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PROMESSE NON TENUE DE WADE D’UN RETOUR A LA NORMALE DANS LA DISTRIBUTION DE L’ELECTRICITE A LA MI-SEPTEMBRE : Les délestages continuent de hanter de plus belle le sommeil des populations

Les coupures de courant continuent de plus belle, malgré la promesse faite par le chef de l’Etat, le 14 juillet dernier, pour la fin des délestages à la mi-septembre. Un engagement présidentiel qui n’a pas été tenu et dont l’échéance arrive au moment où les populations peinent à voir le bout du tunnel, d’autant que les délestages continuent avec leur lot de désagréments.
Les Sénégalais ne savent plus où donner de la tête face aux interminables et récurrentes coupures de courant qui meublent leur quotidien. Pourtant, le 14 juillet dernier, lors d’une rencontre avec les élus de son parti, le Président Abdoulaye Wade avait fait la promesse ferme que les coupures de courant allaient prendre fin à la mi-septembre, au plus. À l’échéance, il semble que cette promesse du chef de l’Etat n’a pas été tenue et ne sera pas tenue. D’autant que, ces derniers jours, même le léger mieux qui avait été noté les semaines précédentes a été annihilé avec des délestages qui ont repris de plus belle. Chez les populations, c’est encore et toujours la désolation et l’indignation totale. Les Sénégalais continuent de souffrir le martyre tous les jours, sans électricité, alors que les factures sont toujours aussi salées.

Aussi, pour dire leur courroux, les populations ont renoué avec la méthode des opérations coup de poing nocturnes que sont ces manifestations improvisées pour se faire entendre. Ainsi, après la Médina en fin de semaine dernière, lundi soir, c’était au tour des jeunes des Parcelles assainies de descendre dans la rue pour dire leur frustration et déverser leur colère. Des populations qui disent en avoir ras-le-bol de vivre dans le noir, comme le souligne Modou Guèye, jeune d’une vingtaine d’années, trouvé devant chez lui à l’unité 7 des Parcelles Assainies.

«Nous sommes vraiment fatigués. Bien vrai qu’il y a des délestages partout, mais la situation est pire dans notre quartier. On peut rester des jours sans avoir d’électricité. Mon téléphone s’est éteint depuis deux jours parce qu’il n’a plus de charge. Regarder la télévision est devenue impensable et l’on ne sait même plus ce qui se passe dans le pays. C’est vraiment anormal», peste-t-il en soulignant que «Me Wade ferait mieux de quitter ce pays. Car on n’a que faire d’un président qui n’est pas capable de nous donner de l’électricité et qui ne peut même pas tenir ses promesses. Wade nous avait promis la fin des délestages pour le 15 septembre, mais tout le monde a vu que cela continue de plus belle». «Les manifestations vont reprendre de manière plus musclée si les autorités ne réagissent pas», prévient Modou.

Très irrité par le calvaire des délestages, la dame Astou Ndoye, une Parcelloise, de narrer son mal-être. «Je n’ose plus conserver des provisions dans mon frigo à causes des coupures de courant. Car un jour, j’ai fait mes achats pour une semaine, parce qu’on n’est que quatre dans la famille, mais j’étais obligée de tout jeter. Les poissons, la viande, les légumes, tout a pourri à cause des coupures. Alors depuis lors, je suis devenue plus prévenante. Maintenant, je suis obligée d’aller tous les jours au marché et c’est vraiment fatigant. Parce que ce jour-là, j’ai perdu des provisions d’une valeur de plus de 20 000 francs. Avec les difficultés quotidiennes que l’on vit, on ne peut pas se permettre de perdre autant d’argent», indique-t-elle en demandant à «Wade de tenir pour une fois ses engagements».

Wade prié de «tenir pour une fois ses engagements»

Trouvée à Castors, dans sa maison, en train de déguster une glace, Awa Diallo, la trentaine, le ventre arrondi du fait de sa grossesse, se plaint de l’impossibilité pour elle de trouver de l’eau ou une boisson fraîche. «Avec cette chaleur, c’est vraiment insupportable de ne pas boire quelque chose de rafraîchissant. Vraiment, on n’en peut plus. Une solution doit être trouvée, sinon le pays sera toujours sous haute tension. Quant à Wade, il devrait apprendre à tenir ses promesses. Parce qu’on est en septembre et c’est lui qui avait dit que les coupures allaient cesser dès septembre. Là, on commence vraiment à désespérer de lui», peste-t-elle.

Pour sa part, Papis, jeune habitant Liberté 6, souligne que dans cette partie de Dakar, les populations peuvent rester une demi-journée sans électricité. «Je n’arrive pas à fermer l’oeil la nuit avec les coupures. Sans ventilo, je ne peux pas dormir parce qu’il fait chaud. Mais non seulement il fait excessivement chaud, mais il y a trop de moustiques. Et en plus, les groupes électrogènes des voisins font trop de bruit. C’est vraiment l’enfer qu’on vit, car on peut rester des nuits entières sans courant. Et parfois, si le courant revient, c’est juste pour une heure ou deux. Je pense que le moment est venu pour Wade de tenir ses promesses ou alors de céder la place à quelqu’un de plus compétent que lui», clame le jeune homme.

Il faut dire que les populations se plaignent également des dégâts que les délestages de la Senelec causent à leurs matériels. Pour Fatou Thiam, qui habite Castors, «c’est devenu un gros problème. Moi qui vous parle, mon frigo a été bousillé par les délestages de la Senelec. Actuellement, je n’ai pas encore d’argent pour le réparer et je suis obligée de faire appel à mes voisins en cas de besoin». Et de poursuivre : «Je pense que si le gouvernement n’est pas capable de nous fournir du courant et que les délestages continuent de détruire nos biens, on devrait se radicaliser et solder nos comptes avec Wade qui n’a pas respecté sa parole».

Le Populaire

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