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Production de blé en 2007 : Une baisse de 3 millions de tonnes accentuée par une flambée des prix

Les différents centres d’analyse aux Etats-Unis comme en Europe sont unanimes : le monde manquera au moins de 3 millions de tonnes de blé en 2007. Une baisse de production accentuée par une flambée spectaculaire des prix sur le marché mondial.

Source : Walf Fadjri
En 2007, le monde manquera de 3 millions de tonnes de blé. L’offre ne suit plus la demande. Alors qu’en Suisse, voire en Europe occidentale, les paysans redoutent la pluie qui pourrait détruire les récoltes 2007, c’est le phénomène inverse, c’est-à-dire la sécheresse, qui est à l’origine de la grande crise qui frappe actuellement le marché mondial et qui fait flamber les prix. Les différents centres d’analyse aux Etats-Unis comme en Europe sont unanimes : le monde manquera au moins de 3 millions de tonnes de blé en 2007.

Au même moment, c’est la flambée spectaculaire des prix du blé. Le blé continue son envolée. Le contrat à échéance juillet sur le blé à Chicago, qui tient lieu de référence sur le marché mondial, a fortement progressé.

Le prix du blé attise les tensions sur le marché mondial. La fièvre, qui s’est emparée des marchés des matières premières agricoles, depuis plusieurs mois, ne sera pas passagère (La Tribune du 9 août 2007). Les récoltes céréalières en France seront mauvaises, comme presque partout dans le monde. Alors que la demande ne cesse de croître, les stocks mondiaux sont au plus bas niveau depuis vingt-cinq ans. Le prix du blé a augmenté de 56 % en un an, à plus de 6,5 dollars le boisseau, selon les estimations.

L’augmentation des prix du blé pourrait bien avoir des conséquences dans les pays développés, mais aussi dans les pays en développement, où la part de l’alimentation dans le revenu des ménages est importante. Un risque que la Banque mondiale avait bien perçu dans son dernier rapport sur le financement du développement dans le monde, publié en mai dernier. L’institution pointait du doigt le rôle des biocarburants dans la récente flambée du prix des matières premières : la transformation de la production à destination des biocarburants a réduit significativement les stocks globaux de blé, de riz et de maïs. Cela pourrait avoir de sérieuses conséquences à court terme sur les populations pauvres dans les pays en développement, où ces produits représentent une large part de la consommation globale. Au Brésil, notamment, la fièvre de l’éthanol fait flamber le prix de la terre.

Le document de la Banque mondiale relève que, depuis une quarantaine d’années (1961-2005), cinq pays ou régions représentent les deux tiers de la production mondiale. A côté de ces grands acteurs qui produisent plus de soixante millions de tonnes de blé par an, on trouve une série de producteurs dont l’offre s’étale généralement entre dix et quarante millions de tonnes sur la période 1961-2005 : le Canada (21,6), la Turquie (15,8), l’Australie (14,4), le Pakistan (11,7) et l’Argentine (10). Ils fournissent ensemble plus de 16 % de l’offre mondiale sur la période considérée.

Les deux groupes associés ont donc fourni entre 1961 et 2005 près de 85 % de la production mondiale. Si l’on s’en réfère aux études et aux projections publiées par l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) qui prennent en compte le développement démographique mondial, les besoins devraient encore s’accroître dans les années à venir, pour atteindre sans doute mille millions de tonnes de blé tendre en 2020. Pour satisfaire ces besoins, la production mondiale devrait progresser à un rythme annuel de 2 %.


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