Accueil / ACTUALITES / Promotion permanente des marchands d’illusion Là où la presse a failli

Promotion permanente des marchands d’illusion Là où la presse a failli

REWMI.COM Le combat Ama Baldé Papa Sow n’a pas été la seule occasion où des vendeurs d’illusion de la trempe de Selbé Ndom ont lamentablement échoué dans leurs prédictions. Interrogée par nos confrères de Pikini, elle a été très affirmative sur la victoire de celui qui est tombé comme un baobab.

Imaginez une seule seconde ce qui se serait passé si Papa Sow avait gagné le combat. Alors Selbé aurait reçu des centaines de coups de fil de Sénégalais, notamment de la diaspora qui, dans une large mesure, ont favorisé son ascension sociale.

Qu’à cela ne tienne, à chacun ses convictions. Et comme en matière de mariage, dans la mystique, trompe qui peut.

Il y a cependant une forte responsabilité de la presse dans la promotion de ce qu’il se passe et qu’il convient de ne nullement occulter.

Selbé a manifestement manipulé les journalistes et continue à le faire. Et elle n’est pas la seule. Des organes de presse aussi séreux qu’une grande chaîne publique ont, à un moment donné, fait la promotion d’individus douteux grâce à une forme de publicité indirecte dans des émissions estampillées sérieuses.
Depuis, des radios, des télévisions n’existent que par les moyens fournis par ces tradipraticiens dont nombre d’entre eux sont des charlatans.
Ils bénéficient d’un vaste temps d’antenne à la radio et à la télévision et racontent ce qu’ils veulent sans être démentis par qui que se soit. Pis, des montages sont faits avec la complicité d’animateurs pour interroger des personnes tirées sur le volet et qui auraient été guéris par ces farceurs. Une manipulation grotesque.

D’ailleurs, dans certains sites d’informations ou émissions de télévision, des individus se permettent de dire qu’ils ont des Djinns et qu’ils travaillent avec eux.
Tous les moyens sont bons et ces organes de presse sont coupables parce que conscients du mal dont ils ont été les fusées porteuses.

Comment, en effet, un journaliste et un organe de presse sérieux peuvent-ils donner la parole à un marchand d’illusion tout en sachant que rien de ce qu’il dira ne sera vérifiable ?

Comment un journaliste et un organe de presse sérieux peuvent-ils donner la parole à ces gens tout en sachant que leur objectif est justement de pousser le maximum de personnes vers eux afin de les dépouiller de leur argent en leur faisant croire à des miracles ?

La réalité est que la presse a fabriqué des montres et à dessein.

Au début, quand elle était peu connue, Selbé a su tisser de très bonnes relations dans la presse et asseoir sa politique de communication qui a très bien marché.
Nous ne disons pas que la médecine traditionnelle n’existe pas, mais nous estimons qu’il y a trop d’arnaques dans le secteur et que son assainissement s’impose.

Nous savons que des efforts de réflexion sont menés par les acteurs du secteur, mais les choses avancent trop lentement dans un domaine jugé stratégique parce que posant un problème de gestion de la santé publique.

Si la pratique verse dans l’anarchie et que la presse y trouve son compte parce que ces marchands d’illusions payent bien, il est évident que la population continuera à être grugée pendant longtemps.

Le CNRA et les autres organes de régulation et de contrôle ne sauraient continuer à laisser prospérer ces pratiques d’un autre âge.

Rien n’est fait pour le moment ni pour contrôler ces activités soi-disant de guérison ni pour pousser les médias au respect des règles d’éthique et de déontologie qui régissent leur profession.

Si le cas Selbé est visible, tous les jours, des individus comme elle voient leurs prédictions et autres pratiques vouées aux échecs sans que cela ne les dissuade à aller chercher un autre travail.

Les populations, poussées par les prix concurrentiels par rapport à une médecine moderne mercantilisée, n’hésitent pas à faire recours à eux.
Ces pratiques ont toujours existé, mais elles ont été boostées par le manque de scrupules de certaines organes de presse à vouloir chercher des financements alternatifs là où le journalisme a du mal à nourrir son homme.
C’est cela qui doit cesser.

Assane Samb/Rewmi quotidien

À voir aussi

Guerre du Golfe: Les 495 « Diambars » sur le pied de guerre

Le Collectif des 495 « Diambars », anciens combattants de la Guerre du Golfe, est toujours sur …

Ter : Le 2e train réceptionné

  Le Directeur général de l’Apix, Mountaga Sy, a réceptionné, dimanche, le deuxième des 15 …