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Projet de loi sur la médecine traditionnelle l’Inter-ordre soupçonne un ‘’Ordre’’ parallèle

En conférence de presse ce samedi, l’Inter-ordre des professionnels de la Santé exige purement et simplement le retrait du projet de loi sur la médecine traditionnelle.

Les médecins ne décolèrent pas et enfoncent le bistouri sur le projet de loi sur la médecine traditionnelle. Ainsi, l’Inter-ordre des professionnels de de la santé (IOPS), qui regroupe l’Ordre des médecins du Sénégal, l’Ordre des pharmaciens, l’Ordre des chirurgiens-dentistes, l’Ordre des docteurs vétérinaires, tient à dénoncer une ‘’forfaiture’’. Selon le président dudit Inter-ordre, Mamadou Ka, rien ne justifie ni l’officialisation du corps des tradipraticiens, encore moins la création d’un conseil national des praticiens de la médecine traditionnelle. ‘’L’argumentaire est d’une simplicité plate et ne repose sur aucune base scientifique, ni sur aucune logique médicale sécurisante’’, peste-t-il. Avant d’ajouter : ‘’les 85% de recours à cette médecine non conventionnelle brandis par l’OMS, ne sauraient constituer une motivation rationnelle à cette pratique.’’

Tout au contraire, enfonce M. Ka, ‘’cette affirmation traduit de manière concrète une insuffisance du système de santé et devrait pousser les états à mieux s’investir dans la formation académique de praticiens qualifiés et sur le développement d’infrastructures contenant des plateaux techniques aptes à soulager la souffrance des populations.’’ A l’en croire, la référence aux centres de médecine traditionnelle citée dans le document, manque de pertinence dans la démarche car, à ce jour, aucune évaluation n’y a été effectuée. Ainsi, constate-t-il pour le déplorer, ‘’le charlatanisme, le ritualisme, le mysticisme et le fétichisme ont pris le pas sur l’esprit scientifique qui était à la base de ces structures. ’’Si ce projet de loi passe, il créerait une situation anarchique où aucun critère objectif de sélection n’a été dégagé et dans laquelle n’importe quel individu imbu de connaissances ésotériques ou pas peut se faire prévaloir du titre, a prévenu M. Ka. Avant de mettre en garde contre les ‘’conséquences néfastes sur l’équilibre du bien-être physique, mental et social des populations et les plateaux médicaux qui n’auront comme unique et seule arme que le constat des dégâts si l’irréparable se produit.’’ En effet, l’Inter-ordre redoute la désarticulation totale de notre système de santé qui risque ‘’d’entacher de façon significative sa fiabilité et sa crédibilité’’.

A en croire Mamadou Ka, il ne s’agit pas d’opposer la médecine et la médecine traditionnelle, encore moins de la rejeter, mais plutôt de créer les conditions d’une valorisation des pratiques traditionnelles positives qu’il faut encadrer et réglementer par des dispositions législatives sérieuses allant dans le sens de la sauvegarde de la santé publique. A ce sujet, dit-il, on ne peut occulter l’avis des Ordres d’autant qu’il est question de disposition légale nouvelle concernant le domaine de la Médecine. Toutefois, l’Inter-ordre des Professionnels de la Santé se dit disposé à apporter sa contribution effective à l’élaboration, à l’encadrement d’une médecine traditionnelle évaluée et tolérée qui définit la qualification, les compétences et le statut de tout Sénégalais et de tout ressortissant de l’UEMOA. L’Inter-ordre en appelle à la responsabilité du Président de la République, du Président de l’Assemblée nationale et du Ministre de la Santé et de l’Action sociale afin que ce projet de loi soit retiré du circuit. Ainsi propose-t-elle la mise en place d’un cadre de concertation de tous les acteurs de la santé qui pourra, in fine, permettre l’élaboration d’un texte qui concilie rigueur et progrès scientifique avec la sauvegarde de la Santé Publique.

M BA

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