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PROTECTION DES RESPONSABLES POLITIQUES « L’immunité politique » plus forte que l’immunité parlementaire »

La levée de l’immunité parlementaire du député Barthélémy Dias, soupçonné de meurtre dans l’Affaire Ndiaga Diouf, a confirmé une réalité très tenace au Sénégal : « L’immunité politique » est plus forte que l’immunité parlementaire.

Nous entendons en effet par « immunité politique », la protection ou couverture sécuritaire de fait, c’est-à-dire non-prévue par la loi, que confère l’appartenance au parti qui est aux affaires ou à la coalition dont dépend ce parti.

Précisons tout de suite : Ce n’est pas une réalité propre au régime de Macky Sall. Elle est ancrée dans nos mœurs politiques au cours de notre histoire. Toutes les personnalités politiques aux affaires ou apparentées à ceux qui y sont, se prévalent d’avantages, de passe-droits, de sinécures, de formes de privilèges au niveau judiciaire, administratif, économique, social, etc.

Il s’agit de règles non-écrites, mais codifiées dans le subconscient de chacun et qui sont tellement dangereuses, qu’elles ont tendance à prévaloir sur les règles écrites.

Ainsi, si vous ne faites pas partie de l’establishment, votre immunité parlementaire ne vous protégera pas. Les députés obéissent aux instructions données par le truchement du Président du groupe parlementaire qui assure la jonction entre le Palais et l’Assemblée.

C’est ce qui est arrivé avec Barthélémy Dias. Les députés seront pressés de la lever dès lors qu’ils sont conscients du fait que Dias-fils a violé allégrement le gentleman agreement lui conférant une « immunité politique ».

En choisissant délibérément le camp de Khalifa Sall, l’actuel Maire de Dakar, en bisbille avec son mentor Ousmane Tanor Dieng, Secrétaire général du Parti socialiste, Barth s’est délibérément exposé. Il a levé son « immunité politique », par conséquent, son immunité parlementaire ne lui est plus d’aucune utilité.

C’est pour cela d’ailleurs que certains délinquants à col blanc n’hésitent pas à transhumer pour rejoindre le parti au pouvoir afin de bénéficier

de cette « immunité politique ».

Autrement, comment comprendre que depuis 2011, date du meurtre de Ndiaga Diouf, aucun acte n’ait été posé contre lui afin de le traduire devant les tribunaux. Un meurtre ne saurait rester impuni dans une démocratie qui se respecte. Dès qu’il y a mort d’homme dans un endroit, la loi fait même obligation au Procureur ou à son substitut de se rendre sur les lieux. C’est dire à quel point le législateur respecte la vie humaine.

Pourtant, Barth se la coulait douce, du fait justement de la puissance de cette « immunité politique » dont nous parlons.

Il serait alors souhaitable, pour le rayonnement de notre démocratie, que nos Chefs d’Etat en prennent conscience et lèvent cette immunité.

Mais, pour ce faire, il faudra une sacré dose de courage politique. Car, cette immunité non-écrite protège une clientèle politique, gage de réussite électorale. Donc, tant que les Chefs d’Etats, par ailleurs chefs de partis et de clans, se soucient en premier de leur réélection, il en sera toujours ainsi.

Pourtant, il faudra bien apprendre à surpasser ces considérations partisanes et claniques pour aller vers la transparence et l’égalité de tous devant la règle de droit.

Mais ce n’est pour le moment qu’un vœu pieux. La race des « intouchables » est une réalité africaine et sénégalaise. Ici, la loi n’est encore ni impersonnelle ni générale.

Assane Samb

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