biens de l’ancien directeur du Cadastre.

«La partie civile et le parquet n’ont apporté aucune preuve»

A sa suite, Me Ramatoulaye Bâ Bathily a abondé dans le même sens, arguant qu’elle ne sait toujours pas la raison de la comparution des dames Ndèye Aby Ndiongue, Ndèye Rokhaya Thiam et Ndèye Fatou Thiam. «J’ai écouté le parquet spécial et les avocats de la partie civile, mais je ne vois toujours pas la raison de la comparution de mes clientes. Elles ont leurs activités et elles gagnent dignement leurs vies», a-t-elle dit, en demandant leur relaxe. Me Seydou Diagne embouche la même trompète, disant qu’ils ont toutes les preuves qui montrent l’enrichissement licite de Tahibou Ndiaye, contrairement au parquet et à la partie civile. «Même si vous enlèverez les libéralités, M. Ndiaye peut parfaitement justifier ses biens à la barre de votre juridiction», a dit Me Diagne. De leurs côtés, Me Bathily et Me Abdourahmane Sô se disent choqués. Pour le dernier nommé, si on veut entrer en voie de condamnation, on doit le faire sur la base des éléments solides et objectifs. Mais, dit-il, aucun élément de preuve d’enrichissement illicite n’a été produit à la barre. L’audience reprend aujourd’hui, avec la suite des plaidoiries des avocats de la défense.

Cheikh Moussa SARR

Voir aussi

telechargement-6

INSECURITE ET SERIE DE MEURTRES Oumar fait … Maal aux Sénégalais

Le sang jaillit, coule et coule encore. Les esprits et les regards des citoyens sont …