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Prolifération des Cliniques privées: les médecins veulent mettre de l’ordre

  • Date: 28 juillet 2015

 La prolifération des cliniques privées, parfois illégales, constitue une médecine à hauts risques. N’est pas médecin qui veut ou qui peut. Face à cet essor des «braconniers» de la médecine, l’Ordre des médecins veut remettre de l’ordre dans le secteur.

En écumant les quartiers de Dakar, on remarque la prolifération des cabinets médicaux. Rien à dire, si cela se faisait dans les règles de l’art et si les prestations répondaient à l’orthodoxie dans le domaine. Malheureusement, tel n’est pas le cas. Il faut donc mettre de l’ordre, pour qu’il ne soit pas trop tard. Une exigence du docteur Joseph Mendy, vice-président de l’Ordre des médecins du Sénégal. Ce dernier s’exprimait au cours d’un symposium sur l’exercice illégal de la médecine : rôles et responsabilités des différents acteurs. A son avis, le développement des établissements de santé privés nécessite, aujourd’hui, un contrôle et un suivi plus rigoureux de l’Etat, en vue de donner plus de chances à nos populations d’avoir une meilleure prise en charge sanitaire. De nombreuses lacunes et insuffisances ont été relevées lors des différents contrôles, tant au niveau des infrastructures d’accueil que des prestations de service qui nécessitent des prises de mesures énergiques, constate-t-il, pour s’en désoler. Au regard de ces graves manquements, l’Ordre ira jusqu’à demander aux autorités de procéder à des mises en demeure, suspensions et retraits d’autorisations d’exercer. Pour cause, n’est pas médecin qui veut. En réalité, sur plus de 1.500 médecins au Sénégal, c’est seulement près de 800 qui exercent légalement leur profession. «Il ne suffit pas d’avoir uniquement le diplôme pour exercer ce métier», a souligné M. Mendy. L’exercice de cette profession, à son avis, requiert, non seulement, le diplôme, mais le médecin doit aussi être de nationalité sénégalaise, inscrit à l’Ordre national et avoir sa carte professionnelle. «Tous ceux qui ne remplissent pas ces critères, prévus par la loi 1964 portant création de l’Ordre, exercent illégalement la profession médicale», a-t-il informé. En effet, l’exception de la condition des inscriptions à l’Ordre concerne seulement les militaires. Ces derniers sont dispensés de l’inscription, mais ils ont le droit d’exercer la médecine, a-t-il précisé. Mais malheureusement, ces critères souffrent des dérogations notamment en matière de nationalité, déplore-t-il. L’exercice illégal de la médicine est une infraction pénale. C’est-à-dire une faute pénale qui peut vous amener en prison. Une personne, que ce soit médecin ou non médecin, qui exerce illégalement la médecine, peut être frappée d’une amende de 20 à 100 mille francs, assortie d’un emprisonnement allant de 3 à 6 mois. S’il y a récidive, l’emprisonnement est obligatoire.

Mouhamadou BA

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